Chronique | Paradise Lost - The Plague Within

Pierre Sopor 01 juin 2015

Le chanteur Nick Holmes nous avait prévenus, et on l'avait senti venir : en 2015, PARADISE LOST regarde vers le passé et ses origines doom / death. La preuve en est le retour au chant guttural pour Holmes, probablement motivé par son expérience avec le groupe BLOODBATH, apportant d'emblée à The Plague Within l'épaisseur qui faisait peut-être défaut à Tragic Idol. Les hostilités commencent ici dès No Hope In Sight, un morceau lourd, pesant, menaçant et qui annonce la couleur de ce qui suit... le noir, forcément. Ce ne sont pas les refrains plus accrocheurs de Terminal qui casseront l'ambiance, la colère contenue dans le growl tout en mesure de Holmes n'a rien de franchement rassurant. En empruntant à nouveau cet ingrédient rattaché au metal extrême, PARADISE LOST ne se contente pas de nous réchauffer de vieilles recettes. Fidèle à leur raffinement british, ils varient les sonorités (les guitares en introduction de Punishment Through Time font furieusement penser à ALICE IN CHAINS !), apportant comme d'habitude un soin tout particulier aux mélodies, comme par exemple sur An Eternity Of Lies et ses cordes en ouverture. A la rage succède la mélancolie au fur et à mesure des morceaux, l'alchimie entre chant clair et guttural frôle régulièrement la perfection tant elle semble naturelle, notamment dans la très doom Return To The Sun, qui peut faire penser par exemple aux tout premiers albums de TIAMAT. Habitué à toucher à tous les genres (passer de l'album Draconian Times au très electro pop One Second dans les années 90, il fallait oser), PARADISE LOST est aujourd'hui plus que jamais un groupe d'une incroyable richesse musicale. Et pourtant, ce virage plus dur et plus sombre sur The Plague Within est totalement assumé, le groupe ne fait aucune concession, signant des morceaux particulièrement sombres (Victim Of The Past, ou encore Flesh From Bone, le titre le plus influencé par le metal extrême de l'album), ne laissant que très peu de place à de rares éclaircies. Et quand un peu de lumière arrive à se frayer un passage parmi toutes ses ténèbres, c'est sous la forme de passages aériens tout à fait déprimants (Sacrifice The Flame). En se retournant vers ses origines, PARADISE LOST trouve paradoxalement avec The Plague Within une nouvelle jeunesse, un nouveau souffle qui leur permet de signer un album impressionnant, à la noirceur addictive.