Discrètement, dans la pénombre, les Belges d'Emptiness approchent des trois décennies de méfaits. Le groupe de black metal avant-gardiste et industriel s'apprête à sortir son nouvel album, Nowhere Speaks, attendu pour le 17 juillet via Season of Mist (précommande). Histoire de vous plonger dans son ambiance apocalyptique faite d'immensité cosmique écrasante, The Threat vient servir de second single et peut s'apprécier via le lecteur plus bas ou sur bandcamp. Laissez-vous hypnotiser par le vide !
L'album descend dans une dimension séparée de toute trace humaine, un lieu dirigé par sa propre logique silencieuse, indifférent à la présence de l'auditeur et ne se souciant pas de nous inviter. Enregistré quasi entièrement en live en studio après quatre ans de préparation, la musique contient une tension et une physicalité de la performance portée à son paroxysme : dense, texturée et implacable, ne laissant aucun répit. L'architecture est précise. Nowhere Speaks commence là où Nothing but the Whole (2014) s'arrêtait, reprenant au milieu du riff qui concluait abruptement l'album, et se ferme avec son riff d'ouverture, formant une boucle entre les deuxalbums. Après l'austérité dépourvue de distorsion de Vide (2021), le retour à la pesanteur et l'intensité est ici total. L'identité se dissout à travers cesdix morceaux. L'échelle perd son sens. La musique ne communique pas autant qu'elle exerce une pression, avançant de sensation en sensation plutôt que narrativement,via la conscience de quelque chose d'immense qui ne prend pas en compte l'auditeur. Les forces s'alignent et convergent d'une manière qui échappe à la compréhension, reflétant l'idée centrale du groupe que rien n'existe, et pourtant tout existe.