Chronique | 32Crash - Humanity

Pierre Sopor 08 juin 2007

Au départ, il y eu The Creature, peut-être le meilleur titre du dernier album d'IMPLANT, sur lequel Jean-Luc De Meyer avait posé sa voix atypique. Et comme le résultat a enthousiasmé tout le monde, JLDM, Len Lemeire et Jan D'Hooghe ont décidé de continuer l'aventure ensemble. Et c'est donc quelques mois après la création du projet que sort leur premier disque, Humanity, un EP composé de 6 titres, dont quatre ont été remixés pour compléter cette parution. Pour ce qui est des remixes, on retrouve d'ailleurs FRONT 242, via Patrick Codenys, mais aussi Sebastian Komor, ainsi que Dany Rodriguez (DIGITAL COALITION). Humanity s'ouvre sur un titre éponyme, ballade pop et futuriste, refrain en apothéose. Un titre calme, mais qui plante néanmoins l'ambiance électronique et futuriste, presque extra-terrestre, de ce disque. Dès Merlin's Gun, les compos se font plus accrocheuses, les basses sont plus appuyées. La voix de JLDM, décidément particulière, fait son effet. Vient ensuite Lone Ranger, peut être le meilleur titre du disque, sur lequel on reconnait vraiment le style de Implant, une sorte d'electro frôlant parfois la comparaison avec DAFT PUNK, mais en plus oppressant. Sentiment renforcé par le chant de JLDM, à la fois menaçant et implorant. Isomodia, autre excellente chanson, est plus rapide et donc aussi plus entraînante. Les différentes voix continuent de se marier parfaitement, le refrain évoquant certains classiques rock, du genre de ceux qu'on a tous entendus en voiture étant gosses, mais cette fois-ci, c'est sur fond d'electro. Après les remix, on retrouve deux autres nouvelles chansons. Fibers, Carbon and Germs, frénétique, bruyante, agressive, et au son d'usine est la seule piste instrumentale de l'album. ioR eL se présente plus comme un délire étrange, en raison de la rapidité du chant, mais surtout du fait qu'il est à l'envers, ce qui le rend incompréhensible. Ce qui est particulièrement intéressant, c'est que le titre est en fait Le Roi (passé à l'envers, donc), certainement en référence au poème de Baudelaire repris par MODERN CUBISM, autre projet de Jean-Luc de Meyer, proposant le recueil Les Fleurs du Mal chanté sur fond electro. Les connaisseurs apprécieront le clin d'oeil. Pour ce qui est des remixes, c'est celui de Lone Ranger par Sebastian Komor qui s'en tire le mieux, donnant à la chanson une nouvelle dimension et contribuant surement à nous la faire préférer aux autres de ce très bon EP. Celui d'Isomodia proposant une version particulièrement différente de l'originale, et donc forcément intéressante. Pour conclure, 32CRASH confirme les espoirs que nous placions dans ce projet. Les compos futuristes et le chant dominé surtout par la voix de de Meyer sont plaisants à entendre, et finalement, se démarquent beaucoup du groove qu'on trouvait sur The Creature, la chanson à l'origine du projet, en jouant sur des ambiances plus sombres et pessimistes.