Chronique | Drownd - Sick Like You

Pierre Sopor 01 juin 2019

DROWND est encore tout jeune : le projet solo de Joe Crudgington a sorti son premier EP en avril 2019 sur le label Armalyte Industries, qui travaille notamment avec, CUBANATE ou le nouveau supergroupe THE JOY THIEVES. C'est donc avec juste deux titres et deux remixes que l'on peut découvrir l'univers de l'artiste anglais basé à Los Angeles.

A vrai dire, c'est surtout le morceau titre qui attire notre attention. Sick Like You est une piste méchante, qui s'ouvre sur un rythmique lourde rappelant les icônes montantes du metal indus américain actuel, 3TEETH, mais aussi les stars du rap-noise-punk HO99O9 notamment pour la façon qu'à Crudgington de scander ses textes. Et puis la guitare s'énerve, le chant aussi et tout à coup on revient vingt ans en arrière et DROWND prend des airs de MARILYN MANSON période Holy Wood alors que son chanteur nous dégueule son refrain rageur au visage. C'est incisif, vicieux, accrocheur, apocalyptique même. Le genre de truc qu'on a envie de passer en boucle. On comprend pourquoi la piste a droit à deux remixes, la version très electro de THE JOY THIEVES appuyant sur la théâtralité de la chose alors que celle de SEETHING AKIRA hausse le rythme pour une relecture plus agressive, elle aussi très ancrée dans le temps : ça sent le délire cyberpunk des années 90 et aurait très bien eu sa place sur la bande-son de Matrix. Entre-temps, DROWND nous offre un deuxième morceau, 2 Minutes Hate, qui lui aussi rappelle les douces heures de gloire de la collaboration Nothing / Interscope Records. Impossible de ne pas penser à March of the Pigs de NINE INCH NAILS et ses éclats hargneux, ainsi qu'aux passages les plus punk de HO99O9 (encore eux) : le morceau est tout feu, tout flamme, tout en explosion d'énergie.

On ne va pas se mentir, ce premier EP de DROWND ne peut cacher ses influences. Il les assume d'ailleurs probablement pleinement. La chose étant bien fichue, elle saura caresser dans le sens du poil les amateurs du rock industriel nihiliste, sale et colérique des années 90. On a hâte de voir où Crudgington va nous emmener, car, avec quelques années de retard, il se pose en héritier crédible des Reznor et Manson, bien plus fun que le laborieux FILTER en son temps ou autres produits dérivés interchangeables.