Welle: Erdball @ Kulttempel - Oberhausen (28 avril 2017)

Live Report | Welle: Erdball @ Kulttempel - Oberhausen (28 avril 2017)

Cécile Hautefeuille 02 mai 2017 Cécile Hautefeuille Cécile Hautefeuille

Depuis bientôt six mois, WELLE: ERDBALL a prévu une tournée allemande de treize dates pour promouvoir son nouvel album à l'époque encore à venir Gaudeamus Igitur. L'opus est en effet sorti ce 28 avril, soit deux jours après la première date de la tournée à Oberhausen, où nous étions. WELLE: ERDBALL reste depuis plus de 25 ans toujours aussi prolifique et possède tellement de tubes qu'il n'a presque pas besoin de nouvel album pour remplir les salles. En l'occurrence, ici au Kulttempel d'Oberhausen, rares sont les fois où le balcon est ouvert au public. Avant l'ouverture des portes à 20h, une queue interminable s'étend jusqu'à la rue suivante. La salle est pleine à craquer. Même pour PROJECT PITCHFORK quelques semaines auparavant, le balcon était resté fermé. Le public est donc au rendez-vous pour applaudir les rois du Chiptune.

The Sexorcist

Mais la question que l'on pouvait se poser, c'est comment ce dernier allait réagir à la première partie, incarnée sur toute la tournée par les "jeunes" THE SEXORCIST. Représenté par Chris L. et Gunnar Kreuz, THE SEXORCIST n'emprunte rien de la pop sucrée de WELLE: ERDBALL. Or, le public du Kulttempel est ce soir majoritairement composé de familles avec enfants et de jolis pin-ups à la mise en pli bien soignée. Le groupe propose lui un EBM lourd, plutôt minimal, satyrique et virulent. Le tout agrémenté d'un décor quand même moins classe que les Vespas de WELLE: ERDBALL : une poupée gonflable.

Eh bien mauvaise langue serions-nous si nous vous disions que le public n'a pas pris son pied. En fait, certains étaient même venus pour THE SEXORCIST, car la réputation du groupe les précède. Le seul nom de Chris L. vend des tickets comme des petits pains. Sur place, les premiers rangs remuent les bras en l'air et connaissent les titres sur le bout des doigts. Certains ne sont là que pour eux, mais il y a parmi le public des fans et de THE SEXORCIST, et de WELLE: ERDBALL. Si, ils existent.

La première date d'une tournée est, on le sait tous, plutôt un tour de chauffe, une répétition, et peu se sont qui arrivent à se détendre complètement lors d'un premier passage. C'est ce qui se passe ce soir-là. Un peu de stress et d'anxiété de la part du groupe, mais un accueil très chaleureux du public, et ce malgré le stroboscope continu tout au long du concert qui nous a tous aveuglés, jusqu'à devoir pour certains passer le reste du concert la main devant les yeux (c'est quand même moins pratique, pour voir...). Après trois quarts d'heure de set, le groupe quitte la scène et invite le public à applaudir la venue de WELLE: ERDBALL.

Setlist :
01. Klugscheisserman
02. Barbara
03. Brandenburg
04. Vegan
05. Tokio
06. Lieb Ficken
07. Arschlochsong
08. Anti-Alkoholsong
09. Klangkörper
10. Erotik
11. Hate anthem
12. Skandal im Sperrbezirk (Spider Murphy Gang cover)

Welle: Erdball

Il est déjà 22h lorsque WELLE: ERDBALL monte sur scène. Une scène chargée en décor. Évidemment, lorsqu'on nomme sa tournée VESPA 50N SPECIAL du nom du titre d'ouverture du nouvel album, il faut relever le défi... Honey a donc prêté deux de ses trois Vespa de sa collection personnelle pour la tournée et le show débute avec les deux chanteuses trônant chacune sur l'un des bolides placé de chaque côté de la scène.

Première digression, les deux figures féminines du groupe sont dorénavant à 100% renouvelées. On connaît depuis 2013 la blonde Lady Lila, c'est maintenant au tour de la brune M.A Peel de faire son entrée. Frl. Venus, membre du groupe depuis 2003, a récemment donné naissance à son premier enfant dont elle s'occupe à présent à temps complet. Mais elle n'est pas la seule qui manque à l'appel. A.L.F lui-même n'est pas présent ce soir-là, et ne le sera pas pour cett tournée. Attristé, Honey s'explique : "Le père de A.L.F est malheureusement très souffrant et A.L.F a pris la décision de rester à son chevet. Il ne pourra donc pas faire partie de cette tournée", avant d'ajouter, avec plus d'humour : "Comme vous le constatez, on est super bien préparés pour cette tournée". Il est remplacé par l'acolyte Andy Berberich, petite main du groupe, fidèle à son poste depuis plus d'une décennie.

Car WELLE: ERDBALL ne fait jamais les choses à moitié. Cette tournée, c'est 3h de show, un entracte de 10 minutes, un rappel presque aussi long que le concert lui-même, et beaucoup, beaucoup, beaucoup de sueur et de stress. Le groupe a décidé de séparer le show en deux parties. La première est presque entièrement dédiée au nouvel album. C'est une partie découverte pour le public puisque l'album n'est au 26 avril pas encore sorti. Mais le public ne reste pour autant pas calme. On pousse les femmes et les enfants sur les côtés, car la fosse devient très rapidement un champ de bataille sans limite. Des pogos sans fin, sur des mélodies écrites à la Nintendo 64, c'est une expérience particulièrement troublante à vivre. Une étude sociologique serait bien de mise, mais il faut déjà s'occuper de résister aux vagues de fans enragés, la quarantaine, bourrus, qui chantent à tue-tête et scandent tout du long "Lila, Lila!". L'ambiance au milieu de la salle j'est finalement pas si bon enfant...

Sur scène en revanche, tout est calme et réglé comme du papier à musique. C'est typique de WELLE: ERDBALL, me direz-vous. À chaque chanson son univers, son décor, sa mise en scène. Vespa 50N Special, Gaudeamus Igitur, 20.000 Meilen unter dem Meer, L'inconnue de la Seine... tout le nouvel album y passe et se trouve plutôt très bien accueilli.

Après plus d'une heure de concert, le groupe rejoint brièvement les coulisses pour en petit entracte. Censée donner quelques minutes de repos au quatuor, cette pause donne en fait du fil à retorde au groupe, qui passe son temps à monter et descendre de scène pour changer d'accessoires. Et pas des petits... faites prendre les escaliers à deux Vespa à l'arrêt après avoir chanté une heure, vous verrez. D'autant plus que le virage est serré pour les faire rentrer par la porte des coulisses et il faut s'y reprendre à plusieurs fois. Honey ressort avec son bidon de ferraille et refait le chemin en sens inverse, à présent complètement essouflé. Les filles, elles, troquent leur robe de pin-up pour un costume d'hôtesse pour la seconde partie.

Et nous voilà repartis pour plus d'une heure de vieux tubes que tout le monde fredonne : 1000 Engel, Hoch die Fahnen, Startfighter f104G, Die Liebe der 3. Art, Wir wollen keine Menschen sein, 23 (C=64), Schweben, fliegen, fallen... elles sont toutes là. À minuit et demi passé, le public est encore debout. Plus très frais, mais encore debout. Le rappel se termine triomphalement sur Feuerwerk et nous voilà arrivés à 1h du matin. Le groupe est rincé, mais réconforté par les applaudissements sans fin du public qui en redemande toujours plus malgré les 3h de concert. La question reste : peuvent-ils tenir 13 dates à cette allure infernale ? La performance est surhumaine !