Chronique | Pain - You Only Live Twice

Pierre Sopor 03 juin 2011

Après un 'Psalms of Extinction' moins impressionnant que ses prédécesseurs et un 'Cynic Paradise' franchement raté, il faut reconnaitre que l'intérêt suscité par 'You Only Live Twice' est plutôt teinté de scepticisme. Et pourtant, son entrée en matière nous rassure. Sur 'Let Me Out', Peter Tägtren braille, le son est bien plus heavy, violent et agressif que sur le dernier album. On retrouve avec plaisir le metal industriel de Pain et ses mélodies qui restent en tête. Même ressenti sur 'Feed The Demons', plus sombre et pesante. On pense tenir ce qu'on n'attendait pas : un excellent album de Pain, qui sans changer de formule réussit pour autant à nous surprendre par son efficacité. Dommage qu'après ces deux premiers morceaux arrive la catastrophe : 'The Great Pretender'. Entre rythmique de fête foraine, chant tout guilleret et notes de synthé évoquant les pires groupe de dance des années 90, on croit à une farce. Heureusement que le reste de l'album ne suit pas cette voie, mais le mal est fait. Si 'You Only Live Twice' et son refrain facile à retenir, ou 'Dirty Woman' (n'y voyez aucun lien avec Black Sabbath) et ses excellents couplets bien hargneux dont le chant ferait penser à un Brian Johnson énervé tiennent largement la route, on retombe vite dans les travers habituels de Pain. La batterie est sensiblement la même sur chaque morceau, et l'absence d'originalité nous fait décrocher. Et pourtant le disque est court, dommage qu'on n'en retienne vraiment que 3 ou 4 morceaux. La plupart des titres donnent en effet l'impression de faire du remplissage, assurant le minimum. 'You Only Live Twice' nous rassure : après l'atroce 'Cynic Paradise', Pain peut encore nous offrir de très bons moments, et un bon album. Mais on a aussi désormais la confirmation que Tägtren ne cherche pas à innover, et c'est bien dommage. Il nous reste une nouvelle fournée de chansons bien catchy qui rentrent facilement en tête et en ressortiront tout aussi facilement quand on passera à autre chose.