Chronique | Sith - Leiden

Pierre Sopor --

SITH fait partie de ces groupes qui nous accrochent d'entrée de jeu, comme en témoigne le début de Leiden, premier album du trio. Dès le début, les divers ingrédients se mélangent pour un résultat rentre-dedans et prenant : beat electro, riffs de guitare répétitifs, combinés à un chant à la fois brutal, prenant aux tripes, et à des mélodies plus lyriques du clavier. On constate rapidement que si la guitare donne à SITH un son violent et massif, le chant et le clavier permettent la naissance de mélodies et d'ambiances parfois chaotiques, parfois plus mélancoliques. En plus de se démarquer par une vraie recherche musicale, SITH fait naître en nous une multitude d'émotions, comme lors du refrain de No One, faisant froid dans le dos. Derrière ces rythmiques hypnotiques et ses nuances, la musique de SITH semble porteuse d'une menace, de quelque chose d'à la fois désespéré et enragé. Et c'est presque avec surprise que ces seize titres s'enchainent sans aucune sensation de lassitude, tant le metal industriel est un genre pouvant facilement sombrer dans la répétition de clichés. Au contraire, ici, le trio réussit tout le long de l'album à maintenir notre intérêt, rappelant d'autres groupes français récents à l'efficacité incontestable, comme PRIME SINISTER pour son agressivité, MALAKWA, ou HERRSCHAFT pour le mélange electro-metal et la variété. Au rang des petits détails apportant encore de l'intérêt à l'album, on note la présence de vx69 de PUNISH YOURSELF sur Destroy You, titre hargneux et déchainé, ou encore Benoit XVI de TAMTRUM sur EAT. Au final, SITH offre un très bon premier album, et même si à la première écoute on peut avoir la fausse impression de n'avoir "seulement" qu'un son rapide et accrocheur, on remarque rapidement la profondeur et la variété de l'ensemble, grâce à l'utilisation parfaite de chaque éléments dont se sert le groupe.