SIERRA VEINS : marginalité assumée sur fond vert ensanglanté

SIERRA VEINS : marginalité assumée sur fond vert ensanglanté

Maxine 13 mars 2026 Maxine & Pierre Sopor

Avec son deuxième album In the Name of Blood (chronique), Sierra Veins affirmait haut et fort son identité : changement de nom, thématiques personnelles, revendication de la différence... Cette succession d'hymnes EBSM / daksynth rageurs et mélancoliques remuaient autant nos popotins que nos cœurs. Après une première partie de tournée où nous l'avions vue à la Cigale (on vous racontait ça par ici), l'artiste se lance dans une nouvelle tournée qui la verra arpenter la France au printemps (les dates sont sur l'affiche plus bas). Nous en avons profité pour lui poser quelques questions. Avec le mot "Freak" tatoué sur le bras, l'honnêteté et la générosité qui caractérisent déjà sa musique et ses concerts, elle nous raconte ses évolutions récentes.

La photo illustrant cet article et utilisée sur le flyer est signée Lily Rault.

Le sang est une thématique très présente chez toi dernièrement, est-ce plutôt pour symboliser la vie ou l'envie de le faire couler ? Et pourquoi tout ce vert ?
J'aime bien jouer sur les mots et le double aspect des choses. Ma musique est parfois énervée alors on pourrait penser que ça parle d'une revanche mais c'est plutôt l'aspect génétique et identitaire qui m'intéresse. Ça a commencé avec mon envie de faire un album à la fois autour du sang et un album de couleur verte. Je voulais du sang vert. Ça a ensuite débouché sur des questions identitaires : qui nous sommes-nous ? Pourquoi sommes-nous ainsi ? Est-ce plutôt dû à notre éducation et notre vécu ou est-ce inévitablement inscrit en nous et notre sang, comme quelque chose qui se transmettrait de génération en génération ? Si je n'ai pas vraiment fait de grandes recherches approfondies lors de la création de l'album, ces sujets m'ont toujours beaucoup intéressée et je suis toujours partante pour lire un article ou regarder des vidéos que je vois ici et là. L'aspect médical, psychologique ou même psychiatrique d'un sujet comme la mémoire cellulaire par exemple, tout ce qui découle de notre identité biologique et qui est en nous malgré nous, me passionne. C'était mon inspiration principale pour l'écriture de In the Name of Blood. Concernant la couleur, j'adore le vert et notamment son rendu sur scène. Sur mes anciens lives je n'arrêtais pas de demander à mon ingé light de mettre du vert sur scène ! Il n'était pas forcement content mais je l'avais prévenu que le prochain album serait complètement vert et qu'il n'aurait plus le choix ! Ce qui sonnait comme une blague au début s'est révélée être une vraie décision, j'ai voulu jouer à fond sur cette couleur, du vinyle jusqu'à la scène. En plus, je trouve que ça s'accorde bien avec cette idée de sang, de génétique.

En parlant d'identité, ta musique t'aide t-elle à t'affirmer dans cette quête de recherche de soi ? T'arrive-t-il de te surprendre toi-même que ce soit en live ou lors de ton processus d'écriture et de composition ?
La musique m'aide totalement à m'affirmer, elle est un moyen parmi d'autres de chercher qui je suis, et de trouver ce que j'ai envie de faire, quelles sont mes limites... J'ai beaucoup évolué ces dernières années à la fois dans ma vie personnelle mais aussi musicalement, comme si ces chemins se suivaient en parallèle et étaient reliés. 

Il m'arrive bien sûr de me surprendre moi-même ! On ne peut pas prévoir ce qu'il va se passer sur scène par exemple, c'est vraiment quelque chose que je retiens. On a beau se projeter et préparer une date, il se passe toujours quelque chose qui nous dépasse sur le moment, avec la fatigue, notre état d'esprit...que ce soit positif ou négatif. Parfois je pars dans une autre dimension avec toute cette charge d'adrénaline unique qui est là quand on est sur scène. Il m'arrive de me surprendre à faire des choses que je ne pensais pas faire du tout ! Après coup je me dis "mais attends, pourquoi j'ai fait ça ?!" Des fois c'est cool mais des fois je vais trop loin et je me dis que je n'aurais pas dû faire ça ! Et non, je ne donnerai pas d'exemple ! Parfois c'est le ressenti sur un morceau qui va me surprendre, auquel je ne m'attendais pas. C'est la magie du live.



Lors de l'écriture ça arrive tout le temps également. Même si j'ai quelques synthés, je travaille quand même beaucoup plus avec mon ordinateur et mon casque quand je suis en mode inspiration, ce qui fait que je suis vraiment dans ma bulle. Je peux facilement partir dans mes pensées comme ça, j'y suis tout le temps quand je compose. Parfois j'arrive sur des choses sans comprendre pourquoi. Je me fais surprendre par des notes ou des phrases que j'écris, je dérive totalement en me demandant d'où ça peut bien venir, mais sans pour autant trouver la réponse. J'ai l'impression que les idées les plus intéressantes que j'ai continué à creuser étaient justement celles qui venaient de nulle part. Ce qui est marrant c'est qu'il m'arrive souvent aussi, alors que je suis plongée dans ma bulle, d'être ramenée à la réalité par un bruit extérieur comme une voiture qui passe ou une porte qui claque... et ce bruit va créer une note qui va me donner des idées ! C'est la magie du moment de création. 

Il y a moins de guests sur ton nouvel album, comme si tu voulais être la seule boss aux commandes cette fois ! Y a-t-il un lien justement avec cette affirmation de soi ?
Franchement, je ne me suis pas dit ça comme ça ! Ce n'était pas un choix délibéré au départ. Sur le premier album tout s'est fait naturellement. Par exemple avec Carpenter Brut on revenait d'une tournée de quarante-cinq dates ensemble. Il a été le premier à qui j'ai fait écouter mes démos pendant que je les écrivais et à me faire des retours. On a naturellement eu l'idée de collaborer. Pour Health je venais de composer Hateful donc on s'est dit "tiens, faisons un échange"... c'était une suite logique à chaque fois. Sur ce nouvel album il devait y avoir d'autres collaborations pour être honnête mais ça ne s'est pas fait pour diverses raisons. Je suis quand même super contente de ma collab' avec Ghost Dance parce que j'aime vraiment beaucoup sa sensibilité et son travail même s'il est plus dans une vibe techno. Humainement on a eu un super crush amical ce qui a rendu tout ça tellement plus facile et agréable et j'en suis ravie.

Tu semblais aussi plus en confiance sur scène à la Cigale, est-ce dû à un travail de ta part pour être en accord avec le thème de ton album ou plutôt une question d'habitude ?
Ça s'est fait naturellement au fil des mois quand j'ai créé l'album. C'est vraiment quand je développe des concepts ou que j'écris des choses que j'ai l'impression d'évoluer moi-même. Les albums sont un peu mes cobayes pour explorer tout ce que je voudrais explorer dans ma vie perso. Cette quête d’affirmation de soi, c'est quelque chose que je travaille depuis des années et des années. Je ressens maintenant avec ce dernier album et cette dernière tournée une envie et un besoin d'aller plus vers les gens. Je le faisais avant sur un ou deux morceaux, mais j'étais vite rattrapée par le fait de devoir déclencher des choses sur mes machines, etc... J'ai donc plus pensé à l'aspect live en composant In The Name Of Blood. Cette fois-ci, l'écriture devait me permettre de m'ouvrir plus aux gens, tout comme l'installation des machines qui sont plus ouvertes vers le public également. Le fait d'y aller frontalement fait que je suis de plus en plus à l'aise, même si c'est un exercice qui n'est pas facile. 

La Cigale était pourtant la deuxième ou troisième date de la tournée, je suis mille fois plus à l'aise à présent. En tout cas, si vous veniez me voir maintenant ça n’aurait rien à voir, et mon but est d'aller encore plus loin à chaque fois ! Je me souviens m'être sentie bien mieux une fois ce concert fini, il y a eu une sorte de lâcher prise au moment de saluer tout le monde. J'étais très heureuse à la fin mais l'avant à été un peu compliqué. L'année avait été tellement éprouvante d'un point de vue physique, entre l'écriture de l'album et la tournée à préparer... je ne me sentais pas prête, on ne se sent jamais prêt avant de commencer une tournée. En plus à Paris je ne suis jamais très bien, il y a trop de personnes que je connais et je sens leurs regards ! J'étais très stressée avant de commencer, heureusement ça a vite disparu une fois lancée. C'est toujours comme ça. Au début, j'avais quelques rituels avant mon entrée en scène mais j'ai arrêté car je ne veux pas me sentir dépendante de ça, en revanche j'ai besoin avant chacune d'entre elles de quinze minutes de calme et de solitude dans ma loge, c'est obligatoire pour que je puisse souffler et me reconnecter à moi-même. Je resterai en tout cas marquée à vie par ce que j'ai ressenti quand les lumières se sont rallumées et que j'ai vu tout ce monde, c'était vraiment génial.



Tu as toujours travaillé le visuel mais ta scénographie du moment est incroyable, comment l'as-tu pensée ?
Elle provient d'idées que j'avais en tête depuis un moment. J'adore les arts numériques que je trouve passionnants et je suivais de nombreux studios qui développaient ce genre de choses. J'ai fait pas mal de moodboards en écrivant mon album sur le sang. Au même moment, je décidais d'adopter le nom Sierra Veins. Je voulais changer des néons de la tournée précédente et c'est là que l'idée des câbles pour faire le lien avec tout ça m'est venue. J'ai envoyé mes moodboards et les orientations souhaitées à mon producteur qui a trouvé Maxime Rocher (Enjoy Light) qui était intéressé par cette idée et qui a développé la scénographie. Si je le pouvais financièrement, j'irais encore plus loin, dans tout ce que je fais d'ailleurs, mais il faut faire étape par étape, avec ses moyens. Je pense toujours au visuel avant même de composer, c'est la base pour moi. Je savais par exemple avant toute chose que je voulais un album dessiné, que je voulais tourner autour du sang, des câbles, etc. C'est soit le visuel, soit des titres ou des mots qui m'inspirent et sur lesquels je bloque parfois. Tout part de là. Je ne sais pas quel sera mon prochain format de sortie mais je connais déjà la direction artistique qu'il va prendre, le type de visuel que je souhaite, j'ai des couleurs en têtes, des listes de mots... Évidemment, je ne dirais rien pour le moment !

Tu t'es mise à partager tes dessins récemment, qui ont un côté viscéral et super spontané, avais-tu besoin d'aller vers quelque chose de plus organique en t'éloignant un peu des machines ?
Le but est de faire des dessins spontanés, je ne veux pas y passer du temps. Après cette année de composition et de préparations pendant laquelle j'ai fait beaucoup beaucoup de musique, j'avais envie de faire autre chose, même si c'était génial. J'avais besoin de me reconnecter à une autre forme de créativité. Je faisais du dessin avant de faire de la musique et c'était vraiment ce que je voulais faire de ma vie, pendant très longtemps. J'ai arrêté pour plein de raisons, peut-être que je n'avais pas forcément le talent non plus, en tout cas je ne l'ai pas développé. Dessiner est resté un vrai plaisir même si je n'en avais plus le temps depuis que je me suis mise sérieusement à la musique. J'ai eu besoin d'y revenir et je ne souhaites pas que ce soit trop travaillé. Ce sont des brouillons, les perspectives ne sont pas belles, mais j'aime bien ce côté un peu brut. C'est aussi un moyen de communiquer autre chose, des choses que je ne dirais pas autrement.

Crédit : Sierra Veins

Voudrais-tu parfois retrouver cette spontanéité dans ta musique ?
J'aimerais bien. Le format album est très bien, c'est comme un long-métrage mais ça prend du temps, de l'argent, sans compter tout ce qu'il y a autour... C'est bien mais un peu lourd quand on a juste envie de faire sortir des choses en terme de création. J'ai des idées tout le temps dans la tête, toute la journée, et il y a des moments ou j'aimerais être beaucoup plus spontanée. On peut vite oublier que le propre du métier c'est de faire de la musique et se laisser déborder quand on s'embarque dans des longs projets où il y a des temps de mises en place sur les plateformes, de création de vinyles, de promotions... Ça s'étale dans le temps alors qu'un album a une durée de vie limitée à cause de nos modes de consommations très rapides. Il y a un côté frustrant à cela. Il y a aussi une sorte de pression qui va avec cet objet qui devient un peu ta carte de visite pendant deux ans auprès des programmateurs, des gens... il faut qu'il soit à la hauteur. Je n'arrêterais jamais de faire des albums, j'aime bien ça, mais pourquoi pas à côté développer des choses plus spontanées, oui. J'aime bien développer plein de sons moches mais rapidement, en fait ! J'en fais tous les jours : j'ai une boite à recyclage sur mon ordinateur, j'en ai des centaines ! Aller au bout de mes idées me fait finalement moins plaisir que de les voir naitre de façon spontanée !

N'as-tu pas peur justement de trop "grandir" et de te perdre un petit peu au milieu de tous ces impératifs que tu citais plus haut ? Rester à "taille humaine" si tu peux en vivre, c'est aussi être sûre de pouvoir garder la main sur son travail, être sûre de pouvoir garder son âme aussi.
Oui ça dépend de beaucoup de facteurs, et de la façon dont tu es entouré. Ça dépend de la maison de disque avec qui tu travailles, des tourneurs qui te mettent sur des tournées ou pas... Il y a des tourneurs qui demandent aux artistes de tourner toute l'année par exemple, sans moment en studio. Pour moi personnellement, la dynamique est très différente maintenant qu'il y a quelques années, c'est certain. En même temps il y a quelques années je ne gagnais pas ma vie en faisant de la musique ! C'est un peu le prix à payer, je pense. Ce sont des questions que je me suis posée à un moment donné. J'ai fini mon album en juillet, il a été mixé en juillet, pressé en aout, il est sorti en novembre... pendant tout ce temps-là, j'ai travaillé la promo, préparé la tournée, puis je suis partie en tournée... Ça nous amène à janvier, mois pendant lequel heureusement j'ai pu prendre un petit peu de vacances, mais au mois de février je n'avais toujours pas eu le temps d'ouvrir un ordinateur pour composer. Rien que ça, ça peut être très frustrant. On peut vite tomber dans de tels cercles alors que je suis libre de faire ce que je veux, personne ne m'impose de faire des albums ou des tournées, les gens qui m'entourent sont très bienveillants... mais ça fait partie du jeu, je gagne ma vie comme ça. Il y a aussi des musiciens qui arrivent très bien à composer dans un van en tournée ! Je n'y arrive pas. C'est à chaque artiste de trouver ses limites, son équilibre et surtout ses envies. A choisir je préfère rester toute ma vie à ce stade, même si on rêve toujours de plus parce que je suis quelqu'un d'assez ambitieux, mais je préfère rester en accord avec moi-même tout en gardant le temps de voir ma famille, mes proches... je dis ça maintenant mais si demain j'ai l'opportunité d'être trois ans dans un bus j'y vais ! A chacun de voir ses limites.

Tes dessins et ta musique sont assez sombres, qu'est ce qui t'attire dans les ténèbres ?
Je n'y peux rien, je me sens hyper attirée par tout ça ! J'aime les esthétiques sombres depuis toujours. Même quand j'étais enfant : que ce soit les dessins animés ou autres, mes préférés étaient toujours ceux qui étaient en noir ! Quand on parlait de ce qui est en nous et qu'on ne peut pas contrôler, on y est. Je ne sais pas trop pourquoi c'est là. Pourtant dans la vie de tous les jours, je ne suis pas du tout quelqu'un de sombre, au contraire ! Même s'il y a forcément un petit côté dark qui fait partie de moi, c'est plutôt l'inverse au quotidien. Ça doit me permettre de garder un équilibre, je pense ! Des fois, ce qui est normal pour moi se révèle sombre pour les autres c'est vrai, il m'arrive de m'en rendre compte en discutant avec certains copains qui ne sont pas du tout dans ces milieux-là. Pour eux je suis vraiment marginale, c'est sûr !

Ton premier album parlait de colère, celui-ci d'identité. Est-ce que créer te permet aussi de prendre des revanches sur la vie ?
Bien sûr ! Il y a des gens qui ont vécu des choses pas cool et qui en font quelque chose de positif, je trouve ça génial ! C'est hyper fort. Je suis souvent attirée par toutes ces choses. J'adore me servir de toutes mes difficultés pour composer, pour évacuer, et en faire une force. Tout ce qu'on a pointé du doigt toute ma vie comme étant mes défauts se révèlent être en fait mes plus grandes qualités et mes plus grandes forces ! D’où le thème de l'album, l'affirmation de soi comme pour dire que j'assume totalement cette part de moi à présent, même si elle est un peu chelou ou marginale parfois et qu'elle ne correspond pas du tout aux codes de la société que l'on a voulu m'imposer pendant très longtemps. Je ne suis pas dans ces codes et c'est un grand plaisir !

Les questions d'identité amènent forcément la notion de différence, voire de marginalité. Pour toi, c'est quoi un "monstre" ? C'est la même chose qu'un freak ?
Je trouve le terme "monstre" vraiment péjoratif mais les deux sont liés car pour certains les freaks sont des monstres. "Freak" c'est vraiment ce côté marginal que j'avais envie de mettre en avant. Toutes les normes que l'on a toujours essayé de me mettre en tête n'ont jamais collé avec la personne que j'étais. Pendant longtemps ça a été un poids, de se sentir à côté de la plaque sur absolument tout ce que l'on essayait de m'imposer car je n'entrais dans aucune case. Je me suis toujours sentie un peu marginalisée. Les freaks, pour moi, sont tous ceux que l'on montre du doigt car ils sont différents, ceux qui ne rentrent pas dans les cases pour plein de raisons, et il y a plein de degrés et de raisons d'être freak aux yeux des autres ! J'ai envie d'éclater ce concept là et de l'assumer en disant qu'au contraire, les différences sont une force. Être différent c'est tellement génial ! C'est un peu facile à dire, mais il faut vraiment faire une force de tout ça, peu importe de quoi on parle : de handicap, de couleur de peau, d'orientation sexuelle... tout ce qui fait que nous ne sommes pas une personne attendue dans des normes. Il faut dire qui on est et c'est d'autant plus important en ce moment, alors que la société essaye de faire taire les gens, de les restreindre. Je ne sais pas vers quoi on dérive... alors j'ai envie de crier haut et fort "let's go, on assume" ! Certaines personnes qui écoutent ma musique se retrouvent forcément dans tout ça. Ça créer un lien très fort et une solidarité entre tous ceux qui sont touchés par ces sujets là. J'ai reçu pas mal de messages de personnes transgenres me disant que le titre Who I Used To Be leur avait fait du bien, par exemple. Le fait que ma musique puisse toucher des personnes qui vivent des moments forts de transition d'identité et qui ont envie d’affirmer qui ils sont, ça me touche particulièrement.

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