Der Weg Einer Freiheit + Toward the Throne @ Le Grillen  - Colmar (68) - 26 février 2026

Live Report | Der Weg Einer Freiheit + Toward the Throne @ Le Grillen - Colmar (68) - 26 février 2026

Maxine 3 mars 2026 Maxine & Pierre Sopor Pierre Sopor

Der Weg Einer Freiheit, qui nous faisait le plaisir d'ajouter quelques nouvelles dates françaises à leur agenda récemment, jouait au Grillen à Colmar ce jeudi 26 février 2026. Le public, composé d'habitués des lieux pour la plupart (tout le monde se connaît, se dit bonjour, et s'enthousiasme avec une joie proportionnelle à la noirceur de la musique qui nous réunit, comme souvent, sauf que cette fois, celle-ci s'exprime teintée de mots allemands et d'expressions alsaciennes) était très dense. De dense à danse, il n'y a qu'un pas mais rassurez-vous : ici, on est plutôt flammenkueche que flamenco et avec le black metal ce sont surtout les nuques qui remuent. Il n'y a de toute façon plus la place de bouger le reste du corps.

TOWARD THE THRONE

Hop-là ! En guise de hors d'oeuvre, c'est un bien beau produit régional qui met le Grillen en appétit. Toward the Throne a soigné le décor avec plusieurs bougies sur scène et des visuels à l'image de leur nouvel album, Midnight, qui sortait le lendemain du concert mais était déjà dispo au stand de merch et qui a été joué en intégralité et dans l'ordre. On vous disait que le public du Grillen est composé de fidèles et de curieux : en écoutant les conversations, on découvre que pas mal de monde est venu pour la première partie.

Bien qu'ayant plus de dix ans de méfaits au compteur, Toward the Throne vient tout juste de sortir son deuxième album. Bien sûr, venant d'un groupe étiquette "death metal", on s'attend à se faire essorer et le quatuor ne déçoit pas de ce côté là. De la lourdeur, de la violence, il y en a. C'est un pré-requis, mais ce n'est pas ce qui caractérise le mieux leur musique.

Planqué derrière ses cheveux, le chanteur Gauthier Ressel commence seul sur scène ses incantations. Très vite, on découvre les richesses de morceaux construits autour de samples et de respirations qui leur donnent une touche fantastique voire onirique. C'est théâtral, parfois gothique, souvent grandiloquent (la rythmique martiale de 7Hate, par exemple, a des airs de SepticFlesh). Ces touches progressives permettent quelques moments d'introspection, quelques rêveries surréalistes, mais aussi de mettre en valeur les parties plus violentes, de rendre les émotions plus intenses. Jusqu'à un rituel du rappel mené tambour battant (l'heure tourne et on déconne pas avec la ponctualité dans l'Est !) qui permet d'ajouter deux anciens titres (Still, Denial et The Ashes of Pain), c'était parfois épique, parfois mélancolique, toujours stimulant. Allez, on a pile le temps pour l'inévitable photo avec tous les copains présents et il faut laisser la place à la tête d'affiche.

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DER WEG EINER FREIHEIT

Quand Der Weg Einer Freiheit prend place sur scène, quelque chose nous saute bien sur aux yeux dès les premiers instants : après un numéro de chaises musicales assez difficiles à suivre parfois, Nicolas Rausch est enfin de retour à la guitare sur la scène ! Alan Noruspur n'a alors plus besoin de le remplacer et peut reprendre sa place à gauche de la scène à la bass, après avoir passé une partie de l'automne dernier à droite de la scène donc puisqu'il était à la guitare à la place du guitariste, forcément. Heureusement Tob Schuler reste à la batterie et Nikita Kamprad au chant !

Contrairement à la scène de Petit Bain sur laquelle jouait le groupe à l'automne dernier à Paris (live report), la scène de la grande salle du Grillen, pourtant pourvue d'une capacité de spectateurs équivalente, est plus spacieuse et offre bien plus de place au groupe pour s'épanouir autant sur le plan visuel que musical. 

Si la setlist, composée pour moitié des morceaux du nouvel album, reste pratiquement identique (Eiswanderer ici remplace Einkehr et Vergängnis pour les anciens morceaux), le travail sur la lumière révèle, lui, toute sa splendeur. Les silhouettes sont majestueusement dessinées entre ombres et lumières tamisées. On distingue cette fois les visages dans ce voile spectral, les émotions sont plus palpables, moins opaques, ainsi, l'échange empathique et incorporelle entre l'audience et le groupe est plus évident. 

Le son, d'une qualité qui est à souligner, est plus violent que tout ce que l'on a pu entendre d'eux auparavant malgré des nouveaux morceaux plus introspectifs. À la fois enveloppantes, entraînantes et bouleversantes : nous sommes portés par des notes qui oscillent sans cesse entre brutalité et mélancolie mais restant toujours sur le fil d'une justesse déconcertante. C'est à nous paralyser sur place tellement c'est beau. 

Nikita prend la parole au milieu du concert pour nous dire non sans une petite fierté, que lors de leur dernier passage dans cette ville, ils jouaient au Grillen, oui, mais dans la petite salle ! C'était en 2018. On leur souhaite encore d'étoffer leur popularité en gardant cette humanité que l'on sent chez eux et qui fait qu'on les aime tant. Pour preuve, il reprendra plus tard la parole pour faire évacuer un élément perturbateur dans le public, irrespectueux des spectateurs et plus précisément d'une spectatrice "si tu touches cette femme, tu sors !". Quelques minutes plus tard cet individu sera évacué par la sécurité. Le groupe, qui proposera alors de rejouer Eos une seconde fois, sera applaudi ! En Alsace, on aime le porc sous forme de schiffala, de fleischwurst ou de knacks mais pas de type lourdingue !

La conclusion sur Forlorn, (morceau en anglais tout en vulnérabilité, co-écrit avec Nicolas) était magnifique, le merch était magnifique, la considération de Nikita pour le bien être de son public et celle de Tob Schuler venu en bord de scène échanger avec le public à la fin du show tout en gentillesse était magnifique, bref une soirée comme on les aime, ou l'obscurité de nos âmes angoissées côtoient la lumière de la beauté. Vivement le prochain !

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Maxine

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