Chronique | Chemical Sweet Kid - Fear Never Dies

Julien 18 novembre 2019

Il faut croire qu'on est un peu visionnaires chez VRDA : sur la chronique d'Addicted to Addiction sorti en 2017, on vous donnait rendez-vous deux ans plus tard pour la sortie du futur nouvel album de CHEMICAL SWEET KID. Et devinez quoi ? Deux ans (et quelques mois) plus tard, le nouvel opus est effectivement bien là. Point de magie derrière tout ça, c'est devenu le rythme de croisière du groupe lorrain dont le line-up a changé depuis la dernière fois, Compte Nefaria remplaçant Kora Li au clavier.

Baptisé Fear Never Dies, ce cinquième album studio sorti sur le label darkTunes prend donc le relais d'un Addicted to Addiction qui avait su nous convaincre et avait fait prendre une nouvelle dimension au groupe. En est-il de même cette fois-ci ?

Sitôt passée l’inquiétante introduction Shall We Begin sur fond de comptine macabre, le morceau Lost Paradise vient nous taper dans le lard : refrain accrocheur et ambiance metal industriel crasseuse sont appuyés par les lourds riffs de guitare signé Marcus Engel (RABIA SORDA) et constituent une excellente entrée en matière. On reste dans la même veine avec Never Again et son atmosphère pesante où les percussions donnent à l'ensemble un rythme entraînant et filent la bougeotte. Julien Kidam, qui est à l'origine du projet, nous partage ses plus sombres cauchemars au travers de compositions noires et menaçantes avec toujours une pointe d'agressivité et d'amertume.

La recette de CHEMICAL SWEET KID n'a guère changé depuis Addicted to Addiction et est l'évolution logique d'un trio qui s'est trouvé des bases solides: l'agressivité et l'épaisseur apportée par les guitares est toujours aussi bienvenue et chaque titre est un hit en puissance (Dance with the Shadows et sa frénésie communicative, par exemple, ou Under the Spell et la noirceur de ses refrains).

On mentionnait RABIA SORDA plus haut, la comparaison est facile : rythmiques rentre-dedans, ambiance de fin du monde et paroles crachées au visage par le chant nasillard et rageur de Julien Kidam, Fear Never Dies est un concentré d'énergie dont l'intensité ne faiblit pas. La cadence ralentit parfois, comme le temps de la théâtrale et très lourde The Fire Within, aux vociférations haineuses viscérales bien méchantes, ou lors de sa dernière partie avec la transition Sick of You All de nouveau aux allures de comptine, Forgiven et ses percussions métalliques post-apo du meilleur effet ou la pessimiste To the Grave servant de conclusion.

Si tous les morceaux font leur petit effet, Fear Never Dies gagnerait peut-être cependant à être plus court. La décharge en serait peut-être plus forte car même si le rythme ralentit pour nous laisser souffler, une telle agressivité finit forcément par avoir raison de nos forces. On souhaite d'ailleurs à Julien Kidam d'avoir un bon stock de pastilles pour la gorge tant il semble tout donner sur chaque mot. Néanmoins, CHEMICAL SWEET KID, comme beaucoup de groupes faisant le pari d'une efficacité de tous les instants, reste un groupe dont l'énergie s'apprécie sur scène où l'on en découvre réellement la puissance. Si le trio a de nombreuses dates outre-Rhin, on espère avoir la chance en live d'apprécier le résultat très bientôt !