Hellfest 2020

Chronique | Tiamat - Prey

Pierre Sopor 27 octobre 2003

Un an après le plutôt remarqué Judas Christ sorti en 2002, TIAMAT revient avec son nouveau disque : Prey. On se rend compte rapidement que Johan Edlund a définitivement enterré ses tentatives de grognements des débuts et sa voix se fait à la fois claire et éthérée. L'album s'ouvre Cain, un titre magnifique qui commence avec des gazouillis d'oiseaux avant de plonger dans un rock gothique pesant délicieusement noir. TIAMAT ne fait pas d'introductions instrumentales, mais des conclusions suivent certains morceaux et nous laissent leur saveur dans la bouche encore quelques secondes de plus. Le défaut de l'album apparaît pourtant rapidement : celui-ci est trop inégal. Après l'ensemble Cain - Ten Thousand Tentacles qui nous laisse contemplatif, Wings of Heaven et dans une moindre mesure Love In Chains viennent un peu mettre les pieds dans le plat en revenant vers les contrées très pop et sucrées de Judas Christ. Puis, on se console ensuite avec Divided et Carry Your Cross, deux superbes ballades introduisant des chants féminins du meilleur effet. Light In Extension surprend : le chant se fait plus agressif, les guitares plus heavy, mais la mélodie rappelle trop Wings of Heaven. En plus de chanter, Edlund s'occupe des claviers, très présents, particulièrement sur la chanson éponyme Prey. The Garden of Heathen sert d'enchainement avec Clovenhoof, titre très classique : pas gênant, mais pas transcendant non plus. Sur Nihil, Edlund se fait toujours menaçant mais s'essaye à une voix plus aigüe. L'album prend fin avec The Pentagram, morceau de plus de sept minutes, dont le titre et l'intro rappelle forcément que TIAMAT aime bourrer ses chansons de références religieuses et mystiques, ce dont ils ne se sont pas privés de faire tout au long de l'album. Un son de cloches achève l'oeuvre qui, bien qu'alternant l'excellent et le moyen, comporte toujours bon nombre de passages sublimes.