Chronique | Cinema Strange - Quatorze Exemples Authentiques du Triomphe De La Musique Décorative

Sharlo 07 août 2006

CINEMA STRANGE est sûrement le groupe du revival batcave. Cinq ans après leur dernier album, ils nous offrent Quatorze Exemples Authentiques Du Triomphe De La Musique Décorative, comportant en fait treize pistes ... Tranchant avec leurs anciennes production, forcément, l'accueil est mitigé ... First Example annonce l'ambiance du disque : plus noir et plus direct que Astonished Eyes ... qui avait un côté enfantin, féerique, et faussement innocent. Ici, les morceaux sont souvent plus rythmés, l' ambiance est délibérément sombre et colérique, les guitares et basses rageuses, la batterie martelante. Le début de l'album n'a rien de passionnant, se laissant écouter. Dommage pour le son, qui n'est pas parfait et la voix de Lucas Lanthier mixée en retrait. Les titres s'enchaînent, Needlefeet évoque presque le post punk à la UK DECAY. On arrive à l'excellent Intermezzo Bright Violet Euphoria, une valse de 7 minutes, dans une ambiance "bal fantomatique", accompagnée à l'orgue et au piano, pour un résultat digne des compositions de Danny Elfman. Rat Catcher, à nouveau instrumentale, nous emmène dans une ballade macabre (rappelant un peu l'ambiance de Astonished Eyes Of Evening). Le titre comporte un surprenant passage avec percussions de casseroles (EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN, es-tu là ?). Après cette pause instrumentale de 15 minutes en plein album, arrive The Toad Curse And How It Perished In Flames, très belle ballade au piano très bien accompagnée par la voix de Lucas Lanthier. Molars dure 10 minutes, mais la guitare est inspirée, la voix nostalgique, la basse présente ... Certainement un des meilleurs titres de l'album. L'album se termine sur l'épique I remember Tendon Water, un des morceaux les plus "durs" de l'album : chant clamé, guitares plus énervées que jamais : une bonne conclusion. En bref, un album au début poussif mais dont on retiendra tout de même de très bons passages, osés et captivants.