Chronique | Dresscode - Under the Surface

Pierre Sopor 14 janvier 2026

Dresscode ne précise pas comment il faut s'habiller. Probablement parce que le trio originaire de Namur est du genre accueillant : venez comme vous êtes pour découvrir leur troisième EP, Under the Surface, et son mélange electro-rock-synthpop-indus-new-wave... Bref, tout un tas de mots qui posent surtout une humeur mélancolique et des références allant de Depeche Mode à Interpol en passant par les coups de blues les plus pop de Nine Inch Nails.

C'est d'ailleurs avec un joli chagrin que démarre Under the Surface. Le groupe précise ce que le titre de l'EP laissait supposer : nous sommes face à une introspection, une "exploration profonde sous la couche visible de l'humain". Le ton abattu de Hide Away, nous immerge immédiatement. On y apprécie le chant, chargé en émotions, cette rugosité qui enflamme les synthétiseurs, mais aussi cette densité, cette intensité. Sous la surface, on sent que les courants sont puissants et qu'il y a là quelques tempêtes prêtes à exploser. Dresscode se contient mais ne fait pas non plus dans le minimalisme snob : ça y va avec conviction quand vient le moment d'exprimer ses peines.

En flirtant avec le rock industriel sans pour autant ne jamais vraiment pleinement s'abandonner à sa dureté, Dresscode se maintient dans une élégance mordante. Très vite, les Belges nous font nous trémousser. Mélancolie, certes, introspection, très bien, mais pas sans remuer. Under the Surface n'est pas que contemplation de choses enfouies, c'est aussi un ensemble plein d'hymnes potentiels et d'énergie. Lazy et Follow Me accélèrent la cadence et nous collent en tête, n'oubliant pas en route quelques zones d'ombre qui viennent contraster avec ces refrains entêtants.

Dresscode navigue en zone grise. Ils ont trouvé la formule pour composer une musique accrocheuse et séduisante tout en lui insufflant une âme et une profondeur qui permet à l'intérêt de ne jamais faiblir. C'est quand ils oscillent entre ombre et lumière, dans un crépuscule doux-amer, qu'on les préfère. Si vous aviez prévu de danser lors de funérailles, nous vous préconisons alors Get Rid of Fears. Si vous avez besoin d'un peu de courage, alors vous trouverez probablement dans les tourments de The Flame une douceur apaisante. De la pop aussi bien fichue, avec des crocs rock aussi aiguisés, qui assume son potentiel divertissant tout en étant remplie de la personnalité de ses auteurs, un truc à la forme parfois solaire mais qui n'a pas peur de ses parts d'ombre, voilà ce qu'est Under the Surface. Venez fringués comme vous voulez, mais prévoyez de quoi remuer.

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Pierre Sopor

Rédacteur / Photographe