Suicide Commando + Station Echo @ Rock N'Eat - Lyon (01 décembre 2018)

Live Report | Suicide Commando + Station Echo @ Rock N'Eat - Lyon (01 décembre 2018)

Manon Nadolny 03 décembre 2018 Laurence Prudhomme Manon Nadolny

Station Echo

Direction le Rock N'Eat de Lyon pour la seule date en France du groupe belge SUICIDE COMMANDO, véritable référence du mouvement electro-indus depuis quelques décennies. Impossible donc de rater ce rendez-vous pour les amateurs de ce style musical peu représenté en France.

Pour débuter la soirée, le jeune groupe lyonnais STATION ECHO a proposé un set hélas un peu court mais qui a permis de découvrir leur univers sombre et électro. Dans un Rock N'Eat aux lumières rares, les mélodies synthétiques et parfois dark wave ont su retenir l'intérêt du public attentif. La voix est bien posée, parfaitement raccord avec les sonorités qui lorgnent du côté de DEPECHE MODE ou encore NIN. Si les textes ne respirent pas l'optimisme, le groupe lui est plutôt sympathique et connecté au public. Leur passage en première partie de SUICIDE COMMANDO leur aura certainement fourni l'occasion de toucher de nouvelles personnes.

Suicide Commando

Malgré leur expérience et leur notoriété, le moins que l'on puisse dire c'est que les Belges ne se prennent pas pour des stars. Il est vrai que la petite scène et la proximité du public facilitent grandement le contact qui va rapidement s'installer entre le groupe et les Lyonnais. Il n'est pas si courant d'assister à des concerts d'electro-indus/EBM en France, encore moins à Lyon, et du coup, les vrais fans ont tous fait le déplacement pour l'occasion. On se croirait presque dans une soirée sur un festival en Allemagne, les tenues gothiques sont de rigueur ce soir. Comme pour le groupe précédent on comprend que les (rares) photographes ne seront pas à la fête durant le show, le rouge et le bleu semblant être les composantes dominantes de l'éclairage, mais le rétroprojecteur sera la pour sauver les meubles !

Dès les premières notes de The Gates of Oblivion, l'un des titres du dernier album Forest of the Impaled, on sent que les Belges ne sont pas là pour faire de la figuration. Affublé d'une cagoule noire en forme de cône façon Ku Klux Klan qui dissimule son visage (sous laquelle il doit étouffer et dont il va vite se débarrasser d'ailleurs), le chanteur Johan Van Roy montre que trente (et quelques) années de scène n'ont pas entamé son énergie. Difficile de résister aux rythmes répétitifs et martelés que le groupe assène dans une chaleur qui ne fera qu'empirer. Clavier, batterie et voix suffisent pour faire bouger les corps en cadence, alors pas besoin d'être spécialiste pour comprendre que cette musique là s'écoute dans une sorte de recueillement. Si l'ambiance est sombre, on voit pourtant que le groupe est ravi de trouver un public connaisseur et tout acquis à sa cause. Le frontman peut bien jouer à « Connaissez-vous les paroles ? » en tendant son micro aux premiers rangs, même sans joker, le public connaît les textes par coeur ! Il aimerait certainement avoir un peu plus d'espace pour évoluer, mais les spectateurs eux apprécient ce contact direct avec le groupe.
Après quelques morceaux récents, le très électro God Is In The Rain, typique du style cyber, met tout le monde en transe, suivi par Cause of Death: Suicide au rythme qui monte crescendo. On l'aura facilement compris, les textes tournent autour des mêmes thèmes : la mort, la violence, la religion, le tout saupoudré d'une bonne dose de pessimisme. Trois accords suffisent pour déchaîner le public qui reconnaît instantanément un des titres phares en allemand du groupe : Unterwelt (traduisez par "les bas-fonds", littéralement "le monde d'en dessous"). Si vous n'avez qu'un titre de SUICIDE COMMANDO à écouter, choisissez celui-ci tant il est emblématique de l'esprit EBM.

Les Lyonnais sont à fond, et les murs du Rock N'Eat renvoient des sons auxquels les habitués des lieux ne sont pas coutumiers. Les compos de SUICIDE COMMANDO sont taillés pour la scène plutôt que pour l’écoute tranquille dans son fauteuil un dimanche après-midi de pluie. La voix saturée à souhait de Johan Van Roy ne faiblit pas, même après plus d'une dizaine de titres plutôt longs et la chaleur sur scène. Si le chanteur est bien le leader, les trois musiciens sont très complices et font partager au public leur plaisir d'être en France (en anglais malheureusement). Die Motherfucker Die est un autre morceau culte qui va être offert en fin de set par le groupe. Il n'aura pas à aller bien loin, immédiatement rappelé par le public qui veut encore profiter de sa chance. Les Belges ne se font pas prier pour enchaîner sur un autre titre en allemand  Dein Herz Meine Gier, avant de finir sur un interminable See You In Hell en guise d'au revoir.

En résumé une setlist classique qui aura satisfait les fans, et visiblement conquis l'ensemble du public présent ce soir au Rock N'Eat. De quoi peut-être donner des idées pour d'autres concerts de cette veine. Les musiciens resteront d'ailleurs dans la salle jusqu' à la fermeture, se prêtant volontiers aux selfies, autographes et discussions en tout genre. Eux qui sont habitués à jouer dans des salles beaucoup plus grandes garderont certainement un très bon souvenir de l'accueil lyonnais.

Setlist:
01. The gates of Oblivion
02. My new Christ
03. Death lies waiting
04. The pain that you like
05. Schizotopia
06. God is in the rain
07. Cause of death : suicide
08. The devil
09. Unterwelt
10. Bind torture kill
11. Love breeds suicide
12. We are transitory
13. Die motherfucker die
14.Dein Herz meine Gier
15. See you in hell