Dès son premier EP, Kloahk s'est immédiatement imposé comme une voix singulière de la scène industrielle française avec un rock mélancolique aux échos fantomatiques et un univers fort. Spectre coincé dans une bande analogique, Kloahk envahit nos vieux écrans depuis lesquels c'est lui qui semble nous observer autant que la lumière des rayons cathodiques nous hypnotise.
Fin novembre, Kloahk jouait avant Machinalis Tarantulae à l'Atomic Cat (on vous racontait ça par ici). La configuration était inédite et minimaliste, sans batterie mais avec un piano. Quelques minutes avant de monter sur scène, Paul Prevel a pris le temps de répondre à nos questions pour nous parler de son univers et comment le faire exister mais aussi de sa démarche consistant à s'emparer de l'âme de vieilles machines pour ajouter leurs lamentations à sa musique.
Cette illustration a été réalisée en collaboration avec Julie Zyblynn de Phenixwebzine, où vous pourrez trouver une version de ce même entretien avec de petites nuances de transcription.
La photo d'illustration plus haut est signée Linton Haze.

Ce soir, il était prévu initialement que tu sois seul sur scène et nous avons appris que tu serais accompagné d'une pianiste. Peux-tu nous expliquer comment est arrivée cette idée d'ajouter des notes de piano ? Comment le choix s'est porté sur cette artiste, comment vous êtes vous rencontrés ?
C'est tout un enchaînement d’évènements ! En passant un soir à l'Atomic Cat pour rencontrer quelqu'un (avec qui il était question de collaborer musicalement), j’ai appris que Machinalis Tarantulae devait y jouer dans quelques semaines... Je me suis immédiatement dit que je ne pouvais pas laisser passer une telle occasion ! J’ai littéralement sauté sur Nash, l'orga du concert : il fallait absolument que je fasse cette date avec elles ! Une fois que ça a été validé, je me suis demandé si je ne m’étais pas un peu mis dans la mouise : l'Atomic Cat ne permet pas de jouer avec des batteurs alors que la batterie joue un rôle très important dans Kloahk. Bref, j’avais pris une décision sur un coup de tête (c’est tout moi), et j’ai dû trouver une solution.
Je suis d'abord parti sur une formule électro set en solo : sans guitare, basse ou batterie. Mais je trouvais mes essais trop vides, trop faux, peu généreux... trop fake quoi ! Malgré une utilisation de séquences pré-enregistrées durant les concerts de Kloahk, j'attache une importance capitale à ce que le public puisse également voir des musiciens qui jouent sur scène, pour que le son soit incarné par quelque chose de visuel. Priver le public de ce côté live reviendrait à lui mentir et je ne suis pas du tout à l'aise avec cette idée. D'où cette période un peu particulière où j'occupais les postes de bassiste, guitariste, chanteur, claviériste et lighteux, la totale. Mais bon je m'égare… Pour répondre à la question de l’ajout du piano, je dois d’abord répondre à celle de la rencontre.

À côté de la musique, je suis régisseur lumière. Cet été, j’ai bossé pour un théâtre au festival d'Avignon, où j’ai rencontré Mila, une super comédienne d’improvisation théâtrale. Un soir, alors que le patron du théâtre était de sortie, je me suis posé en cachette avec des collègues dans la salle de spectacle, pour jouer à la console sur le vidéoprojecteur du théâtre. On a invité Mila et elle a proposé de jouer du piano à côté de nous. Ce qui avait commencé par un simple blind test musical s’est rapidement mué en concert privé : elle a créé un fond sonore extrêmement agréable à cette soirée. Puis petit instant de panique : le directeur a débarqué vers 1h du matin. J’ai dû faire sortir Mila discrètement du théâtre, tandis que les collègues faisaient diversion. Scène de Vaudeville.
C'est en la raccompagnant qu’on a pu faire connaissance : elle m'a fait part de son amour sincère pour la musique et la scène. Quelques soirs plus tard, j’ai pu la voir jouer au piano et chanter en public lors d'une jam session : elle a littéralement retourné la salle ! Bref, pour en revenir à la situation délicate dans laquelle je m’étais mise pour l’Atomic Cat : j’ai parlé à Mila de mes expérimentations musicales et de mes difficultés à créer un truc cohérent… Et d'un coup, l'idée de la faire jouer nous est venue : on a décidé d'adapter les morceaux pour un format piano / voix / électro-set indus, alors qu'on était à trois semaines de la date !
Sur scène, tu soignes particulièrement l'aspect visuel : les membres du groupe sont maquillés en blanc fantomatique, des images sont projetées par des écrans de télévision... Les lumières accentuent cet aspect vaporeux. Tu les programmes toi-même. Est-ce important pour toi, en tant que technicien lumière, de contrôler cette partie du show ?
Quand j'étais au collège, j'étais attiré par tous les groupes qui étaient très visuels et très puissants d'un point de vue sonore, j'étais très inspiré par Slipknot par exemple. Les groupes dans lesquels j'ai pu jouer, comme Loki Lonestar, Tricksterland et désormais Shaârghot, m'ont donné envie d'avoir un projet avec un concept plus évolué. Je remercie ces gens-là, qui m'ont ouvert l'esprit sur beaucoup de choses. J'avais envie de faire un truc assez visuel.
Donc bien sûr c'est important. Quand on essaye de créer un projet immersif, c'est important d'avoir le contrôle sur tous les sens, entre guillemets. Le toucher, le goût, l'odeur, la vue et le son. Le public doit être plongé dans cet univers à 300%. C'est pour ça qu'il faut pouvoir jouer avec le lieu si on peut, choisir ses lumières et jouer avec quand on peut, avoir la main sur le son... Tout est un travail de textures et il faut faire ressentir le projet vraiment dans ses moindres détails, du moins autant que possible.
On comprend facilement dans quelle mesure les sens de l'ouïe et de la vue sont impliqués lors du show. Pour le toucher, le goût et l'odeur, ça paraît un peu moins évident, de quelle manière estimes-tu que ces trois derniers sont stimulés, du côté du public, à travers un show de Kloahk ? Envisages-tu de les impliquer davantage au cours de l'évolution du projet ?
C'est simple, je n'ai pas encore trouvé comment... Mais j'ai déjà senti l'odeur des disqueuses d'un groupe d'indus qui m'ont immédiatement fait me sentir chez moi quand j'ai pu ressentir cette odeur à d'autres de leurs concerts. Pareil pour la pyrotechnie des guitares de Bruno dans Shaârghot, le public doit forcément associer cette odeur au groupe et sentir un petit quelque chose dans la tête qui fait que "Oh !! cette odeur !! mais oui ! je suis bien ici !!".
Je suppose que ça devait être pareil avec l'encens de Ghost quand ils faisaient des salles de taille raisonnable...
On n'en parle pas tant que ça, mais il y a beaucoup d'artistes avec qui j'ai pu travailler en tant que technicien qui brûlent un bâtonnet d'encens avant l'entrée du public ! Ça peut ressembler à quelque chose proche de la superstition, mais non. C'est juste s'approprier le lieu à travers un sens supplémentaire... Je pense que cette piste ne doit pas être négligée quand on a un projet qui joue sur l'univers qu'on cherche à mettre en scène. Pitié... ne montrez pas ce que je viens de dire à des groupes de grindcore ! Pour mettre ça en place dans Kloahk, à ma façon... J'ai bien une petite idée, mais à voir... Quand j'étais plus jeune, il y avait ces machines à fumée pour la scène dans lesquelles on pouvait y verser des arômes... Je ne sais pas, je vais me pencher là dessus.
Dans tous les projets où tu as travaillés, tu as toujours soigné le maquillage. Est-ce pour offrir un show ou est-ce aussi plus facile de jouer face au public quand on est déguisé ?
Il faut vraiment avoir une sacrée confiance en soi pour montrer son vrai visage sur scène et l'afficher. Pour citer King Ju de Stupeflip : "vous êtes qui pour afficher votre vrai visage sur scène ?". Moi, je ne me vois pas afficher ma vraie tronche sur scène. Je ne suis personne pour imposer ma gueule aux gens. Je préfère imposer un rôle, un costume, un personnage plutôt que moi. Je ne suis pas légitime pour m'imposer sur une scène et montrer ma gueule. Pourquoi est-ce que des gens voudraient me voir ? C'est quoi l'intérêt ? C'est bizarre !

Au-delà de la pudeur et de la modestie, est-ce qu'il n'y a pas aussi une question de contrôler ce que tu as envie de donner aux gens ? Est-ce que, finalement, ce que tu veux leur donner, c'est toi, ou pas tant que ça ?
Non, ce n'est qu'une partie de moi. Dans la vie de tous les jours je suis très heureux et très jovial mais on a tous des petites pensées négatives, des pensées noires, et c'est bien de les extérioriser. Quoi de mieux que de l'imager à travers un autre personnage à côté pour créer une forme de catharsis ? Je comprends que certains artistes puissent avoir envie de retirer leurs masques à un moment, mais le "moi" n'a rien à dire, rien à présenter. Enfin, je ne suis pas Kloahk quand je vous parle là maintenant, mais le moi de la vie de tous les jours n'a rien à raconter. Kloahk reste un personnage que je joue.
Peux-tu nous raconter comment tu penses et prépares tes lumières ? Est-ce d'abord la couleur, la densité de la fumée... ou juste une démarche instinctive définie par les contraintes techniques ?
Pour le coup, ma réponse ne sera pas très sexy. Ma couleur préférée, c'est le cyan. C'est drôle, mais quand je fais les morceaux de Kloahk, je me dis "qu'est ce qui pourrait sonner CYAN ?". À la base, je voulais mettre en scène un projet parfaitement monochrome (le maquillage blanc participait notamment à ça). Puis j'ai voulu quelque chose de froid et de propre à Kloahk, un peu intime et isolé, avec des lumières parfois violentes et parfois douces qui se dessinent dans un brouillard épais. Je voulais qu'on voit le quatrième mur ! Pas pour que je puisse le briser, mais pour inviter le public à faire partie de cette aura lumineuse... après, bon, il y a les envies et les moyens... Alors j'essaye d'avoir le plus de contrôle possible sur la lumière d'une salle pour restituer mon envie en fonction du lieu.
Généralement, je ne tourne qu'autour des lumières froides, très proches du cyan, sauf quelques exceptions. Mais Kloahk reste un projet sombre, froid et brumeux. On peut toujours trouver un moyen de créer cette atmosphère dans une salle. Ta question est très intéressante sur l'aspect "contraintes" ! En effet, être limité n'est pas un mal, ça te dirige. Dans la série animé Evangelion, il y a ce passage un peu psychédélique qui image qu'un individu sans contraintes ne saurait même pas marcher. Avoir un plan établi de tes envies est une chose importante quand tu as de l'ambition mais s'adapter à la contrainte et en faire un support nouveau pour le rendu visuel est une autre qualité ! Parfois, la contrainte me pousse à laisser la main au technicien lumière local ! Si je ne le fais pas, ok, j'aurais ce que je veux mais pas forcément ce qu'il faut.

Étant donné que dans n'importe quelle salle tu pourras trouver un ingé son qui te fait un son acceptable, dans quelle mesure vaut-il mieux avoir son propre ingé light, si l'on doit choisir, quand on veut miser sur le visuel ?
J'ai l'impression qu'il y a vraiment un côté 50/50. J'ai l'impression que le visuel aide à rentrer plus facilement dans l'ambiance d'un concert. Alors évidemment, s'il n'y a pas de son, il n'y a pas de show... mais on rentre plus facilement avec un visuel très immersif. Ça peut paraître bête mais la lumière frappe le public autant que le son. Quand on va voir un concert, on regarde tous dans la même direction et on a envie d'être frappés par cette puissance, de se dire "waouh, c'est là que ça se passe". Jouer aussi avec la pénombre est très important. Finalement, la lumière, c'est comme de la musique. Où qu'on aille, on sait qu'il y aura du son, quoi qu'il arrive, mais la lumière ce n'est pas toujours le cas.
Pour tes deux premiers EPs, tu écrivais toi-même tes paroles. Sur VERSO 3, tu as fait appel à Sylvie Hall. Pourquoi avoir choisi de déléguer cette partie de la création ?
Parce que je suis nul en anglais et qu'il y avait plein d'erreurs dans les premiers EPs ! Je ne vais pas les citer parce qu'elles sont vraiment graves mais je les assume à 100%, après tout je reste un artiste français ! Appeler quelqu'un dont l'anglais est la langue natale me semblait plus judicieux pour porter le projet vers le haut et je lui ai bien expliqué le concept pour qu'on écrive la suite de l'histoire ensemble. Je veux proposer quelque chose de plus concret et sérieux. J'en ai marre de servir des trucs qui ne sont pas bien finis. Mon but est d'évoluer vers quelque chose de meilleur, de plus pro. Avoir une langue juste est déjà une bonne étape. Je suis de très près l'écriture des paroles. Je n'écris pas forcément les paroles mais je décris le texte entièrement, avec des mots clés et elle tourne ça de façon musicale. Ça m'arrive très souvent de faire des retours pour demander à Sylvie d'utiliser plutôt tel ou tel mot et elle tourne la phrase pour que ça sonne mieux mais avec les mots que je veux. C'est un travail d'équipe, on écrit l'histoire ensemble et je l'aiguille vers où je veux aller.
Pourquoi ne pas avoir renouvelé l'expérience du français, comme sur No One Will Miss You When You're Gone ?
À la base, cette chanson aussi devait être en anglais ! On voulait s'essayer à la langue française avec mon frère et à cette époque je prenais Kloahk un peu moins au sérieux qu'aujourd'hui donc je me suis dit qu'on pouvait s'autoriser une petite folie. J'ai essayé le français, ça m'a plu, mais je n'aime pas chanter en français sur scène. J'ai très peu d'influences musicales francophones, voire aucune, et je ne me voyais pas chanter en français. Même si j'ai un accent à couper au couteau, j'aime bien chanter en anglais. C'est encore un rôle qui me plait et me détache de la vie de tous les jours, j'aime bien cet exercice même si j'ai beaucoup de retours sur mon accent !
Tu as sorti une reprise d'Army of Me de Björk. Pourquoi avoir choisi ce morceau ? Est-ce que le personnage fantomatique d'Alaïa Philipps dans le clip pourrait revenir à l'avenir dans ton univers ?
De base, j'étais surtout intéressé par la production mais en me penchant sur les paroles d'Army of Me, je me suis dit que ce n'était pas déconnant par rapport à Kloahk et son identité qui se démultiplie par le biais des pixels, du parasite... Ça rentre dans l'univers. Ce soir on va jouer une reprise de Closer de Nine Inch Nails qui ne colle pas du tout à l'univers de Kloahk mais sinon ce n'est vraiment pas dans mes projets de faire des reprises. Il y a juste eu cet heureux accident : ce n'est pas prévu mais il faut savoir rester ouvert, ce sont des choses qui peuvent arriver. Je voulais que cette fois-ci Alaïa, qui a déjà participé à Kloahk par le passé, soit incarnée visuellement. Pour la suite, on verra.
Quelle est ta perception de la démarche de la musique industrielle ?
Je dirais prendre le son des machines, voler des sons pour se les réapproprier et porter un nouveau message avec. C'est un peu ce que fait le R'n'B quelque part ! J'ai une grosse préférence pour les sons de machines et pour moi, incarner une machine, c'était encore mieux ! Pour moi, l'indus, c'est vraiment prendre des machines qui envoient des sons de machines pour dénoncer les machines ! J'adore ! Par exemple le métro, c'est un transport que je prends tous les jours, ça coûte cher, c'est chiant, ça pue, on est serrés... mais j'aime bien utiliser ça, on en entend un arriver dans Round and Round.
D'où te vient cet intérêt pour les vieux appareils, qui peut d'ailleurs faire écho à ce détournement de sons pour les transformer en musique ?
Il y a deux choses. Déjà, j'ai connu ces appareils qui n'étaient ni fragiles ni incassables, très gros, qui chauffaient... ça avait un charme et ça a disparu du jour au lendemain. On est passés aux écrans plats, aux baladeurs... Je voulais absolument retrouver ça, j'avais besoin de retrouver cette technologie qu'on ne voit plus aujourd'hui, les sons que ça faisait. La manière dont j'ai récupéré ces appareils en faisant des vides-greniers, en rencontrant des gens, en négociant le prix... Tu fais des rencontres, les gens te parlent de cet appareil, ils ont des histoires. Par exemple, il y a un magnétophone que j'ai récupéré en banlieue parisienne qui appartenait à une vieille dame et elle m'avait dit "je ne sais pas comment ça marche mais il y a une cassette dedans et je crois que c'est mon mari qui est décédé qui l'avait eu pour la dernière fois". Je lui ai dit que si je trouvais quoi que ce soit, je lui transmettrais. Ce ne sont que des histoires comme ça. Il y a une époque ancrée dans ces appareils mais aussi un son, un toucher...
Ton personnage a quelque chose de très figé dans le temps, dans ces vieilles machines... Comment vois-tu son évolution dans le futur ? Peut-il évoluer avec la technologie ?
Kloahk est la vision anachronique d'un personnage dans une cassette vidéo abandonnée avec l'évolution de la technologie. On peut dire que c'est comme une proto-IA figée sur bande chromatique et qui cherche à s'exprimer comme étant encore en vie. Pour l'instant je suis plutôt à l'aise avec l'idée qu'il soit figé dans la cassette mais il est question que ce personnage évolue. Sur VERSO3, il a pris conscience de sa prison chromatique. L'idée, c'est qu'il parasite et finisse donc par rejoindre le monde humain mais en parasitant plutôt la nouvelle technologie... on n'est pas loin de Skynet, en fait, mais tout ça est en cours de réflexion !
Et toi, t'aimerais rejoindre le monde des humains ?
J'y suis déjà contre mon gré ! J'essaye d'y échapper à travers ce projet !
Souvent les artistes disent que faire de la musique les amènent à mieux se connaître. Est-ce qu'en travaillant sur Kloahk, tu as l'impression de mieux faire la connaissance de ce personnage que tu incarnes, ou qu'à l'inverse, c'est lui qui apprend à mieux te connaître, toi, Paul ?
C'est totalement le sujet du morceau Once Upon a Story, essayer de retrouver quelque chose de perdu en soi... Je crois qu'on ne va jamais réussir à vraiment se connaître parce qu'on grandit ensemble mais on appréhende les choses de façon totalement différente. La musique, de manière générale, pour le personnage que j'incarne et moi-même, m'a fait perdre beaucoup de patience que j'essaye de retrouver ! On a tendance à essayer de simplifier les choses avec l'age, la curiosité s'amenuise peu à peu, et je trouve que c'est une chose à combattre. La musique me rappelle tous les jours que je dois re-faire la paix avec moi-même et me rattacher à mon moi d'avant ce qui me faisait aimer faire de la musique, ce qui faisait que j'étais patient et curieux.