Chronique | Hanislip - Corpo-Seco

Julien 20 janvier 2022

Mis en appétit par la démo du morceau Bring It sorti mi-2020 et son mélange de trap music et de metal, on attendait impatiemment de nouvelles sorties d'HANISLIP, one man band initié par Haniel Vilas Boas - fan notamment de SLIPKNOT, d'où le nom Hani+Slip - qui y fait absolument tout : instruments, mixage, et même les clips vidéos. Le gaillard est donc un vrai passionné, dédié corps et âme à son projet qui est passé à la vitesse supérieure fin 2021 en sortant un premier album studio CORPO-SECO dont nous allons parler aujourd'hui.

L'univers d'HANISLIP sent bon le revival du neo metal des années 2000 : clips vidéos alternant environnement urbains en ruines et visuels animés façon AMV, dreadlocks sur la tête et baggy pour le style, l'artiste semble imprégné de cette culture du début de millénaire et ceux d'entre-nous qui ont vécu leur adolescence à cette époque devraient être rapidement frappés de nostalgie en écoutant l'album. Musicalement parlant, l'auteur conserve la fusion des genres du neo metal en apportant une touche moderne, en remplaçant le rap par la trap music. Choix judicieux tant la lourdeur des basses typique du style sur les couplets se marie bien avec les riffs de guitare plus agressifs et le scream des refrains. Haniel puise également dans ses origines brésilo-américaines et ajoute un côté tribal dans certains de ses sons, le résultat évoquant par moment les meilleurs morceaux de SOULFLY. Yanonami en est le meilleur exemple avec son rythme à la caixa et son break aux couleurs de samba. En dehors de morceaux plus ambiancés qui contribuent à créer l'atmosphère sombre du disque, l'opus est doté de véritables tubes en puissance : Bring It, évidemment, qui revient ici dans une version remasterisée un poil moins agressive que la version démo (quel dommage d'avoir retiré le petit fill de batterie juste avant le drop). Aux rayons des bonnes surprises, on trouve également Ghouls qui nous balade entre electro et metal avant d'aboutir sur un final explosif (et en balançant un bon vieux "Jump da fuck up" d'outre-temps). On s'arrêtera aussi sur le riff simple mais efficace de Wash Your Bones ou sur l'incroyable énergie qui se dégage de Duality. On passera en revanche sur la moins aboutie You Fuck Me Up dont le refrain se révèle assez vite énervant.

En y mettant tout son amour et ses tripes, HANISLIP nous offre avec CORPO-SECO un premier album abouti qui frappe fort, puisant dans ses racines pour nous servir une oeuvre hybride très énergique et pleine de sincérité.