Les Tambours du Bronx + Acyl @ Ninkasi Kao - Lyon (30 novembre 2018)

Live Report | Les Tambours du Bronx + Acyl @ Ninkasi Kao - Lyon (30 novembre 2018)

Manon Nadolny 03 décembre 2018 Laurence Prudhomme Manon Nadolny

Acyl

Sold-out et carton plein pour Access Live ! Le Ninkasi Kao de Lyon affichait complet ce vendredi 30 novembre pour la venue des TAMBOURS DU BRONX, accompagnés du groupe franco-algérien ACYL. Désormais véritable formation metal, le groupe de percussions, né dans la cité cheminote de Varennes-Vauzelles proche de Nevers, avait prévenu le public lyonnais : la soirée allait être bouillante !

Pas d'échauffement pour le public avec en hors d'oeuvre le son metal aux incursions orientales du groupe ACYL. Depuis 2007, les musiciens ont à coeur de marier la puissance du son metal avec des sonorités de leur culture d'origine, un mélange particulièrement réussi auquel les Lyonnais ont adhéré sans réserve. Le début du set est plutôt axé sur d'anciens titres, plus percutants. Puis l'ajout d'instruments traditionnels accompagne la musique déjà riche d'éléments orientaux du groupe, louchant parfois vers des sons plus groove. La présence incroyable du frontman Amine rend particulièrement attachant le groupe, et soudain le Ninkasi chaloupe en cadence sur les rythmes très méditerranéens de Gibraltar.
Il y a beaucoup d'élégance et de puissance maîtrisée chez ACYL, mais aussi une bienveillance qui fait dire au leader qu'en cette époque perturbée « il faut se réunir autour de ce qui nous unit : la musique ». Du coup le set passe un peu trop vite, et les musiciens quittent la scène, chaleureusement applaudis, pour laisser le place aux très attendus TAMBOURS DU BRONX.

 

Les Tambours du Bronx

On ne présente plus les TAMBOURS DU BRONX qui écument les scènes du monde entier depuis maintenant 30 ans ! La formation a connu des changements, les anciens sont partis, des jeunes sont arrivés, mais l'état d'esprit n'a pas changé. Tout le monde a dans la tête le show de JOHNNY HALLYDAY en 2000, et surtout l'incroyable concert de Rio en 2013 avec le groupe SEPULTURA, certainement le déclencheur de l'évolution future du groupe. Car c'est sur scène que mailloches et bidons résonnent le mieux. Weapons of Mass Percussion est leur dernier projet, résolument metal. Un album éponyme, mais aussi un clip, Mirage Eternel, sortis récemment, donnent une idée de la puissance de ce projet. Projet auquel participent désormais Franky Costanza (BLAZING WAR MACHINE, ex-DAGOBA) à la batterie, Arco Trauma (SONIC AREA, CHRYSALIDE) au clavier, ainsi que Stef Buriez (LOUDBLAST), Reuno Wangermez (LOFOFORA) et Renato di Falco (FLAYED), récemment intégré, qui se partagent les vocals. Deux membres des TAMBOURS sont quant à eux passés à la guitare.

Les bidons sont sur scène, place aux « armes de percussion massive » ! Le Ninkasi est au taquet, il n'y a plus un centimètre carré de libre devant la scène, et le balcon affiche lui aussi complet. Chacun se positionne derrière son bidon ou derrière son instrument, les lights explosent de mille feux, et lorsque Renato di Falco bondit à son tour sur scène, le public se déchaîne ! C'est d'ailleurs seul que ce dernier assurera l'intégralité du set, Stef Buriez ayant été retenu de son côté. Sacré challenge, car les titres sont travaillés pour deux voix au registre différent. Pourtant l'énergie déployée par le petit dernier, lyonnais de surcroît, va galvaniser le public et les musiciens. Le show commence fort avec Mirage Eternel (si les titres ont été modifiés, reste la force des compos et de l'interprétation). On reste scotchés par la puissance des mailloches qui frappent sans relâche les bidons vite déformés par les coups.
Never Dead, efficace et effréné, va ensuite mettre le feu dans le public. Pourtant certains spectateurs n'étaient visiblement pas prêts pour un tel déluge de décibels, comme le montre un rapide sondage effectué par le frontman du soir auprès du public. Pas de temps mort entre les titres, les musiciens sont concentrés sous l'effort. Il faut bien la puissance de Franky Costanza qui se bat comme un beau diable derrière ses fûts pour imposer son jeu. Il y a de la violence, un côté primitif et instinctif dans les frappes qui fait que le public est comme hypnotisé par le ballet des mailloches qui s'élèvent et retombent sans interruption. L'ajout des guitares et de la batterie donne une sacrée claque au registre des TAMBOURS DU BRONX, et on imagine bien que coller des textes sur ces monstres instrumentaux a du être un vrai défi, même pour les vieux briscards du metal que sont Stef Buriez et Reuno Wangermez. Mais le résultat est là, énorme, explosif, authentique, à l'image du groupe depuis ses débuts. Acid train, ancien titre du groupe, montre d'ailleurs un tout autre visage, alors que sur Jour de Colère on sent la patte de Reuno. Les visages se creusent, les mailloches partent en morceaux, mais l'énergie est toujours là. C'est une véritable performance physique à laquelle se livre le groupe, entraînant avec lui le public lyonnais qui frappe des mains et accompagne de la voix Renato di Falco.
Les musiciens laissent libre cours à leur folie sur Le Mal et Le Festin, deux morceaux qui mettent à rude épreuve les oreilles du public, et l'onde de choc produite par les bidons se propage dans toute la salle. Mais la soirée touche à sa fin, et après la reprise à la sauce Tambours du Requiem Pour Un Con de Serge Gainsbourg, le groupe se disperse sous les applaudissements avant de revenir pour un final en apothéose avec l'arrivée de la jeune Apolline Magnet (PLASTIC AGE) qui va avec aplomb tenir tête au déferlement de coups sur The Day Is My Enemy, une reprise de THE PRODIGY. Si le titre n'avait pas déjà été pris, le spectacle aurait pu s'intituler De Bruit et de Fureur, l'intensité des percussions a de fait plongé les Lyonnais dans une autre dimension et l'on sort quelque peu sonné de la prestation.

Le show fini, les musiciens, généreux jusqu'au bout, font durer le plaisir en distribuant médiators, mailloches et baguettes dans le public resté nombreux pour les remercier. La soirée a tenu toutes ses promesses et les Lyonnais reprendront certainement une dose de Weapons of Mass Percussion, puisque le groupe reviendra le 19 décembre 2019, cette fois au Transbordeur.

Setlist:
01. Mirage éternel (Orient)
02. Nevers dead (Pneumo)
03. Delirium Demain
04. Sepultura
05. L'Un des Nôtres (aSide)
06. Noir (Acid train)
07. Pray (Sameth)
08. Jour de Colère (Dies irae)
09. Le Mal (Happy hour)
10. Tainted by (Arolium)
11. New day (Naçao)
12. Le Festin (Human Smile)
13. Devine (Halloween)
14. Not Requiem
15. The Day Is My Enemy
16. Dragula