Chronique | Darkcell - Darkcell

Julien 26 avril 2019

L'habit ne fait pas le moine : cette expression a pris tout son sens lorsque, dans la floppée des nouveaux albums metal que me proposait mon service de streaming, j'ai vu la pochette un peu kitchounette de Darkcell en pensant "tiens, ça doit être de la musique sans saveur de gros méchants qui beuglent". Non, je n'avais jusque-là jamais entendu parler de DARKCELL, groupe de metal industriel originaire d'Australie, et oui, j'étais complètement à côté de la plaque. Enfin pas totalement ; ça beugle méchamment mais ça le fait bien ! Ce nouvel album, sorti sur le label darkTunes, a été le point de départ de ma découverte du groupe et, après en avoir dévoré la discographie, j'étais prêt à en apprécier toute la substance.

DARKCELL c'est un peu le fruit d'une orgie satanique entre ROB ZOMBIE, DOPE et WEDNESDAY 13 (essayez d'imaginez la gueule du résultat en vrai) : du metal industriel teinté de hard rock, des riffs et des percussions qui tapent fort et un chant puissant, graveleux et entraînant. Cette association et un côté freaky forment les fondations sur lesquelles le groupe a construit son identité. Pourtant, The Great Big Nothing, le premier morceau de l'album qui fait suite à l'horrifique introduction La Chambre des Cauchemars, n'a rien à voir avec les précédentes productions du groupe et prendra les fans de la première heure à contrepied, dans le bon sens du terme. Boosté par un rythme à la double pédale et appuyé par un chant presque guttural, le titre lorgne du côté du black metal et dégage une atmosphère sombre et mélancolique vâchement accrocheuse.

Sur la suite de l'album, le groupe revient à ses sonorités d'origine en servant un metal industriel qui cogne, fortement inspiré par ROB ZOMBIE que ce soit dans l'execution du chant de Jesse Dracman, dans les rythmiques et dans les ambiances spooky de films d'horreur. À ce titre, l'excellent Hail to the Freaks a tout du nouveau Dragula avec ses éléments orchestraux et son côté rentre-dedans. On citera également STATIC-X ou encore GENITORTURERS pour dessiner une carte des références qui nous viennent en tête au fur et à mesure de l'écoute de Darkcell. Et malgré ce patchwork d'influences évidentes, le groupe dispose de sa propre personnalité et propose une oeuvre complète et variée. À gauche, la lourdeur du metal industriel de Reign of the Monsters, Burn the Witches, ou encore Godless qui font la part belle aux riffs incisifs et aux beats martiaux avec une énergie et une rage incroyable. À droite, le hard rock de Sold My Soul et Carnevil (avec son saxo excellent) où le chant est plus fédérateur que jamais et dans lesquelles viennent crisser les guitares. C'est également le cas sur la plus electro Night Rider, en featuring avec Tim Skold, dont le refrain risque de vous rester en tête un bon moment. Lindsay Schoolcraft (CRADLE OF FILTH) vient quant à elle poser sa voix sur Midnite, titre plus lent, très mélodique et mélancolique qui clôture l'album de façon magistrale.

Découvrir DARKCELL via ce nouvel album éponyme (mieux vaut tard que jamais) est sûrement la meilleure surprise de ce début d'année. Nerveux, énergique, rempli de bons moments, l'album est une ode à la sauvagerie, à la noirceur et prend aux tripes avec force. C’est régressif à mort et ça suinte la crasse. Avec sa production impeccable, le dernier enfant maudit des Australiens est une pure réussite à tous les niveaux.