Gojira + Nostromo @ Le Transbordeur - Lyon (30 janvier 2017)

Live Report | Gojira + Nostromo @ Le Transbordeur - Lyon (30 janvier 2017)

Manon Nadolny 03 février 2017 Laurence Prudhomme Manon Nadolny

Un Transbordeur plein à craquer attendait lundi soir LE groupe de metal français GOJIRA. Avant-dernière date sold out de leur Magma Tour français, cette soirée promettait d'être chaude et agitée.

Nostromo

C'était donc une lourde responsabilité pour les Genevois de NOSTROMO d'ouvrir les hostilités devant un public tout acquis à leurs idoles. Formé en 1996, ce groupe de metal extrême s'est séparé en 2005 après une carrière marqué par quelques albums dont Ecce Lex sorti en 2002, véritable référence grindcore. Reformé récemment, le quatuor assure la première partie de la tournée de GOJIRA, deux groupes qui se connaissent bien. Pas d'échauffement pour les oreilles ce soir, les décibels sont à fond dès les premiers accords ! Leur signature est toujours la même: un gros son qui fait trembler les murs et des accords ultra violents mais parfaitement maîtrisés. Un set court et intense, avec le bonheur évident de remonter sur scène jouer les anciens titres.

Gojira

En 20 ans de carrière, GOJIRA a sorti seulement 6 albums studio, mais le groupe a parcouru les scènes du monde entier. D'abord en première partie d'immenses groupes comme METALLICA ou encore SLAYER, dans des festivals tels que le Hellfest ou le Wacken, puis en tournée sur leur seul nom en Amérique et en Europe. Leur dernier opus Magma, sorti en 2016, a été encensé par la critique. Cet album marque également une rupture avec les précédents ; le côté dur ayant été atténué au profit d'une atmosphère plus mystique.

Qu'on se rassure, les Lyonnais ont pu slamer et headbanger tout au long du concert que GOJIRA donnait lundi dernier dans un Transbordeur chauffé à blanc. L'intro sur Only Pain a tout de suite plongé le public dans l'univers particulier du plus grand groupe de metal français, à la signature si caractéristique. Le son GOJIRA se reconnaît à la première écoute. Non pas en raison de la voix du chanteur Joe Duplantier, moins « hurlé » sur le dernier album, mais surtout par la précision et la technicité extrême de l'exécution musicale. Ce qui, contrairement à ce que l'on pourrait craindre, n'enlève ni force ni émotion aux morceaux. Dès le début du set, la puissance mélodique de Silvera fait mouche. C'est un morceau fait pour le live, avec ses envolées de guitare qui entraînent très haut le public pour mieux l'écraser sous la force de la batterie. Toujours issu de Magma, le titre suivant Stranded fait à chaque concert écho au précédent, dans la même veine mais plus sombre. En enchaînant sur le mythique Flying Whales au début calme puis dont la puissance monte crescendo, GOJIRA réaffirme - pour ceux qui l'ignoraient encore - son attachement à la cause écologique, présente tout au long de leurs albums. Les fans de la première heure ont pu se déchaîner par la suite sur une série de titres issus des tout premiers albums, l'occasion pour les autres de découvrir les origines de la légende metal GOJIRA. Le solo de batterie va laisser la salle étourdie d'avoir retenu son souffle sous la force des coups de Mario Duplantier, délivrés avec une puissance inouïe et une précision d'orfèvre. Le show se déroule dans une atmosphère sombre et pesante, la musique semblant sortir directement des particules de fumée en suspension dans l'air. La formidable complémentarité entre les deux frères déteint sur le groupe tout entier. En solo au chant, Joe ne joue pas la star pour autant, bassiste et guitariste font le show à tour de rôle. Le concert tire à sa fin, les crowsurfing sont légion, les voix se brisent à force de crier, et la température atteint la limite du supportable. Après un dernier rappel, le quatuor quitte la scène en applaudissant et en remerciant de tout coeur le public lyonnais, toujours au rendez-vous. Ce sont bien les leaders du metal en France et bien au-delà de nos frontières : une place que les frères Duplantier et leurs acolytes doivent à leur authenticité, une qualité qui ne trompe pas. Mais également à leur travail, et bien sûr à une technicité reconnue dans le monde entier qui vaut à GOJIRA deux nominations aux Grammy Awards américains: l'une pour le « Meilleur album rock » et la seconde dans la catégorie « Meilleure prestation metal ».

On leur souhaite bien évidemment bonne chance. Verdict le 12 février prochain !

Setlist:
01. Only Pain
02. The Heaviest Matter of the Universe
03. Silvera
04. Stranded
05. Flying whales
06. The cell
07. Backbone
08. Remembrance
09. Terra Incognita
10. Wisdom Comes
11. Shooting Star
12. Toxic Garbage Island
13. Pray
14. Oroborus
15. Vacuity