Chronique | Requiem in White - The Visible Heaven

Tanz Mitth'Laibach 25 mai 2026

La sortie en 2025 de la compilation Hymnal of Remembrance marquait la résurgence d'une formation gothique qui avait trop longtemps disparu de la circulation : Requiem In White. En peu de disques, le groupe originaire de Boston avait marqué les années quatre-vingt-dix par ses appels venus des ténèbres, combinant la lourdeur de la guitare propre à la scène gothique américaine aux incantations éthérées du chant bien avant que cette combinaison n'apparaisse chez Faith And The Muse sur l'album Evidence of Heaven. Hymnal of Remembrance nous a permis de redécouvrir ces travaux et cela ne nous a donné envie que d'une chose : plus de Requiem In White ! Visiblement, le groupe pensait heureusement comme nous puisque paraît cette année sont troisième album The Visible Heaven, créé par le multi-instrumentiste Doc Hammer et la chanteuse Lisa Stockton-Wilson avec l'intention d'en faire le disque qu'ils auraient enregistré en 1994 s'ils l'avaient pu.

Et en effet, The Visible Heaven nous plonge immédiatement dans le lyrisme tourmenté que nous attendions de Requiem In White. La guitare, qui frise le metal gothique par sa saturation (Requiem In White a d'ailleurs joué avec Type O Negative par le passé), a cette force écrasante qui nous entraîne au milieu de l'inquiétante caverne construite par la basse et la batterie avec toute la réverbération qui nous fait vibrer de plaisir, nous autre corbeaux ; c'est grave, hanté et puissant, d'autant que l'album bénéficie d'une qualité de production et de mélodies resserrées qu'il n'avait pas lors de sa première incarnation. Et ce qui nous impressionne plus encore, c'est le chant heavenly voices de Lisa Stockton-Wilson, qui paraît un ensemble à elle seule ! Fragile ou éclatante, son timbre a toujours une éloquence irrésistible, ses enchaînements nous saisissent, nous faisant rapidement passer de la noirceur à la féérie ou inversement.

The Visible Heaven est donc un très bel album, dans lequel on reste d'autant plus immergé qu'il est court : avec une demie-heure pour huit morceaux, le disque est forcément très égal. On en sort pourtant sans frustration, ces huit morceaux nous ont communiqué ce que l'on cherchait. On a tout de même nos moment favoris, bien entendu : le morceau-titre bénéficie d'une introduction agréablement pesante, Ursuline Sister de l'usage de l'orgue, True Lovers and Whores d'un splendide refrain ; là où le disque nous ravit le plus, cependant, c'est lorsque ses rythmes se font les plus implacables et ses mélodies les plus inquiétantes, sur Missa Brevis et plus encore la formidable Suffer and Sleep... C'est alors qu'on a qu'on a la sensation qu'il existe quelque chose comme un paradis audible à défaut d'être visible.

à propos de l'auteur
Author Avatar

Tanz Mitth'Laibach

Rédacteur