Chronique | Iron Court - Artificial Forest

Spoon 09 janvier 2018

Poussez tous vos meubles alentours et balayez ce qui se trouve à portée de bras parce que vous allez avoir besoin de place pour aménager un dancefloor de dernière minutes à l'écoute d'Artificial Forest. N'oubliez pas non plus tout la panoplie d'enceintes et de caissons de basses ! Après trois EPs de trois titres en trois ans, Eugenio Garelli, qui se cache derrière le projet italien d'IRON COURT, semble lâcher ce qui doit être son chiffre fétiche pour son premier véritable album.

Difficile d'attribuer un style caractérisé comme de la dark techno par son créateur tant les influences sont diverses et variées. IRON COURT nous a forgé un alliage d'une techno sidérurgique, martelée par l'archaïque EBM à coups de sonorités industrielles et fraisée à coups d'éléments électroniques. Les chocs résonnent froidement dans cette fonderie sombre où les seules lumières autorisées ne sont que celles émanées par les fonds de cuves en fusion et les étincelles stroboscopiques du fraisage de nos tympans. Leading Streaked Skies est typique de cette ambiance industrielle où des sons sidérurgiques viennent résonner dans nos membres comme pour nous guider dans un fordisme rythmé par ces dernières. De son côté, Tidy Lines of a Chessboard laisse s'ouvrir quelques valves pour que se produisent les déflagrations émises par ces perceuses numériques quand le pilonnage de Source of Rips and Stab se fait trop intense.

Par delà la métallurgie brute comme composant principal, celle-ci est contrastée par l'électroérosion des mélodies synthétiques rappelant l'âge d'or de la techno, notamment avec la résonance brute de Night March qui devrait plutôt s'appeler "Night Dance" tellement le rythme nous emmène machinalement à aller danser le Pas d'acier toute la nuit. Black Clouds nous conduit à l'usinage via son tapis roulant et nous façonne pour être modelé selon les codes de l'entreprise IRON COURT. L'approche est davantage électronique qu'industrielle, où le produit est d'abord conçu avant d'être manufacturé selon les plans du Paperworks où le clavier est bien plus omniprésent et organique à l'instar de Fallen From Life.

Ainsi, ces éléments électroniques rappellent les ouvriers faisant tourner l'ensemble des machines-outils dans une euphonie d'outillages industriels pour le compte d'IRON COURT. Le produit manufacturé, Artificial Forest, est le creuset de cette fonderie aux multiples étapes de fabrication, de la conception électronique à la transformation industrielle par une main d'œuvre certifiée EBM.