Combichrist + Night Club + Wednesday 13 @ Le Garage - Sarrebruck (66) - 1 août 2018

Live Report | Combichrist + Night Club + Wednesday 13 @ Le Garage - Sarrebruck (66) - 1 août 2018

Manon Nadolny 4 août 2018 Laurence Prudhomme Manon Nadolny

Il y a des concerts qui se prévoient longtemps à l'avance, et puis d'autres qui se décident au dernier moment comme celui pour lequel nous avons fait une rapide incursion de l'autre côté de la frontière mercredi dernier. Il faut dire que COMBICHRIST et WEDNESDAY 13 dans la même soirée, l'affiche était irrésistible ! Le Everybody Still Hates You Tour est à mi-chemin de sa tournée européenne, mais comme il a oublié la France, nous irons donc en Allemagne écouter les Américains. Après quelques heures de route et sous une chaleur de plomb nous voici devant les portes du Garage à Sarrebruck, où le public est encore clairsemé. La bière coule à flots, mais la motivation à l'air un peu absente, espérons que l'ambiance s'installera au court de la soirée.

NIGHT CLUB

Le premier groupe à se présenter sur scène est NIGHT CLUB, composé de la chanteuse Emily Kavanaugh et d'un claviériste/programmateur caché derrière son matériel. Les Américains, dont c'est la première tournée en Europe, en profitent pour faire la promo de leur second EP Scary World qui sortira le 24 août. Sur des rythmes très pop-electro, la jolie chanteuse ne va pas compter son énergie pour faire bouger le public. Les titres sont plutôt dansants, mais leur prestation ne réussira pas vraiment à retenir l'attention de la salle.

WEDNESDAY 13

Peu de dates en France pour le combo de WEDNESDAY 13, alors cette tournée à la frontière était vraiment une aubaine pour nous. La dernière prestation française du groupe s'est tenue à la Boule Noire pour Halloween 2017 et les fans français en parlent encore. Visiblement les Américains sont très appréciés en Allemagne aussi, et du coup le devant de la scène se remplit rapidement. Il faut dire que l'univers du groupe est particulier : glam rock, horror punk, metal… et avec leur make-up macabre, leurs shows sont de vrais spectacles. C'est en brandissant une hache que le chanteur éponyme fait son entrée sur scène sur le son lourd de What The Night Brings à la fois menaçant et sexy, à grands coups de moulinets de bras il va tout de suite installer l'ambiance sombre et pesante du groupe. Le côté kitsch est assumé, largement contrebalancé par les sonorités metal, notamment sur les derniers titres de l'album Condolences sorti en 2017.

Les morceaux s'enchaînent, non sans laisser le temps au chanteur pour des changements de costumes. C'est donc vêtu d'un tablier de boucher et d'un masque à l'arrière de la tête qu'il réapparaît sur les premières notes de Serpent Society. L'effet est saisissant, et l'on ne sait plus quel est son vrai visage. Ses comparses ne sont pas en reste, à grand renfort de grimaces et de riffs agressifs, ils ont vite fait de motiver le public qui bras levés donne de la voix. Le son est top, les lights sont envoyés avec parcimonie et cadrent complètement avec l'ambiance sinistre. Ils ont fait le choix d'une set-list qui promène le public dans leur discographie et l'on retrouve tous les titres fétiches du groupe. C'est maintenant caché derrière un masque de démon cornu que WEDNESDAY 13 déclame les paroles de Condolences, théâtral et lourd de menaces contenues. On ne s'ennuie pas une seconde pendant ce concert, chaque titre devenant un véritable tableau. Et lorsque le chanteur revient avec le parapluie décoré d'un superbe doigt d'honneur pour interpréter I Love To Say F***, le public hurle avec lui d'une seule voix, le Garage s'est enfin réveillé ! Le show se termine sur un ancien titre, Bad Things, et les musiciens quittent la scène, au grand regret des Allemands qui visiblement étaient là pour eux.

Setlist:
01. What The Night Brings
02. Blood Sick
03. Scream Baby Scream
04. Serpent Society
05. Prey For Me
06. Blood Sucker
07. Gimmie Gimmie Bloodshed
08. Condolences
09. I Want You
10. Dead/I Walked With A Zombie
11. I Love To Say Fuck
12. Bad Things

 

COMBICHRIST

Disons-le de suite, on a connu des ambiances plus survoltées pour le passage de COMBICHRIST, notamment l'an dernier à l'Amphi Festival de Cologne. Joe Letz et Nick Rossi côté drums, Elliot Berlin au synthé, Eric 13 à la guitare, Andy LaPlegua au chant : le line-up de ce soir est en place. Dès les premiers accords de All Pain Is Gone, on sent que le groupe est au taquet et va encore livrer une belle prestation. Les musiciens ont l'air d'apprécier cette tournée européenne, où le public répond présent à chaque fois, comme deux jours auparavant à Hambourg dans un Logo surchauffé et survolté. Ce ne sera pas aussi chaud à Sarrebruck, mais le public resté pour eux a l'air bien décidé à profiter de la soirée. Bondissant d'un bout à l'autre de la scène, soutenu par un Eric 13 plus souriant que jamais, Andy fait sauter et bouger le Garage sur les incontournables morceaux du groupe.

Les Américains ont trouvé la recette pour mettre le feu lors de leurs concerts, grâce à des rythmes indus mâtinés d'electro: les puristes appelleront ça l'EBM, un style qui ne prend pas vraiment en France. A la batterie Joe fait toujours des siennes, jetant ses baguettes et renversant les fûts, remis en place sans relâche par un valeureux assistant. Difficile de rater son nouveau look, à la fois girly et au makeup de clown horrifique, un mélange qui a laissé perplexe la presse locale allemande citant la « female drummer of Combichrist », à la grande joie bien évidemment du groupe ! Andy n'a pas lésiné lui non plus sur le maquillage, s'offrant un sourire dégoulinant de peinture noire tel un joker.

Fuck That Shit et Electrohead mettent en transe le public, ces anciens morceaux du groupe, parfaits exemples d'EBM, fonctionnent toujours aussi bien en live ! Il faut dire que la présence sur scène de Andy LaPlegua est impressionnante, et le rythme soutenu des titres n'incite pas à rester immobile dans son coin. Les Allemands (mais on note aussi la présence de nombreux fans français) reprennent en coeur What The Fuck Is Wrong With You ?, à grand renfort de poings brandis et de (timides, très timides) pogos. Après un rappel, le groupe revient sur scène avec Maggots At The Party.
Le show s'achève sur l'inévitable Get Your Body Beat, laissant le public un peu sur sa faim. Même si l'ambiance n'était pas tout à fait au rendez-vous, les musiciens, toujours très pros, nous ont offert un spectacle toujours remarquable d'énergie et de décibels, et on aurait aimé qu'il dure un peu plus longtemps.