Chronique | Cradle Of Filth - Godspeed on The Devil's Thunder

Erick 24 octobre 2008

L'été cède la place à une rentrée musicale noire avec le retour de Cradle of Filth dont le nouvel album puise son inspiration chez Gilles De Rais, un contemporain de Jeanne d'Arc ayant combattu à ses côtés durant la guerre de cent ans. Cet inquiétant personnage menait une double vie ; adepte de magie noire, il est accusé d'avoir torturé et violé bon nombre d'enfants. L'homme a été pendu et brulé durant l'inquisition. Cet album intervient 10 ans après 'Cruelty And The Beast' déjà accès sur des crimes ancestraux avec l'histoire d'Elizabeth Béthory. Voici ce qui vous attend le 28 octobre prochain. L'album ouvre sur une piste orchestrale : atmosphère lourde, tambours oppressants, aboutissant sur un commentaire introductif à la manière de 'Tortured Soul Asylum' de l'album Midian. La plupart des morceaux sont introduits comme tel et c'est l'acteur Tony Todd (Candyman) qui prête sa voix pour le coup. 'Shat Out Of Hell' est un morceau particulièrement extrême et énervé sans être passionnant. 'The Death Of Love' relève facilement le niveau avec un duo entre une choriste et Dani ; contenant quelques descentes de gammes de guitare véloces, un peu à la manière de la reprise d'Iron Maiden 'Hallowed By The Name'. Ce morceau contient des sonorités jamais entendues pour Cradle où viennent s'ajouter quelques sons de Xylophone, ou proche. Les surprises continuent avec 'The 13th Caesar', morceau énergique et mélodieux, refrain entrainant où des chœurs scandent le '13th Caesar' ; un des piliers de l'album. 'Tiffauges' sert d'interlude instrumentale avant de faire place ? 'Tragic Kingdom' qui n'a rien de vraiment transcendant ; on notera néanmoins la présence d'un des rares solos d'environ 30 secondes. Mêmes appréciations pour 'Sweetest Maleficia'. 'Honey and Sulphur' est un morceau assez proche de l'opus 'Damnation' ; entre Heavy et Black, mêlé de chœurs parl&s donnant un petit côté martial, mais un peu trop timide. 'Midnight Shadows' et 'Darkness Incarnate' sont deux morceaux excellents qui regagnent en profondeur avec la mise en avant des claviers. Le premier semble tout droit sorti du premier album 'Principle'. Le second fait intervenir pour la premi?re fois la voix d'un enfant, Luna, la fille de Dani Filth. Celle-ci effectuera vers le milieu un rire de joie glaçant compte-tenu de la muse de l'album. La fin nous privera d'autres joies, 'Ten leagues' peut même être qualifiée de chiante avant laisser se refermer l'album sur une révérence atmosphérique digne de ce nom. Beaucoup plus symphonique que l'album 'Cruelty and The Beast', cet album revient tout de même à des ambiances très sombres, avec de belles surprises malgré quelques morceaux assez monotones.