Shaârghot + Heartlay @ Le Gibus Live - Paris (05 mai 2018)

Live Report | Shaârghot + Heartlay @ Le Gibus Live - Paris (05 mai 2018)

Pierre Sopor 06 mai 2018 Pierre Sopor

Heartlay

C'était encore une chouette soirée que nous a proposée Sherep Prod dans l'antre du Gibus, avec en tête d'affiche le phénomène SHAÂRGHOT, forcément, mais aussi HEARTLAY en première partie, groupe Parisien dont on vous a déjà parlé à plusieurs reprises et qui affirme de plus en plus sa présence au sein de la scène industrielle française (on les retrouve notamment sur le dernier EP de PORN, sorti la veille du concert).

Le groupe n'a pas encore donné beaucoup de concerts, mais apparaît pourtant bien en place face au public du Gibus qui arrive progressivement (il faut dire qu'avec ce temps, la tentation de traîner en terrasse était forte !). Si sur scène Antoine Verdier à la basse et Xavier Schattel à la guitare semble s'éclater, Aaron Sadrin au chant apparaît concentré, plongé dans l'univers sombre de sa musique. Un peu à l'image de leurs camarades de PORN, et loin des frasques de groupes comme PUNISH YOURSELF ou SHAÂRGHOT, le metal industriel de HEARTLAY a quelque chose de plus intimiste et introspectif, plus mélancolique aussi. Ce que la petite bande propose, c'est leur travail, sincère et appliqué, et ça a quelque chose de touchant de les voir se mettre en place au fur et à mesure, tout en sachant qu'on les verra encore grandir. Le groupe nous joue tout son album (chronique), nous en réservant une petite surprise vers la fin du set avec la reprise de Chrome, le hit de VNV NATION.

Mission accomplie pour HEARTLAY, qui a sûrement gagné quelques nouveaux adeptes ce soir, malgré l'acoustique toujours particulière du Gibus (peut-être à cause de ce plafond si bas ?) qui rend difficilement justice au chant, une constante dans ce lieu culte. La salle s'est remplie, le temps est passé vite et on leur souhaite de rapidement trouver d'autres dates.

Setlist :
01. Imminent
02. Thrown
03. Come Down
04. The Sights
05. In Here
06. Will It Be Enough
07. Faded
08. I Can't Let It Fall
09. Death Screens
10. Chrome (VNV NATION)
11. All Alone

Shaârghot

On a vraiment besoin de présenter SHAÂRGHOT ? Le matraquage n'a pas suffit ? Vous avez dormi ces trois dernières années ? Remarque, va savoir comment on pourrait dormir quand des dingos pareils font autant de vacarme. Avec son univers totalement déjanté, son visuel riche et son metal industriel ultra-efficace, SHAÂRGHOT s'est rapidement imposé comme le nouveau groupe le plus dément à suivre en France, en tout cas de notre scène metal industrielle. La petite bande n'avait pas remis les pieds sur une scène parisienne depuis presqu'un an, avec notamment cette date annulée à la Maroquinerie (un crêve-coeur), et c'est dans leur deuxième maison qu'est le Gibus qu'on avait donc droit à ce qui sera probablement le dernier concert de l'ère du premier album.

Après le concert d'HEARTLAY, la scène s'installe pendant un DJ set de VIGILANTE. Planqué à la régie, le bonhomme reste discret : il faut dire que SHAÂRGHOT sur scène c'est tout une logistique, et il n'aurait pas forcément eu la place de s'installer entre la batterie et les barbelés. Et quand la lumière s'éteint, que la fumée remplit la salle et que Clem la bassiste arrive sur scène, un gros cigare barrant son éternel sourire, l'ambiance est électrique : ça braille dans le public, prêt à en découdre. C'est fou comme SHAÂRGHOT a su très rapidement proposer des concerts totalement fous mais continue de progresser et d'apporter de nouvelles choses : c'est un peu comme une attraction Disney post-apo et ultra-violente, avec costumes et gadgets (en plus des habituels gants laser et yeux-ballons, on note parmi les nouveautés un chouette combo masque et encens pour Scarskin Omega, ainsi qu'une guitare crachant des gerbes d'étincelles pour Brun'O Klose), et même une jambe en plastique qui se promène dans le public.

Le concert est bien sûr bruyant, violent, agité. Il n'y a pas un morceau sans son lot de slams, on n'échappe pas au wall of death sur No Solution, le bidon vole de mains en mains, on se retrouve plongé dans une fumée digne d'un film de Carpenter, bref, c'est la grosse éclate. Niveau setlist, le récent EP apporte du sang-neuf, mais le groupe démarre sur un titre encore inédit, The Wave, histoire de faire monter la pression avant leur deuxième album. Sinon, c'est le carnage habituel et jouissif : Uman iz Jaws rend tout le monde dingue, Mad Party, Shaârghot, Sand Storm Calling, Doomsday... Il n'y a pas de morceaux faibles dans SHAÂRGHOT, et il se passe à chaque fois quelque chose sur scène (comme ces deux types avec boucliers anti-émeute sur Break Your Body).

Quand le show touche à sa fin, notre coeur pleure "déjà ?" alors que tout le reste de notre corps soupire de soulagement. C'était intense. Certes, le son du Gibus laissait parfois à désirer, ce qui ne sautait pas forcément aux oreilles dans le chaos devant la scène, mais quelque part ça allait avec l'ambiance destroy du concert. C'était probablement la dernière fois que certains morceaux étaient joués, et on a hâte de découvrir ce deuxième album et les futurs concerts qui vont avec ! En attendant, par contre, c'est sieste et sirop de menthe pour récupérer. Merci.

Setlist :
01. The Wave
02. Uman Iz Jaws
03. Mad Party
04. No Solution
05. Doomsday
06. Shaârghot
07. Sand Storm Calling
08. Kill Your God
09. The Way
10. Traders Must Die
11. Break Your Body
12. AZERTY