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Chronique | Sopor Æternus and the Ensemble of Shadows - Les Fleurs Du Mal

Pierre Sopor 13 avril 2007

Toujours aussi énigmatique, Anna Varney livre à notre univers de bipèdes sa nouvelle création, toujours aidé(e) de son Ensemble Of Shadows, indispensable à sa survie. A première vue, Les Fleurs Du Mal pourrait passer pour un hommage à Charles Baudelaire. Que nenni ! La créature explique, toujours avec son humour particulier, qu'elle ne connait absolument rien à la littérature française. Pas de chant en français non plus, mettons fin au chauvinisme. L'intro instrumentale très théâtrale, presque fantastique, est moins tordue, moins dépressive que ce qu'on avait l'habitude d'entendre depuis quelques temps. Impression qui se confirme dès Always Within The Hour, le son est moins hanté, moins noir. Même si le chant est toujours plaintif, les lamentations se font moins maladives. Le ton de l'album est plus pop, plus lumineux qu'à l'habitude, plus sucré. Les influences médiévales se font à nouveau sentir, notamment sur La Mort d'Arthur, ressemblant vraiment plus à un chant de ménestrel qu'aux lamentations encore présentes sur Songs From The Inverted Womb. SOPOR AETERNUS introduit même quelques apports au synthé. Les Fleurs Du Mal semble quitter la dépression, le malaise et la noirceur qui enveloppait l'œuvre d'Anna Varney. Toujours théâtral, renouant avec des sonorités médiévales oubliées, et surtout virevoltant, plus pop. La misanthropie et les ténèbres sont habillées de rose, pour un disque prenant un drôle de recul comparé aux autres œuvres de SOPOR AETERNUS. Innovant et rafraichissant.