The Algorithm + Elevn + Hollywood Burns + Introspect + Master Boot Record @ Le Gibus - Paris (18 avril 2019)

Live Report | The Algorithm + Elevn + Hollywood Burns + Introspect + Master Boot Record @ Le Gibus - Paris (18 avril 2019)

Pierre Sopor 22 avril 2019 Pierre Sopor

Un an après le succès de la première soirée Beyond the Mind, Altered Minds Production remettait le couvert. Les amateurs de synthwave se retrouvaient à nouveau au Gibus pour une affiche qui réunissait INTROSPECT, ELEVN, HOLLYWOOD BURNS, MASTER BOOT RECORD et THE ALGORITHM. Un programme aussi éclectique qu'excellent tant chacun de ces groupes réussit à s'affranchir des différents codes pour se forger une identité forte et unique. Les festivités commençaient tôt, mais dès 19h ça sentait déjà très fort le tulululu, le tagada-tsoin-tsoin, le pouêt-pouêt et le boum-boum !

INTROSPECT

Quand le set d'INTROSPECT démarre, il n'y a presque personne devant la scène du Gibus : en même temps, c'est en plein pendant l'apéro ! Il ne faut cependant même pas trois morceaux pour qu'une foule assez dense se réunisse pour apprécier le boulot du duo. Un bassiste, un guitariste, peu de lumière, pas d'artifices mais des lunettes noires pour le style : le show est minimaliste. Pourtant, avec cette musique sombre aux accents cyberpunk et ces deux types muets comme des carpes qui jouent dans la pénombre, il se dégage une ambiance forte, genre cantina futuriste pleine de chasseurs de prime à moitié robot. C'est agréable, accrocheur, ça évoque la nuit, la pluie et les machines à fumée. En plus, ils ont fait une reprise de For Whom the Bell Tolls de METALLICA bien jouissives. Le deuxième album d'INTROSPECT est d'ailleurs en cours de finition, et la plupart des morceaux joués ce soir-là y figureront. On vous en reparlera sans faute.

Setlist :
01. Unmake My Love
02. Alien Sex (Part 1)
03. The Collector
04. Breathing Strobe
05. The Long Road
06. Dance With Me
07. For Whom The Bell Tolls
08. The Agent

ELEVN

Il y a bientôt deux ans, on vous disait tout le bien que l'on pensait du premier album d'ELVN (chronique), qui apportait un véritable souffle d'air frais avec ses grosses guitares façon neo-metal, ses différents chanteurs et ses ambiances horrifiques. Ils sont rigolos les deux gaillards de ELEVN, avec leurs grosses barbes, leurs t-shirts ROB ZOMBIE, leurs caleçons Spider-Man et surtout leurs grimaces impayables. Le duo s'amuse, c'est évident et surtout communicatif. Le concert a beau démarrer sur les ricanements glauques (saloperie de mioches) de Seven Trumpets, l'ambiance a beau virer à la messe noire bizarre sur Only Flesh et les borborygmes d'Utelo, invité pour l'occasion, c'est la foire à la saucisse. On rigole bien, même si on invoque Satan. ELEVN s'amuse même à reprendre à sa sauce Smells Like Teen Spirit : régressif, efficace et surprenant. Si on avait un pin's de la bonne ambiance et de l'invocation satanique entre copains, on leur aurait remis avec plaisir.

Setlist :
01. Seven Trumpets
02. Critter Skitter (Elevn remix)
03. Escape The Matter
04. Unknown 13 : Golem Digital
05. Asylum
06. Death Commando
07. NIRVANA Mashup

08. Only Flesh (feat Utelo)
09. Burn Alexandria Burn

HOLLYWOOD BURNS

L'an dernier, HOLLYWOOD BURNS sortait un premier album aussi original qu'enthousiasmant, sa synthwave rendant hommage aussi bien aux films de SF des années 50 / 60 qu'à Danny Elfman ou John Williams. Sortez les thérémines, les soucoupes arrivent (les spots du Gibus balayant le public sont ici parfaitement employés). Sur scène, Emeric Levardon est accompagné d'un batteur et d'un guitariste afin de proposer une expérience live plus intense, plus directe. C'est l'occasion de constater les dégâts causés par les nouvelles limitations sonores : la batterie occupe une place particulièrement importante. On gagne en intensité ce que l'on perd en mélodie, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose pour faire remuer un public sacrément dense. L'univers cinématographique est renforcé par l'écran derrière les musiciens, qui lance le concert par un générique de début et accompagne chaque titre de projections. Des morceaux comme Scherzo No. 5 in Death Minor, Came to Annihilate (et son petit passage à la Men In Black) ou Bazaar of the Damned et ses gros riffs méchants sont des tueries irrésistibles. HOLLYWOOD BURNS, c'est diablement cool et la réaction du public montre bien la popularité gagnée en très peu de temps par l'artiste. 

Setlist :
01. Black Saucers
02. Californian Nightmare
03. Scherzo No. 5 in Death Minor
04. Bazaar of the Damned
05. Carnal Encounter of the Third Kind
06. Revenge of the Black Saucers
07. L'Era Delle Ceneri
08. Came to Annihilate
09. Girls With Guns

MASTER BOOT RECORD

En parlant de popularité, MASTER BOOT RECORD est un petit phénomène. Véritable stakhanoviste, il enchaîne les sorties pour son projet de metal numérisé aux accents symphoniques, s'amuse à y cacher des codes secrets à décrypter, reprend des thèmes de jeux vidéos : bref, c'est un fantasme pour geek. Mieux, il s'est mis aux concerts récemment. Et alors qu'on s'attendait à découvrir l'artiste planqué derrière un PC en train de jouer avec ses disquettes, Victor Love (le nom du bonhomme, qui sévit aussi chez les DOPE STARS INC) se pointe sur scène sous une capuche, en survêtement, guitare à la main. Il est accompagné d'Andreas DeLorean, également batteur chez les DOPE STARS. Détail people excitant : Laurent Lunoir, a.k.a. ÖXXÖ XÖÖX (qui chante chez IGORRR) se promenait parmi la foule du Gibus, le visage légèrement maquillé. Vu qu'il a chanté sur plusieurs titres de MASTER BOOT RECORD, on se prend à espérer un petit featuring surprise. Que nenni, le concert reste purement instrumental. Tant pis, on ravale sa déception et on profite de la baffe : MBR, sur scène, c'est sauvage. La foule du Gibus s'agite, ça pogote, ça sue, ça beugle : trop cool. N'attendez pas cependant que le musicien qui s'exprime parfois en binaire n'humanise plus que ça sa présence : son visage reste dissimulé derrière d'étranges lunettes et il ne pipe pas un mot. Ce qui ne l'empêche pas de finir en faisant un selfie, parce que quand même, on a bien rigolé.

THE ALGORITHM

Même si tous les groupes à l'affiche avaient un univers fort et proposaient des choses uniques, la star de la soirée était évidemment Remi Gallego et THE ALGORITHM. Comme toute star qui se respecte, il démarre avec un léger retard : des soucis techniques. On vous laisse deviner lesquels... Oui, c'est la batterie qui pose problème. Foutues batteries : on plaint les ingés son qui doivent réussir à faire sonner tout ça dans des salles comme le Gibus, sans se prendre d'amendes. On a aussi pitié des artistes qui sourient l'air penaud à un public impatient qui scande des "oui !" autoritaires. Quand le concert démarre, la batterie est bien sûr omniprésente, apportant une patate énorme mais noyant le reste de la musique. Les choses rentrent rapidement dans l'ordre et très vite s'équilibrent. Tant mieux : si on est ravis d'avoir une vraie guitare et des vrais coups de fûts sur scène, THE ALGORITHM sans machines, ce n'était pas pareil ! Remi Gallego, lui, cavale sur scène, remue sa tignasse impeccable quelques minutes plus tôt devant une audience survoltée. On se rentre dedans, on se saute dessus, on hurle : c'est la méga fiesta et il faut plus que la fatigue accumulée au cours des quatre concerts précédents pour résister à l'énergie que dégage THE ALGORITHM en live.

Cette deuxième soirée Beyond the Mind a été un succès à tout point de vue : non seulement l'affiche proposée était de qualité du début à la fin mais le public a répondu présent massivement, que ce soit pour y découvrir de nouvelles choses ou apprécier en live des projets déjà bien connus. Rendez-vous l'an prochain, même lieu, même endroit ?