Scorpions - 2015-02-13

Scorpions - 2015-02-13

Mandah 11 février 2015

Il n'y a pas si longtemps de cela, vous avez annoncé votre retraite. Mais nous voici aujourd'hui, réunis pour discuter de votre nouvel album « Return To Forever ». Que s'est-il passé ?
Klaus : Quand nous avons décidé de faire une tournée d'adieu en 2010, nous pensions que nous avions un album génial avec 'Sting In The Nail', et quand nous pensions plus particulièrement à devoir repartir sur les routes du monde pendant deux ou trois ans pour sa tournée promotionnelle, nous avons réalisé que nous serions dans la soixantaine à la fin de celle-ci. Comment pouvons-nous continuer à ce stade, ce rythme, cette énergie et puissance d'un concert à l'autre, une nuit après l'autre ? Comment peut-on faire des centaines de concerts année après année, dans vingt, trente pays à travers le monde ? A t-on pensé. Ce fut un réel questionnement, pour l'un comme l'autre. On a réalisé lors de la tournée d'adieu qu'il était bien plus facile de dire au-revoir que de le faire réellement. Cette tournée était si émouvante, dans bien des aspects [?], en arrivant à échéance de celle-ci, à la fin de l'année 2012 à Munich, on a compris que nous n'allions pas nous séparer. On pensait qu'on allait tout de même ralentir un peu la cadence, jouer des concerts par-ci par-là, peut-être se consacrer à d'autres projets, sans savoir que quelques semaines plus tard MTV Unplugged frapperait à notre porte pour nous proposer une émission. Normalement, il aurait fallu décliner l'offre et dire : "Désolés, vous arrivez trop tard. On vient de se séparer". Mais personne ne ferait ça, non ? On l'a donc fait, on a enregistré ce MTV Unplugged. Nous avons préparé l'émission et écrit de nouvelles chansons pour l'occasion, parce qu'on pensait que ce serait sympa de la rendre plus intéressante avec de nouvelles choses à proposer. En parallèle, on commençait déjà à renouer avec les années 80. On ne pensait pas à créer un nouvel opus. Notre motivation était de sortir un album bonus. On a sorti le disque « Comeblack », avec des reprises. Après le MTV Unplugged et quelques concerts à succès en Allemagne l'été dernier, on est entré en studio avec nos collaborateurs suédois et avons commencé à enregistrer quelques compositions. Tout le monde avait écrit de nouvelles chansons. Nous étions là, à ce stade, dans une situation confortable, avec vingt titres, on se disait 'alors, on fait un double album ou quoi ?' (rires). Quand l'idée de faire une tournée célébrant nos 50 ans est née, nous pensions qu'il serait sympa de se focaliser sur l'année 2015 et fêter dignement cet anniversaire si particulier, pas uniquement avec un nouvel album mais aussi avec un film. La semaine dernière, on a assisté à l'avant première mondiale à Berlin du film 'Forever and a Day', nous savons qu'il y en aura une également à Paris prochainement. Tout ça est une longue histoire, mais nous voici en 2015, enthousiastes et excités. C'est un privilège d'en arriver là, après toutes ces années, et après une tournée d'adieu. C'est un honneur d'être toujours de la partie, sollicités dans le monde, et avec autant de fans ? des jeunes nouveaux aussi ? qui viennent à nos concerts où qu'ils soient. C'est simplement fantastique, très stimulant et motivant.

Le premier single, We Built This House, reflète, parait-il, les cinquante ans de SCORPIONS. Pouvez-vous donner des précisions quant à la comparaison avec une maison ?
Klaus: C'est une bonne illustration. Le nouveau single raconte notre histoire. Nous avons construit notre carrière étape par étape, brique par brique et souvent assez péniblement. Depuis nos débuts à Hanovre, les premiers concerts à l'étranger, jusqu'à ce jour. Nous avons résisté à de violentes tempêtes, cette baraque a résisté à tout, résistante au climat, étanche et stable. SCORPIONS est une maison robuste bâtie sur la roche. Le groupe vit toujours même face aux nombreux styles musicaux qu'il a vus défiler. Tous les groupes de 'classic rock' étaient déjà dépassés par la mode. Nous devions être forts pour survivre à cela. Cela nous a aussi prouvé que l'entourage amical, particulièrement lorsque la vie est difficile, est très important. Tu ne peux réussir là-dedans que lorsqu'une alchimie spéciale s'installe avec les autres. Après toutes ces années, notre maison tient toujours debout, elle est toujours solide, peut-être plus forte que jamais. Sa construction n'a pas été non plus si pénible, c'était très jouissif aussi bien sûr. La joie de jouer de la musique, la joie des expériences de tout ce qui l'entoure - la reconnaissance et l'amour des fans. Nous avons travaillé dur pour ce rêve, mais nous sommes reconnaissants d'y être arrivés et qu'il se poursuive aujourd'hui. Notre passion nous a portés tout au long de nos vies et nous en apprécions encore le fruit.

Allez-vous profiter encore de cela avec d'autres publications ?
Klaus : Nous ne voyons pas plus loin qu'au lendemain. Nous avons perdu trois proches il y a peu. Ces deux dernières semaines et mois ont été comme des montagnes russes sur le plan émotionnel. Se sont succédé funérailles et avant-premières mondiales pour nos nouvelles productions. Un vrai marathon ! Nous vivons ici et maintenant. Il est inutile de faire des plans. Tout ce que je peux dire, c'est que nous sommes toujours plein d'énergie et de vie, nous sommes en bonne santé et en bonne condition physique, mais nous ne pouvons pas faire de plans à ce stade.

Interview réalisée le 13 février 2015 par