Dark Funeral + Krisiun @ Ninkasi Kao - Lyon (06 novembre 2016)

Live Report | Dark Funeral + Krisiun @ Ninkasi Kao - Lyon (06 novembre 2016)

Manon Nadolny 07 novembre 2016 Isaura Scarlet Manon Nadolny

Ce dimanche à Lyon, le Ninkasi Kao accueille deux groupes de metal extrême.
En première partie, les brésiliens de KRISIUN et leur brutal death metal réchauffent l'ambiance, afin d'accueillir le sombre univers des suédois de DARK FUNERAL (black metal).

Krisiun

KRISIUN est un groupe de brutal death metal brésilien formé en 1990 par trois frères. À la basse et au micro, Alex Camargo propose un chant guttural rauque et violent. Max Kolesne s'occupe d'un rythme allant de pair avec la batterie, tandis qu'à la guitare, Moyses Kolesne enchaîne des riffs plus techniques, et de nombreux solos d'une grande rapidité maîtrisée.

Ici, la mise en scène n'est pas une priorité. Pas de maquillage, pas de décor, seule la présence des trois hommes fait le spectacle. La gestion du son est lourde, saturée, parfois proche de la cacophonie. Le chanteur réclame à chaque fin de morceau de nouveaux cris de la part du public qui, suivant l'idée les premières fois, perd légèrement pied par la suite. La performance est mitigée, tantôt de bons éléments prennent place, tantôt la répétition de la forme ennuie. Les musiciens quittent la scène sur un air d'Ennio Morricone, place à DARK FUNERAL.

Dark Funeral

DARK FUNERAL est un groupe de black metal suédois fondé en 1993. Ils signent ici leur 23e année d'activité avec l'album Where Shadows Forever Reign, sorti le 3 juin 2016. À l'occasion de cette nouvelle sortie, leur tournée intitulée Shadows over Europe Tour se vêtit de bleu, couleur de la pochette affichée sur de grands drapeaux habillant la scène.

Le décor annonce l'ambiance : De grandes croix et pentagrammes inversés sont disposés avec quelques flammes à leurs pieds. La lumière rouge offre le contraste, de la fumée embrume l'espace. Les musiciens entrent en scène, armures de cuir, épaules écaillées et pantalons lacés, des clous à foison, et l'éternel corpse paint présent sur chaque visage. Au chant, Heljarmadr arbore fièrement un chapelet inversé. Un regard perçant dans la foule, et le premier morceau, Unchain My Soul, commence telle une déflagration, sous les hurlements de fans impatients.

Le son est pesant et prenant à la fois, mis en avant par une voix forte et éraillée. Les deux guitaristes, Lord Ahriman et Chaq Mol vont et viennent de part et d'autre de la scène, Natt à la basse reste plus statique. Les musiciens s'avancent au plus près de la fosse, jouent du regard avec l'ensemble du public. Leur prestance est excellente, tous incarnent leur personnage à merveille. Nous sommes conquis par ce live aux allures de théâtre hanté. À la batterie, Dominator ne peut cacher son sourire derrière le maquillage. Comme tous, il est heureux d'être là, malgré la fatigue provoquée par la fin de la tournée. Les morceaux s’enchaînent de façon fluide et cohérente.

Le rappel est mis en place avec de grands nuages de fumée où la lumière toujours plus rouge se diffuse. Les fans l'attendaient depuis le début : Where Shadows Forever Reign arrive enfin. Dans ce dernier élan commun, le concert s'achève, laissant chaque visage afficher un sourire ravi.