Chronique | Cubanate - Kolossus

Pierre Sopor 01 juin 2019

CUBANATE est de retour. Marc Heal et Phil Barry avaient sorti une compilation d'anciens morceaux en 2017 et refait quelques concerts ponctuellement, entretenant un vague espoir de come-back. Ça aura finalement pris vingt-et-un ans pour que le groupe de metal industriel britannique sorte enfin de nouvelles choses d'un studio. L'EP Kolossus est donc un petit événement en soi tant il s'est fait attendre des quelques irréductibles qui y croyaient encore.

Le morceau-titre plante immédiatement le décor : la nostalgie n'est pas vraiment le truc de CUBANATE. La production et la rythmique sont de purs produits du XXIème siècle et pourtant l'identité du projet est loin d'être diluée. Avec ce synthé qui mène la danse, cette voix de Marc Heal toujours aussi âpre et qui donne à la musique de CUBANATE toute sa rugosité, et Phil Barry qui n'a pas non plus spécialement adouci ses cordes, le mélange entre electro et grosses guitares fonctionne parfaitement. Le son est massif, d'une lourdeur à laquelle on ne s'attendait pas et devrait parler aux amateurs de TREPONEM PAL et consort. De manière générale, Kolossus est un EP composé de hits metal indus accrocheurs et méchants. Si la frénésie des influences breakbeat s'est tarie, CUBANATE n'a pas perdu son goût pour l'électronique qui fait transpirer et le prouve avec la très EBM Split Second ou l'ardente Vortex, à l'efficacité immédiate. Bien sûr, l'humeur générale n'est pas aux fioritures et la voix de Heal ne suscitera pas des torrents d'émotions chez tout le monde, mais dans le genre metal industriel puissant et sonorités cyberpunk, Kolossus fait le job. Saluons également les deux remixes proposant tous les deux des visions très différentes, l'un signé par le vétéran Rhys Fulber (FRONTLINE ASSEMBLY) et l'autre par DROWND, un tout jeune projet dont on vous donnera des nouvelles.

CUBANATE a beau ne pas chambouler la scène industrielle ni révolutionner le genre avec cette résurrection, le plaisir est réel. L'EP est solide, à mi-chemin entre des sonorités modernes et une façon de faire légèrement anachronique qui sent fort la bière et la fin des années 90. Pourvu que cela soit signe d'un réel retour aux affaires, parce qu'en l'état, ça cogne fort !