Hellfest 2020

Chronique | Introspect - Redemption

Pierre Sopor 23 novembre 2019

Depuis un peu plus de deux ans (l'album Chicago Nights date de 2017), INTROSPECT tisse son univers dystopique en mélangeant les influences techno, industrielles et metal, le tout passé au mixeur de la darksynth et ses atours rétro bigarrés. Après avoir notamment sorti des reprises de KILLING JOKE et METALLICA, INTROSPECT est de retour avec Redemption, un deuxième album à l'artwork chatoyant signé Andrew Tremblay (qui a notamment travaillé pour MUNICIPAL WASTE).

Unmake My Love est l'introduction parfaite à un album d'INTROSPECT tant elle synthétise tout l'univers du projet : grosses basses et rythmique lancinante dont les montées apportent toujours satisfaction, le titre pourrait être la suite du morceau The Collector auquel a été greffée une mélodie déglinguée qui apporte une touche de folie et de dissonance funky à l'ambiance cyberpunk qui s'en dégage. Derrière INTROSPECT se cache, comme souvent dans la scène synthwave, un musicien issu du metal, en l’occurrence le bassiste du groupe de black metal TAN KOZH. Un bassiste, tiens, on comprend mieux le goût pour les sons graves et gras qui donnent à INTROSPECT son atmosphère si particulière.

Il se dégage en effet de Redemption un truc à la fois sexy et poisseux, une odeur de sous-sol bétonné et vaguement éclairé au néon. Les influences plus industrielles ne doivent pas y être pour rien : Breathing Strobe pourrait être un délire hallucinogène de FRONTLINE ASSEMBLY période Echogenetic, avec une basse funky en bonus. Ténèbres et sens du groove : la recette est maîtrisée et se retrouve assaisonnée d'une agressivité théâtrale (The Flayed Dancer) dont les assauts ont parfois la subtilité d'un parpaing (Come Up, Dance With Me), voire de mélancolie (No Turning Back). Soumets-Toi, sans renier ses envies de faire headbanger, mélange les gros blasts et le disco pour proposer un mélange décomplexé, fun, kitch et méchant. Seul Delirium est aussi débridée avec son rythme frénétique, ses chœurs bizarroïdes qui virent au son mécanique déshumanisé d'une tondeuse au loin, ses nappes stridentes, ses quelques notes de piano et ses lignes de basse organiques à la coolitude imparable. On tient La bande-son psychédélique parfaite pour lancer une épidémie d'AVC en EHPAD.

INTROSPECT sait tirer son épingle du jeu grâce à son ambiance cyberpunk poisseuse mais aussi un grain de folie, une créativité qui permet de mélanger gros pains, disco, techno et indus. Hell is Funky proclame la page facebook du projet et, avec Redemption, la promesse est tenue. Cyberfunk, ça se dit ?