Hellfest 2020
Klone + Dew @ Ninkasi Kafé - Lyon (19 avril 2017)

Live Report | Klone + Dew @ Ninkasi Kafé - Lyon (19 avril 2017)

Manon Nadolny 23 avril 2017 Laurence Prudhomme Manon Nadolny

Dew

Un petit vent glacial venu du Nord souffle sur Lyon en ce début de vacances de Pâques, il fait un peu frais pour rester sur la terrasse du Ninkasi. Cà tombe plutôt bien, car à l'intérieur, et plus précisément au Ninkasi Kafé, l'ambiance s'annonce chaleureuse en ce mercredi soir. Un concert acoustique ? Un groupe de metal ? Pourquoi pas les deux ensemble ? Cà c'est un rendez-vous peu banal ! Et pourtant il aurait été dommage de rater la magnifique prestation acoustique du groupe KLONE, plus habitué aux grandes scènes metal qu'à l'intimité des petites salles.

C'est à la formation pop-jazzy DEW, composée de Clarisse au chant entourée par quatre musiciens qu'est revenue la difficile tâche de faire patienter la salle. Dans une ambiance feutrée et mélancolique, les cinq complices ont distillé une musique parfaite pour un début de soirée. Un brin de pop-folk, et un très joli grain de voix qui sait se mouvoir habilement pour distiller à la fois rythme et émotion.

Klone

Sur une scène dépouillée avec trois tabourets et une batterie minimaliste, comment imaginer que le groupe qui va se présenter est un groupe de metal prog ? Avec 7 précédents albums à leur actif, le groupe créé en 2000 n'a pas cessé de se renouveler pour finir par proposer un album et une tournée acoustique. En ouverture de grands groupes comme GOJIRA ou ORPHANED LAND au Hellfest, KLONE est monté en puissance depuis 2007, avec des albums salués par la critique comme le très abouti The Dreamer's Hideaway paru en 2012 et Here Comes The Sun en 2014 qui assumait déjà un virage mélodique.

Sur les routes de France depuis le mois de janvier, les Poitevins enchaînent les dates pour présenter ce nouvel album sobrement intitulé Unplugged. Pour l'occasion, seuls Yann Ligner (chant), Guillaume Bernard et Aldrick Guadagnino aux guitares sont présents. L'accordéoniste qui les accompagnait lors des autres dates de la tournée a laissé sa place au jeune Karim à la batterie pour qui Lyon est le baptême du feu.

Jeans et chemises noires, les quatre comparses s'installent tranquillement, complices et visiblement heureux de voir les yeux brillants d'impatience du public. Dès le premier titre la voix magique de Yann sort tout le monde de sa zone de confort. A la fois puissante et écorchée, elle fait merveille sur les accords de guitares. La quintessence des mélodies est réduite au minimum et on en mesure toute l'intensité. La présence de la batterie donne plus de force aux titres et permet à la puissance du chant de s'exprimer sans risque de trop en faire. Du coup on retrouve plus aisément le charme du précédent album d'où sont extraits la plupart des titres du set. On a parfois l'impression que Yann va se lever, se saisir du micro et se lâcher tant la maîtrise dont il fait preuve est mise à rude épreuve. Chaque intonation est chargée d'émotion, presque de mélancolie contenue. Le concert défile à la vitesse de l'éclair. Les deux reprises, People Are People et Summertime sont parfaitement intégrées dans le set. Mention spéciale à Summertime qui nous emmène loin dans l'Amerique de Gershwin et Ella Fitzerald avec la voix qui se fait rauque et prend les accents traînants du Sud profond. Le public retient son souffle, certains regards se troublent. Pas de fioritures, pas d'artifices, le talent à l'état brut.

La voix est un instrument à elle seule, tellement riche en nuances et en intensité. On comprend pourquoi cette tournée est un véritable succès et elle donnera envie d'aller écouter (ou réécouter) les anciens albums. Pari réussi pour KLONE qui a suivi ses envies et assumé la suite naturelle de son évolution.