Trivium - 2011-12-05

Trivium - 2011-12-05

Mandah 05 décembre 2011

Votre cinquième album-studio, 'In Waves', est sorti début Août. Avec le recul, comment décrirais-tu la progression de votre musique ?
Corey : Hum. Je pense que nous avons, chacun à notre manière, progressé en tant que musiciens. Au fil du temps, notre son a beaucoup mûri et progressé. Notre écriture est devenue plus pointue et plus complexe en même temps que nos aptitudes se sont développées. Nick, notre nouveau batteur nous a rejoints pendant l'enregistrement du nouveau disque, et de fait l'atmosphère au sein du groupe était devenue beaucoup plus positive. Nick est vraiment un batteur phénoménal. Il vient d'un milieu death metal et grindcore, il peut jouer tous les blast beats. Nous savions qu'il pourrait jouer n'importe quoi et du coup qu'on ne serait pas limité en termes de créativité. Les frontières et limites de ce que nous pouvions faire se sont envolées. L'avoir dans le groupe est définitivement un plus. On s'est vraiment éclaté à faire cet album. Et habituellement, plus tu t'éclates ? mieux tu te sens ? plus la musique que tu crées est heavy et sombre (rires). Je crois que « In Waves » est un disque intense, agressif et énergique. J'ai vraiment l'impression que Trivium a enfin trouvé son son.

Tu as dit que de la musique aux textes, des vidéos à l'artwork, tout est lié par un même thème. Peux-tu nous en dire plus ?
T'as raison, cette fois-ci on a voulu quelque chose de cohésif. On a voulu que tous les visuels fassent sens avec la musique de manière à ce qu'une atmosphère particulière s'en dégage. Quand bien même il ne s'agit pas d'un album conceptuel, il y a clairement un thème. Mais il n'y a aucune signification spécifique derrière tout ça, chaque interprétation est bonne à prendre. Dans tout ce qui touche de près ou de loin au disque : de la pochette de l'album, en passant par les vidéo-clips, des titres des chansons aux paroles, il n'y a pas de bonne ou mauvais réponse quant à leur signification. Tu sais Matt ne sait même pas d'où viennent ses paroles (rires). La musique ? et l'art de manière générale ? est quelque chose qui doit être appréciée de l'intérieur, ça doit se ressentir, personne ne devrait nous dire ce que l'on est supposé penser et ressentir. Les gens doivent s'approprier une ?uvre et tisser leurs propres émotions. On veut aller dans cette direction, on veut que les gens soient capables de s'en faire une idée propre et personnelle.

En tant que projet le plus complet que vous ayez réalisé, que peut-on attendre de vos concerts et comment se déroule la tournée en compagnie d'In Flames ?
Sur cette tournée, nous ne sommes que la première partie alors nous ne pouvons pas faire tout ce que l'on voudrait. Mais on fait au mieux pour traduire l'univers d'In Waves sur scène avec le budget et moyens disponibles. On a installé, par exemple, une toile de fond aux couleurs de l'artwork, on porte les mêmes vêtements que dans les vidéos et d'autres choses comme ça. On aimerait aller plus loin c'est vrai. Les performances live sont très importantes pour nous. Notre but est de jouer dans de plus grosses salles et plus de lieux possibles à travers le monde. On a des milliers d'idées mais ça coûte de l'argent. J'espère que plus tard on jouera en headline et qu'on aura l'opportunité de transporter toute cette imagerie du disque sur scène. Ça mis à part, la tournée se passe très bien. On a aussi donné quelques concerts seuls avant de rejoindre IN FLAMES. Leurs fans en Europe semblent vraiment différents de ceux des États-Unis. Aux EU, on a plus ou moins le même type d'audience. En Europe en revanche, et en particulier en Scandinavie, leur fan-base est très jeune et mainstream. Je ne crois pas qu'ils nous connaissaient. En même temps c'est cool puisque le but principal de tourner, c'est de se faire connaître et de toucher de nouveaux auditeurs.

Vous travaillez avec Colin Richardson déjà depuis quelques temps. Comment se passe votre collaboration avec ce producteur ?
Très bien. Il a su comment l'album devait « sonner », il a su repousser nos limites et faire en sorte qu'on aille plus loin créativement parlant. Il est le genre de producteur vers qui se diriger si tu es bien préparé. Il est bon à donner du relief et de la profondeur au son mais il n'est pas là pour t'en trouver un. Un groupe qui ne sait pas ce qu'il veut ne peut pas bosser avec lui. Nous sommes très fiers de ce disque. Avec le recul, les deux derniers albums nous ont laissé un goût d'inachevé. Ce n'est pas le cas de « In Waves », par ce qu'on a travaillé avec Colin du début à la fin. Il a su dès le départ ce que nous recherchions. C'est un mec très patient et méticuleux. On a passé trois jours à accorder les guitares et la batterie... Mon Dieu, accorder une batterie, j'ai cru que j'allais perdre la boule (rires). Les détails sont très importants pour lui mais il ne se plaint jamais. C'est incroyable. Il s'agit de notre meilleur son jusqu'à présent.

Avec le nouvel album, vous souhaitiez revenir vers une approche plus old-school pour sa distribution. Qu'as-tu ressenti lorsqu'il a été rippé sur le web ?
Je dois avouer que j'ai été assez surpris qu'il se retrouve sur le Net une semaine avant sa sortie. La raison est qu'il est sorti au Japon une semaine avant les EU (rires). Alors techniquement, quand il est sorti au Japon, il n'avait pas encore été divulgué ce qui est une petite victoire (rires). Des groupes voient leurs albums uploadés un mois avant leurs sorties... Ça craint. Certains nous ont demandé comment nous avions fait (rires) ! Mais oui, c'est vrai, nous voulions réellement gardé la surprise, nous voulions retourné vers une approche old-school et faire attendre les gens jusqu'à la date de sortie physique pour qu'ils découvrent les chansons. C'est la raison pour laquelle nous n'avons presque rien révélé pendant que nous étions en studio d'enregistrement. Quand il s'est retrouvé sur la toile, ça n'a pas été une surprise. C'est du déjà vu tout ça. Mais peut-être que moins t'en dévoiles, plus il met de temps à se faire ripper... Habituellement les groupes jettent tout petit-à-petit : "voici l'artwork", "voici la tracklist" etc. Il n'y a plus aucun engouement. C'est bien plus fun d'attendre, et c'est de cette manière que les gens en parlent.

Quel a été, selon toi, le plus gros défit de cet album et pourquoi ?
Il a été très facile à réaliser. Le challenge résidait dans la patience. On a arrêté la tournée en Mars, travaillé sur des démos et des morceaux du mois d'Avril au mois de Septembre, mais un autre groupe (tousse) - Rise to Remain - (tousse) a occupé le studio plus de temps que prévu. Ils étaient censés avoir terminé à l'été, mais ils n'ont arrêté d'y bosser qu'en fin d'année. Donc on a dû repousser encore et encore l'enregistrement. On l'a décalé une première fois en Septembre, puis en Novembre et encore une fois en Décembre (rires), ensuite on nous a dit qu'on ne commencerait à enregistrer que l'année suivante. Mon Dieu ! C'était frustrant ! Mis à part ça, on a continué à écrire de nouveaux morceaux et réécrire d'autres. Avec le recul, ç'a été plutôt cool. Le temps qu'on a eu en plus nous a finalement aidés à revoir nos compositions et les améliorer. C'était chiant, mais ça valait le coup.

Quel est ton riff favori de l'album ?
Hum, elle est dure celle-là. Je dirais "Forsake not the Dream". Nous n'avons pas encore eu la possibilité de la jouer. Il y a de nombreux autres riffs sur l'album qui sont vraiment fun à jouer, mais si je devais n'en choisir qu'une tout de suite, ce serait celle-ci parce que cette chanson qui donne du fil à retordre aux guitares. J'adorerais la jouer sur la prochaine tournée.

Au long de ta carrière, quelle a été ta plus grande réussite ?
Argh ! Tu n'as que des questions compliquées (rires). Disons, jouer aux côtés de mes groupes favoris, mes héros. Hum... J'ai aussi quelques disques de platine accrochés sur mes murs. Avoir des disques d'or... des trucs de ce genre-là. Nous avons joué au Madison Square Garden avec Slipknot aussi. Il y a un paquet de choses cool que j'ai pu vivre, alors c'est vraiment difficile d'en isoler une. Hum... En fait, avoir l'opportunité de faire de la musique ? faire tout ce dont j'ai envie dans la vie - me semble être ma plus grande fierté.

Y-a t-il quoique ce soit que tu voudrais encore accomplir ?
Oui, carrément ! Il y a un bon paquet de lieux où nous n'avons encore jamais tourné. On aimerait jouer partout ! On voudrait aussi continuer de développer notre fan-base. Il y a toujours plus à entreprendre. On est jamais satisfait. Je dois bien l'admettre, le succès a toujours été au rendez-vous mais on aimerait plus encore. Toujours (rires) !

Interview réalisée le 05 décembre 2011 par