NOT MY GOD : entretien avec Tim Sköld

Interview | NOT MY GOD : entretien avec Tim Sköld

Pierre Sopor 14 octobre 2021 Pierre Sopor

Tim Sköld est un homme occupé. Ces deux dernières années, il a sorti deux albums solo et lancé avec Nero Bellum de PSYCLON NINE un nouveau projet, NOT MY GOD, dont le deuxième album Simulacra sort le 15 octobre via Metropolis Records (chronique). Nous avons eu l'occasion de lui tirer quelques mots à ce sujet, mais également sur certaines de ses multiples collaborations passées, présentes ou futures...

© Photo d'illustration : Vicente Cordero

Hello Tim. En écoutant Simulacra, j'ai été surpris par ton chant, plus expressif que d'habitude... Certains morceaux sont aussi très agressifs, comme l'était Dies Irae sorti cette année. Étais-tu particulièrement en colère ces derniers temps ?
Salut. J'essaye de repousser mes limites sur chaque album auquel je travaille. Il se peut que ça se remarque parfois plus que d'autres, mais je fais en sorte que chacun de mes travaux soit nouveau et unique à sa manière. Je n'analyse pas vraiment mes créations donc c'est difficile pour moi de te répondre. Parfois, je ressens un besoin fort d'aller vers un chant plus intense, parfois je suis plus attiré par quelque chose de mélodique. Je n'ai pas vraiment de formule ou de recettes pour ce genre de choses.

L'album démarre avec In service of the Wolf, le loup étant une figure récurrente de ton travail. Que signifie-t-il ?
En effet... Je suppose que j'aime bien voir le loup comme mon animal totem, haha ! Le loup sert à symboliser beaucoup de choses et c'est vrai que je me reconnais dans bon nombre de ces symboles.

Comment différencierais-tu Simulacra du premier album de NOT MY GOD ?
Je pense que nous avons atteint un nouveau niveau de force et de confiance en nous-même qui nous permet d'aller plus loin sur la route créative que nous avions décidé d'emprunter. Quand tu y penses, il y a très peu de choses conventionnelles avec ce projet...

La pandémie a-t-elle changé votre façon de travailler à Nero et toi en vous forçant à l'isolation ?
Non, je crois que notre façon de travailler à tous les deux est particulièrement immersive, ce qui nécessite toujours un certain niveau de solitude et d'isolation. Si tu veux vraiment ne faire qu'un avec la musique que tu crées, telle est la voie à emprunter !

Comment était-ce de "déléguer" à Nero la partie instrumentale, toi qui joues d'habitude de plusieurs instruments ?
Nero est constamment en train de bidouiller ses synthétiseurs modulaires qui sont ses instruments à lui. J'ai un profond respect pour son travail et ce qu'il arrive à créer avec ces machines. Puisque je ne m'occupe pas de créer la version initiale de la musique, ça me permet d'approcher mon chant d'une manière différente de d'habitude.

Les émotions et la musique sont bien plus contenues dans NOT MY GOD que dans vos autres projets à Nero et toi. Était-ce une volonté de votre part dès le début ?
Oui, en effet. Nous avons tous les deux tendance, chacun de notre côté, à nous faire plaisir avec ce qu'on pourrait décrire comme seulement de la production pure, avec un tas de couches et d'instruments différents mais avec ce projet l'intention était de rester très focalisé et spécifique. Tout est dans le détail. À part ça, la définition de notre travail est juste que Nero fait la musique et je m'occupe du chant. L'idée est de limiter au maximum les interférences et ainsi préserver l'intention originale et la spécificité de la musique.

Le groupe s'appelle NOT MY GOD... Comment serait ton dieu idéal ?
Odin est le dieu parfait !

Tu as travaillé avec de nombreux artistes. Te vois-tu comme un mercenaire, ou arrives-tu à établir une connexion personnelle avec ton travail à chaque fois ? Restes-tu en contact avec tes divers collaborateurs ? As-tu déjà été déçu ?
J'essaye de rester en contact avec certains, j'en évite d'autres. Certains m'ont déçu, y compris sur le plan personnel, mais j'essaye de laisser ces choses derrière moi et d'avancer avec les gens que j'apprécie. Parfois, tu te fais des amis pour la vie et parfois tu te fais des ennemis. Bien sûr, il arrive que de temps en temps je sois le mercenaire qui s'assure qu'un projet aboutisse dans le délai imparti et pour le budget qui lui était attribué.

Tu étais sur le point d'intégrer le line-up live de FRONTLINE ASSEMBLY pour leur tournée avec MINISTRY... Ils viennent d'être supprimé de l'affiche. Sais-tu s'ils ont reçu une explication ?
Je n'ai aucune info à ce sujet mais j'adore FRONTLINE ASSEMBLY et j'espère vraiment avoir une nouvelle occasion de travailler avec eux à l'avenir.

Tu as travaillé avec MOTIONLESS IN WHITE qui est un groupe différents de tes habituels collaborateurs : plus jeune, moins industriel... Qu'est ce qui t'a attiré chez eux ?
C'est Chris Motionless qui m'a approché et j'ai été vraiment impressionné par son enthousiasme. Je trouve ce groupe très authentique et je pense que le niveau d'engagement de Chris est plus que remarquable. 

Tu as insufflé une vraie identité à Golden Age of Grotesque et Eat Me Drink Me quand tu travaillais avec MARILYN MANSON. Te laissait-il les libertés dont tu avais besoin ?
Manson est un autre très bon exemple d'un engagement profond et de dévouement à son art et à son travail. Étant lui-même un artiste, il a su faire preuve de compréhension et a su apprécier mon travail, ce qui impliquait son respect et son soutien, deux choses dont il n'a jamais été avare avec moi.

Tu as travaillé avec plusieurs artistes provocateurs, et l'es toi-même régulièrement. Crains-tu parfois devoir un jour faire face à ce que certains appellent la cancel culture ?
Je pense surtout que cette cancel culture va finir par s'auto-détruire et que l'Art finira par prévaloir.

En tant que musicien et producteur très occupé, tu dois écouter beaucoup de choses. Restes-tu sur tes classiques, ou découvres-tu aussi de nouveaux artistes ?
J'écoute à la fois des choses nouvelles et anciennes. J'écoute de la musique tous les jours et j'en écoute de tous les genres, même de la country, du classique, du R&B et du hip-hop.

Merci pour ton temps. Vu la situation actuelle, j'ose à peine te demander si tu peux nous parler de tes projets futurs, ou d'éventuelles dates de NOT MY GOD...
Je travaille effectivement sur des des nouvelles choses excitantes et des projets très secrets... Mais si je pouvais prévoir l'avenir, je serais dehors en train d'acheter des tickets de loto en ce moment-même !