NCN Festival 2015 - Jour 1 @ Deutzen (04 septembre 2015)

NCN Festival 2015 - Jour 1 @ Deutzen (04 septembre 2015)

Cécile Hautefeuille 04 septembre 2015 Cécile Hautefeuile Cécile Hautefeuille

PERFECTION DOLL | Parkbühne

C'est le groupe PERFECTION DOLL, originaire de Leipzig, qui a la lourde tâche d'entamer ce NCN et ce n'est pas franchement évident. Le groupe a été fondé en 2014 et pour ce poussin tout juste sorti de sa coquille, le trac est difficile à dépasser. On sent le stress et la timidité tétaniser tour à tour chacun des membres, les empêchant de se lâcher complètement. La danseuse, supposée amener un peu de chaleur et de spectacle, semble également angoissée et n'apporte pas grand chose au concert. Musicalement, le groupe est un peu la curiosité du festival, car il baigne plutôt dans l'univers trance teinté de synthpop et d'electro-indus. L'esprit recherché est plus glamour lolita que gothique sombre. C'est un début, mais pas encore convaincant.

SEVERE ILLUSION | Amphibühne

C'est un peu déroutant de recevoir un groupe comme SEVERE ILLUSION avant la nuit tombée, cela enlève évidemment un peu de puissance à cet old school electro-indus des bas-fonds, à la fois trop lent et dépassé et noisy à souhait. Mais le show des suédois suffit à attirer le public du Kulturpark de Deutzen. Fredrik Djurfeldt est un vrai bout-en-train qui mène à lui seul le spectacle. L'heure est un peu matinale, mais SEVERE ILLUSION a fait bonne impression.

NAEVUS | Kulturbühne

Non, ce n'est pas le moment. C'est trop dur d'adhérer tout de suite, comme ça, par ce froid, à un set acoustique de neo-folk. Ce n'est pas l'envie qui manque, et NAEVUS, en la personne de Lloyd James ce jour-là, sait y faire. Mais il était trop tôt pour converger vers une séance de guitare sèche au coin du feu. On espère cependant voir NAEVUS au complet une prochaine fois.

BLIND PASSENGER | Parkbühne

Eh bien voilà, il faut attendre BLIND PASSENGER ce jour-là pour se faire bousculer un peu. Non, pas BLIND PASSENGERS. Nik Page fait revivre son projet sans le "s" et sans le metal et pénètre définitivement dans l'univers electro fetish avec tous les clichés apparentés. Costumes cyber et militaires, ryhtmes synthpop cinglants, refrains entêtants et voix robotiques... tout y est. Et bizarrement : ça marche. Plutôt très très bien. Futuriste ou has been, à vous de choisir. Mais ce soir-là, pas une âme ne pouvait se retenir de danser. C'est dans la poche !

OBERER TOTPUNKT | Weidenbogenbühne

En arrivant pour la première fois dans cette minuscule Weidenbogen Bühne, on change à nouveau de planète. L'univers de BLIND PASSENGER est certes extra-terrestre, mais celui de OBERER TOTPUNKT n'est même pas identifiable. Le groupe allemand livre une musique électronique très rythmée, mais sur un slam féminin continu et presque dérangeant tant il se confond avec une voix qui viendrait grignoter votre cerveau. Loin des déclamations EBM, OBERER TOTPUNKT nous raconte plutôt une histoire comme un livre audio. Une performance atypique.

LEGEND | Amphibühne

Voici sur la scène principale ceux qui ont eu le privilège de jouer deux années de suite au NCN : les islandais de LEGEND. L'an passé, le coup de coeur fut unanime. Le patron des lieux Holger Troisch portait le tee-shirt du groupe, les visiteurs et groupes alentours avaient tous les frissons et larmes aux yeux, et tous se sont arraché le merchandising du groupe à la sortie du concert. Personellement, j'étais passée un peu à côté du phénomène, saluant une performance très dynamique et professionnelle, mais n'ayant pas accroché plus que cela avec la musique. Mais les choses ont changé, et me voici à mon tour atteinte du syndrome LEGEND. Il faut dire que le groupe met tellement de puissance et d'émotion dans ses concerts qu'il est impossible de rester de marbre. Cette année, LEGEND revient avec de nouveaux titres mais garde son identité, ses beats lourds, ses rythmes déchirants, sa voix folk cassée, et sa transe psychédélique. Hypnotisant.

SCHLOSS TEGAL | Kulturbühne

Du côté de la Kultur Bühne, cela se complique avec Schloss Tegal. On part dans des sphères de plus en plus perchées pour rejoindre la musique expérimentale d'un homme mystérieux en tenue de boucher dui joue de l'électronique en soufflant dans des os. Très bien. De l'ambient poussé loin, très loin, quèi serait parfait, dans le noir, en regardant un petit let's play de Until Dawn. Mais... une autre fois peut-être.

STAHLMANN | Parkbühne

Sur la Park Bühne se présente STAHLMANN, à qui il manquait encore le NCN dans sa panoplie de festival. Le groupe de gothic rock à succès n'en finit plus de tourner et son dernier album "CO2" est un véritable carton. C'est le même déchaînement de foule qui se produit au NCN. STAHLMANN fait partie des groupes que l'on aime voir, car ses membres sont dynamiques, communicatifs, drôles, et toujours bien peinturlurés (et ces paillettes sont une véritable crasse à enlever sur la peau). Bon, il se trouve qu'avec le vent, le froid et la nuit tombée, nous n'avons pas vu grand chose. Le brouillard épais a caché pratiquement tout le show et aucune frontlight en renfort n'est venue atténuer la pénombre. Mais les fans s'en sont passés : carton plein pour STAHLMANN.

ECHO WEST | Weidenbogenbühne

MERCIFUL NUNS | Amphibühne

Tiens, les revoilà, me direz-vous. Eh oui, moins d'un mois après le M'era Luna, MERCIFUL NUNS entre sur l'Amphi Bühne du NCN. Mais ce concert fut néanmoins tout autre, puisqu'il accueillait un guest à la guitare, et pas des moindres : Ashley Dayour (WHISPERS IN THE SHADOW). On peut difficilement faire mieux, que cela soit en terme de talent ou de showman. Si l'on omet que le groupe a joué dans le froid et dans le noir, c'était une bonne performance, un peu réservée certes. Cette dark wave nostalgique collait trop bien au temps maussade et l'on aurait voulu se réchauffer sur quelque chose de plus rythmé, mais soit.

DEUTSCH NEPAL | Kulturbühne

Et le mot de la soirée est : dommage ! C'est rageant, c'est trop bête, c'est nul. DEUTSCH NEPAL, c'est un mythe de l'ambient, un saint patron de l'expérimental, une illusion qui hante vos nuits, une petite voix dans votre tête que vous essayez de faire taire. C'est le tréfonds de la musique gothique, celle que tu allais écouter dans des caves pourries dans les années 80, c'est ce qui donne cette aura sombre et repoussante à cette culture. Ouais. Ben en fait, DEUTSCH NEPAL, c'est un petit blondinet en par-dessus en cuir monoprix, qui appuie sur trois boutons en buvant une bière. Dommage.

DISMANTLED | Parkbühne

Petite claque dans la gueule avec DISMANTLED. Comme quoi les américains ne sont pas du tout hors circuit. A priori, rien ne les distingue d'un énième groupe d'electro. Et pourtant, le mélange des genres est tel qu'il n'y a aucune comparaison possible. La musique de DISMANTLED a beaucoup évolué, d'un son expérimental plutôt destiné aux musiques de film, à des titres plus canoniques couplet/refrain et voix distincte. Les beats utilisés ressemblent plus à l'univers hip-hop, les chants se baladent entre electro-indus distordu et synthpop mélancolique, et les mélodies... importent peu. Mais DISMANTLED apporte un son nouveau, peut-être une american touch que l'on ne voit nulle part ailleurs. Sur scène, ce sont des fous. De véritables malades, qui sautent partout et détruisent leurs propres instruments. Les pauvres doivent perdre 10 kilos à chaque concert. Pour le plaisir d'un public hystérique et conquis.

PSYCHE | Weidenbogenbühne

J'attendais beaucoup de la performance de PSYCHE, et j'ai dû tout d'abord me contenter de la petite scène qui était réservée au groupe. Pourtant, une foule immense s'était réunie devant la scène, mais seul le premier rang pouvait distinguer quelque chose, la scène étant presque plus basse que le public. Le concert, lui, fut éblouissant. La complicité entre Darrin Huss et Stefan Rabura est subtile mais palpable, et le duo met dans ce concert tout son coeur et sa passion. PSYCHE enchaîne les tubes, récents et anciens, et Darin se permet même de changer la setlist pour inclure "Misery" qui n'était pas au programme. Lorsque vient "Eternal", l'émotion est à son comble. Le public écoute religieusement le bref mais touchant hommage de Darrin à son frère tout récemment disparu. Ce concert restera un souvenir plus que mémorable, et un véritable coup de coeur de cette édition du NCN.

DIE KRUPPS | Amphibühne

Mais nous voilà déjà arrivé à la tête d'affiche de cette première journée. DIE KRUPPS est en tournée ce mois-ci à l'occasion de la sortie de son nouvel opus "Metal Machine Music" et c'est tout naturellement que l'énorme tourbus du groupe s'est arrêté par Deutzen pour un concert enflammé ! Car il faut dire les choses comme elles sont : ce fut probablement l'un des meilleurs concerts de DIE KRUPPS auxquels j'ai assisté. C'est la deuxième fois que le groupe s'invite au NCN, mais la dernière fois, il n'avait pas sorti d'album depuis 15 ans. DIE KRUPPS étant redevenu actif et créatif, il y eut de quoi remplir la setlist de nouveaux tubes désormais cultes comme "Risikofaktor", mais aussi de tous nouveaux titres issus du dernier album, plus teinté metal que le précédent, le groupe ayant toujours oscillé entre metal et electro. Malgré le froid, DIE KRUPPS a fait basculer Deutzen dans un enfer embrasé. DIE KRUPPS est aujourd'hui LE groupe qui représente le mieux la musique industrielle dans son ensemble et compte le faire savoir. Après ce concert déchaîné, quelques notes de piano et dix pizzas, le groupe devait repartir à 2h du matin pétantes. Mais le sort en a voulu autrement, puisqu'un visiteur mal garé et une branche mal placée ont empêché le bus du groupe de repartir. Après pratiquement deux heures de manoeuvre et complots et tout genre, mais surtout de licorne et de paillettes, le groupe a finalement pu reprendre la route pour d'autres contrées, et notamment Paris où ils s'arrêteront le 15 septembre au Divan du Monde.

ROSE MCDOWALL | Kulturbühne

La première soirée se termine avec un set presque acoustique de Rose McDowall, pour apaiser les coeurs et les esprits. Qui se souvient encore de cette voix mélancolique des années 80 ? Les nostalgiques évidemment, se sont pressés au premier rang. Mais difficile de se faire une place à 1h du matin tandis que beaucoup attendent les beats répétitifs de l'after party. La musique, la voix ont vieilli et il n'y a plus l'étincelle qui faisait briller cette pionnière. Une petite machine à remonter le temps ne serait pas de refus.