Chronique | Punish Yourself - Holiday In Guadalajara

Pierre Sopor 07 octobre 2013

Comme s'amuse à le répéter vx69, chanteur de PUNISH YOURSELF, les "vrais fans" (notez toute l'ironie que peuvent contenir des guillemets !) du groupe trouveront toujours que l'album Sexplosive Locomotive était leur meilleur, que le reste est raté, et partant de là nos amis fluos sont donc libres de faire absolument n'importe quoi. Tant mieux, on avait peur qu'en vieillissant ils se mettent à radoter. Ce n'est pas le cas avec Holiday In Guadalajara, album certes imparfait, parfois bancal, mais toujours aussi jouissif et contenant son lot de perles. Richesse et variété ont toujours fait partie de la musique des toulousains. C'est avec un réel plaisir qu'on laisse leurs fameuses intros et transitions nous plonger dans l'ambiance très western de l'album, que l'on retrouve des tueries comme Nation to Nation, très metal indus, ou She Buys Me Drugs et Behold The Jaguar Christ, plus électro. Barré dans un délire mexicain, avec ce que ça implique de folklore local à base de truands, jour des morts et piments, PUNISH YOURSELF assume pleinement son coté cowboy que l'on pressentait depuis un moment sur des morceaux comme la fofolle Companeros de la Santa Muerte ou Nagual Blues. Et puisque le Jour des Morts est l'occasion pour les morts de venir faire un coucou aux vivants, on a même droit à une nouvelle version de Spiders 375 Necromancers, un des meilleurs morceaux de feu 1969 WAS FINE, side-project ô combien regretté. Alors certes, il arrive que Holiday in Guadalajara ait parfois l'air un peu brouillon, en particulier les voix qui manquent parfois de punch, mais l'énergie qu'il dégage est imparable. Et le thème du groupe n'est pas là que pour faire des titres en espagnols : il transpire à chaque instant et donne un souffle et une vraie cohérence à l'album allant bien au-delà d'une simple observation du genre "ah ben oui ma bonne dame, le Jour des Morts c'est coloré et un petit peu macabre alors c'est normal que PUNISH YOURSELF ils en parlent, parce que eux aussi ils sont colorés et un petit peu macabres". Avant de bouder trop rapidement la dernière folie de PUNISH YOURSELF pour ses défauts, essayez donc de l'écouter en cuisinant quelque chose avec des poivrons frits, vous verrez, c'est magique.