Chronique | Skinsitive - Her(tz)oÏn

Pierre Sopor 07 mai 2012

SKINSITIVE nous avait fait très forte impression avec un premier EP, sorti il y'a maintenant un an et demi. Dans ces conditions, il a été difficile d'attendre ce premier album, repoussé plusieurs fois mais dont Virginia Fernson, à la tête du projet a enfin réussi à accoucher. La mise au monde de la bête n'a pas été chose aisée, et il aura fallu pour cela revenir aux racines de SKINSITIVE, se séparer de ses musiciens pour redevenir un projet solo. Le début de l'album reprend les morceaux de l'EP, avec parmi eux les passages les plus metal de l'album (In The Whoredeom of Hell, Fuckorama). D'ailleurs, en redevenant un projet solo, SKINSITIVE sonne moins hard, revenant à un son plus proche des anciennes démos, laissant plus de place au piano (le changement est frappant sur les excellentes The Amnesiac Parade et Sickzophrenia). Un moyen pour V. Fernson de retrouver l'identité de son travail et l'inscrire dans une démarche très personnelle, intime même comme en témoigne l'artwork, avec ces notes et notices de médicament... Il faut dire que certains morceaux existent maintenant depuis plus de cinq ans ! Rattaché à un rock industriel sous l'influence de NINE INCH NAILS, il est pourtant difficile de ranger SKINSITIVE dans tel ou tel tiroir, tant Her(tz)oÏn est riche, passant de morceaux metal à des pistes plus ambiantes (comme la glaciale Carol-Ïne), mais toujours avec un goût prononcé pour les constructions atypiques. Les titres évoluent au fur et à mesure qu'ils se déroulent, traversant souvent des passages chaotiques, comme la superbe Anxiorexia, dont l'ambiance pesante évolue vers quelque chose de plus lumineux au fur et à mesure. Porté par la voix grave et dure de V. Fernson, SKINSITIVE affirme sa personnalité et son originalité tout au long des 14 morceaux qui composent ce premier album. Et même si cela peut paraître long pour un premier essai, l'ambition du projet (SKINSITIVE sera une trilogie, à priori pas plus, mais surtout pas moins) justifie pleinement sa richesse. Un gros travail pour un 1er album passionnant, qui appelle donc à une suite maintenant que la machine est lancée!