Chronique | Black Light Burns - Cruel Melody

Pierre Sopor 05 juin 2007

Wes Borland, guitariste de Limp Bizkit a du se rendre compte un jour qu'il était le musicien le plus talentueux de son groupe, et que faire bande à part ne serait pas une mauvaise idée. Après avoir quitté la troupe de Fred Durst en 2001, ses divers travaux l'ont mené à créer Black Light Burns, projet à mi-chemin entre un rock très énergique et le metal industriel, gardant quelques accents neo-metal de temps à autres. Pour ce premier album, Borland s'est entouré de musiciens reconnus : Josh Freese et Danny Lohner (deux ex-A Perfect Circle et Nine Inch Nails) et Josh Eustis (Telefon Tel Aviv). Et dès les premières notes de 'Mesopotamia', il est clair que ce cumul de talents porte ses fruits. Entrainant d'entrée, 'Cruel Melody' ne trompe pas son auditoire : le son est accessible, on reconnait le jeu à la guitare de Borland, dont le chant est plus plaisant qu'inhabituel. Et après 'Mesopotamia' et 'Animal', toutes deux assez pop, 'Lie' apporte un son plus dur et hargneux, plus proche à la fois du neo-metal et de l'indus. Un single d'une efficacité indiscutable. Et c'est d'ailleurs l'efficacité qui caractérise le mieux ce premier essai : chaque titre retient l'attention, les mélodies simples se retiennent aussi facilement que les refrains. Avec la chanson 'Cruel Melody', le groupe joue la carte du calme et de l'ambiance planante et mystérieuse. Mais la plupart des titres sont plus directs, nerveux, sans concessions, comme sur 'The Mark' ou l'impressionnante 'Stop A Bullet'. La conclusion sur 'Iodine Sky', longue piste instrumentale étrange aux notes de piano quasi-angoissantes montre néanmoins ce que ce "super-groupe" sait faire en matière d'atmosphères.'Cruel Melody' est un album composé de morceau ni particulièrement longs, ni expérimentaux, mais de morceaux rentre-dedans et accrocheurs, pour un résultat plaisant. Le groupe se réclame autant de The Cure que de Tool ou encore Limp Bizkit ou Christian Death, et de cette floppée d'influences nait un son finalement plus profond qu'il n'y aurait paru à première écoute.