P.M.T : La poule mutante topless nous dévoile son parfum de PQ préféré

Interview | P.M.T : La poule mutante topless nous dévoile son parfum de PQ préféré

Erick 06 juin 2007 Erick

C'est sur la terrasse du Novotel, en face de la file d'attente des nombreux fans de Marilyn Manson réunis à Paris Bercy que m'accueillent les PMT. Frank François, chanteur du groupe et Ray, le bassiste, répondent à nos questions histoire de vous faire découvrir ce groupe.

Vous avez dû démarrer cette tournée assez rapidement, comment cela s'est-il passé ?
Frank François : On a appris seulement 3/4 jours avant Toulon qu'on allait ouvrir pour Marilyn Manson. Il a fallu s'organiser un peu dans la précipitation. A Toulon, on s'est fait voler basse, guitare et effets personnels dans le bus. On mangeait, on s'est arrêtés une heure, et puis on est revenus dans notre van et on a retrouvé les sacs ouverts, tous renversés, ça fait bizarre ! Les gens ont l'habitude de voir le coté un peu magique de la tournée, nous de notre côté on a notre van, à chaque fois qu'on s'arrête on a les sacs qui nous tombent sur la tête. Ça ne ressemble pas aux cars de Marilyn Manson (rires). Puis savoir comment on va être accueillis par les fans de Manson, ça met encore une tension supplémentaire. En même temps, ça nous a aussi foutu la rage à Toulon, il faut aussi savoir canaliser cette énergie négative sur scène.

Quels rapports entretenez-vous avec Manson ?
Ray : On le croise deux fois par jour, de loin, une fois au soundcheck et une autre au concert !
Frank François : Avec les musiciens c'est plus cool. Lui, il est toujours entouré de son garde du corps, il sort jamais de son bus, il y a sa copine qui participe sur la tournée, donc forcément il passe moins de temps avec les gens. Mais c'est comme ça sur toutes les grosses tournées de toute façon, avec Korn et Soulfly notamment. Les mecs savent pas qui tu es, ça prend 4/5 dates avant qu'ils commencent à te saluer. En général, c'est vers la fin ! Mais, maintenant ça va. Hier, Manson m'a salué de la main et ça provoque un peu l'effet d'un pape te saluant (rires).

Vous pensez que le groupe est content de votre travail ?
Frank François : Bah écoute, au départ on devait faire que 3 dates avec eux, en général c'est un peu leur politique. La première partie fait trois dates et ensuite ils changent mais là, ils nous ont proposé d'en faire deux de plus, donc je crois qu'ils sont assez contents. En tout cas le public nous a assez bien accueillis jusque là. Notre mission, c'est de chauffer les gens de telle façon que lorsqu'il arrive sur scène, il y ait une excitation et je crois qu'on le fait ! A Toulon c'était vraiment un bon concert, le public était génial.
Ray : On s'est pas fait encore virés de la scène donc c'est déjà pas mal ! On verra bien ce soir.

Justement, jusqu'à maintenant, le public parisien de Manson a plutôt mis des coups de pied et jets de papier toilette aux premières parties.
Frank François : J'appréhende chaque soir. Pour le moment, ça s'est toujours bien passé. Maintenant, on s'y attend, c'est clair que le public parisien est spécialement blasé, il a une offre qui est énorme donc il est plus exigeant, on espère pouvoir faire le nécessaire. En même temps, on n'aa pas trop le temps d'y penser, on arrive à 18 heures pour les balances à l'arrache, on a déjà d'autres soucis avant de monter sur scène et c'est vraiment au dernier moment face au public qu'on doit réagir instantanément à son accueil.

Parlez-moi de concerts qui vous ont vraiment marqués.
Ray : A Toulon, la première fois avec Korn puis la deuxième fois c'était Brixton Academy à Londres. J'en garde de très bons souvenirs.
Frank François : Quand je voyais cette salle, je me disais toujours que ça devait être une salle magnifique à jouer, et on a eu la chance de la faire. C'est pas une salle où y a 15 000 personnes mais c'est une sorte de théâtre antique à l'intérieur. Une de ces salles comme ça dans le monde ou tu te dis : "j'aimerais bien poser mes pieds dessus une fois". Mais le pire, c'est que lorsque tu la fais, t'as tellement de tension qu'après t'as un souvenir très flou, une sorte de rêve, t'as pas l'impression que c'est toi qui y étais ; t'en profites pas autant que tu le voudrais.

Que prévoyez-vous niveau décors scèniques ?
Ray : Décors scéniques, on a eu droit de mettre "la bâche" (rires) !

Pouvez-vous nous rappeler à tous le sens de PMT ? On en voit beaucoup d'interprétations sur le web.
Frank François : La théorie officielle, c'est une idée qui m'était venue à Londres. En fait, c'est un terme médical anglais qui signifie Pre-Menstrual Tensions ! Je trouvais ça assez marrant pour un groupe de 6 mecs d'appeler son groupe comme ça. Mais ce qui est intéressant avec ce nom, c'est surtout qu'il peut prendre beaucoup de sens et qu'il n'est pas figé par rapport à notre évolution, c'est sûr que quand t'as 17 ans tu penses pas de la même manière. Suivant tes humeurs tu trouves ce que t'as envie de dire. Du coup ça peut vouloir dire Poule Mutante Topless. On avait des gens sur notre site internet qui nous envoyaient des listes entières de traductions, on aimait bien Petite Musique Tranquille aussi pendant un moment.

Faites nous un peu découvrir l'évolution de vos albums.
Frank François : Eh bien, notre premier album 'Soundwich Boom' est une grosse maquette, c'est histoire de trier les influences, trier tout ce que tu fais. Tu poses tout, et après tu commences à voir la façon dont t'as envie de sonner. Notre deuxième album 'Acupuncture for the Soul' a marqué nos débuts avec un producteur américain qui est venu en Suisse enregistrer chez nous, ça nous a justement permis de tourner avec des gros groupes américains. Notre dernier album 'Topping From Below' est pour moi la première fois qu'on est complètement satisfaits. On l'a fait mixer par Jay Baumgardner, un mec qui a fait aussi Evanescence entre autres. Forcément quand t'envoies ta démo à des mecs, en général il te rit au nez avec ton budget. On sait qu'il le fait pas pour le fric, il récupère l'argent sur d'autres affaires, il y a ce côté un petit peu robin des bois qui nous plaît beaucoup.

J'espère que le public de Paris va vous apprécier !
Frank François : Et s'il vous plaît les rouleaux de papier toilette, il faudrait des triples couches et parfumées camomille au moins qu'on puisse les utiliser dans le bus ! Et n'hésitez pas, si vous voulez nous laisser un petit message sur le Myspace aussi.

Interview réalisée le 06 juin 2007 par Erick