Godsmack - 2015-06-10

Interview | Godsmack - 2015-06-10

Mandah 30 juin 2015

Quelles sont tes impressions à chaud par rapport au concert au HELLFEST aujourd'hui ?
Shannon : Ce concert était FANTASTIQUE ! Nous n'imaginions pas rassembler autant de monde devant nous à 16h00. La foule était incroyable, très agitée et très enthousiaste. Ça nous a donné la chair de poule et littéralement fait dresser les poils des bras, sérieusement. Le public du Hellfest est vraiment incroyable. J'espère que tu as autant apprécié ce concert que nous.

C'est le cas ! GODSMACK était l'un des concerts que j'attendais le plus de voir. Lorsque vous jouez en festival, de quelle manière parvenez-vous à vous distinguer du reste des groupes, particulièrement les grosses têtes d'affiche ?
Shannon : Tout ce que l'on peut faire c'est offrir le meilleur jeu possible et jouir au maximum de l'expérience. L'appréciation d'un moment est toujours contagieuse, autant que l'énergie que tu y mets. On essaye d'être aussi énergique que possible. La clef pour marquer les esprits repose sur la jouissance que te procure ce que tu fais mais aussi sur le fait de jouer le plus parfaitement possible. Nous n'utilisons aucun sample, aucun enregistrement sur lequel nous appuyer, tout ce que tu entends est du live et vient directement de la scène. Il n'y a rien qui soit simulé donc nous devons livrer 100% de nous-mêmes pour offrir un concert le plus parfait possible. C'est ainsi qu'on aime jouer ! Tu peux te démarquer de l'ensemble si tu prends plaisir à ce que tu fais, et si tu le fais avec amour et passion. Tu sais, chaque morceau traduit une émotion, les textes et la musique viennent de nos coeurs. Si tu arrives à transmettre ce sentiment à la foule, elle te rendra la pareille. Le public ressent toujours cette énergie et te la rend. Jouer, c'est transmettre avant tout l'émotion contenue dans une chanson. Tout repose sur la communication. Il s'agit d'en extraire toute l'énergie de la meilleure façon possible. Aujourd'hui nous avons ressenti ce retour d'énergie - du public envers nous. Le Hellfest était vraiment incroyable !

Avez-vous des rituels avant de monter sur scène ?
Shannon : Pas vraiment. Mais nous avons quelques habitudes. Sully boit du whisky, Robbie boit un verre de tequila. Tony ne boit pas, il préfère rester concentré. Moi, je bois une bière et je m'étire. Généralement on se pose quelque part, on se regarde dans les yeux et on se dit des mots du genre : "Montrons-leur de quoi on est capables, jouons aussi bien que possible !" (sourires). Mais il n'y a pas vraiment de rituel. On vieillit, nous sommes tous dans la quarantaine alors on s'étire beaucoup ! (rires). Mais sinon, nous buvons chacun un petit coup pour nous détendre.

Quelle différence y a t-il en tant que musicien entre jouer en festival et en tête d'affiche ?
Shannon : Il n'y a pas de différence en termes de jeu et d'état d'esprit. En tant que batteur, j'accentue mes mouvements pour une grosse audience afin que tout le monde puisse les voir, des côtés de la scène jusqu'au fond. En gros, si je lève mes bras à 10 cm habituellement, je les lève à 15 cm en festival, tu vois. Je suis juste conscient qu'il faut faire de plus grands gestes mais en dehors de ça, il n'y a aucune différence.

Vous avez généré une page spéciale de donation pour que les gens puissent apporter librement une contribution financière et recevoir un lien pour télécharger gratuitement le nouveau single de GODSMACK, 'What's Next?'. Peux-tu nous en parler ?
Shannon : Oui, bien sûr. Nous envoyons nos troupes dans des pays aux situations catastrophiques comme l'Afghanistan et l'Irak afin de les aider et contenir les dangereux fanatiques qui nous bombarderaient et attaqueraient. Nous envoyons nos Hommes dans le but de contenir ces radicaux et nous protéger - pour un mois, deux mois, ou même un an. Lorsqu'ils reviennent, ils sont démolis. Ce qu'on appelle TSPT, le trouble de stress post-traumatique. Les personnes qui ont développé ces troubles psychiatriques ont des réactions de stress contre lesquelles ils ne peuvent guérir par eux-mêmes, et souvent elles s'aggravent dans le temps. Ils revivent ces crimes atroces qu'ils ont vus dans leurs cauchemars et flashbacks, ils ont des difficultés à dormir et se sentent hors de ce monde. Ces symptômes peuvent être si sévères et si durables qu'ils perturbent leur quotidien. Lorsqu'ils reviennent, ils sont détruits. Et ils replongent soudainement dans le train-train ordinaire, bossant dans une station service ou bien là où ils travaillaient avant tout ça. Ces soldats, ces combattants, ces guerriers ignorent totalement ce qu'ils vont devenir. Ils finissent paumés, terminent à la rue. Ils deviennent dingues. Ce n'est pas vraiment quelque chose de physique, c'est plutôt quelque chose de psychique. Cet organisme est là pour leur donner un soutien psychiatrique. Les aider à retrouver une vie normale après être revenus d'une zone de guerre. Nous envoyons nos Hommes, nos proches, nos amis là-bas afin de contenir un problème qui n'a pas de réponse simple, pas de solution apparente. Avec les autres membres du groupe, nous savons que nous sommes chanceux, on l'a toujours ressenti, surtout depuis le 11 septembre. On est reconnaissants de pouvoir vivre de la musique, de notre passion. On voyage à travers le monde, on voit des choses magnifiques, on rencontre des gens incroyables? Cette vie est une bénédiction. Aider les vétérans en retour est le minimum que nous puissions faire pour eux. C'est très important d'aider les gens autant que possible. c'est en notre pouvoir de les aider, alors pourquoi hésiter ? Chaque don aide à soutenir les troupes. Vous pouvez faire la différence en soutenant le projet.

Comment votre intérêt pour la sensibilisation des besoins des vétérans militaires est-il né ?
Shannon : On a soutenu de nombreuses opérations au fil des années pour aider nos troupes. J'ignore comment tout a commencé exactement. On a toujours été vigilants aux besoins des vétérans aussi loin que remonte ma mémoire. On vient de Boston, dans le Massachussets, alors nous sommes très patriotes, nous adorons notre pays et les libertés dont nous bénéficions en comparaison d'autres pays.

Comment expliques-tu le choix du titre 'What's Next ?' pour soutenir ce projet ?
Shannon : On a pensé que ce titre illustrait bien cette histoire. Elle parle des seules choses dont nous soyons certains - la vie et la mort - mais ce qu'il y a après a toujours été un immense mystère. Ces braves personnes, qui mettent leur vie en jeu chaque jour afin de nous permettre de vivre librement et sans crainte dans le pays de la liberté, ignorent ce qui va suivre lorsqu'elles vont revenir chez elles. Elles ont besoin de notre aide. Le refrain entonne quelque chose comme "death, life, what's next ?". Ces mots sont lourds de sens pour ces personnes. Lorsque Sully chante ces paroles, nous pensons toujours à nos troupes parties là-bas. Nous essayons de nous mettre à leur place, voir les choses sous leur angle, et ce qui en ressort est que nous serions probablement paumés, on se dirait "Ok, et maintenant ? Que dois-je faire ? Que suis-je supposé faire de mon existence ?" Ce sentiment-là doit être encore plus terrible pour ceux qui reviennent estropiés et blessés. Dans nos sociétés, ils deviennent marginalisés. Pour ceux qui ont été en Irak, Syrie et tous ces autres endroits horribles du Moyen-Orient juste après l'obtention de leurs diplômes universitaires - ils n'étaient que des gosses... Que leur reste-t-il maintenant ? Que vont-ils devenir à présent ?

C'est un bon projet à soutenir. Merci pour le temps que tu m'as accordé. Ce fut un réel plaisir d'échanger avec toi. Je dois écourter l'entrevue, j'en ai une autre programmée maintenant. Avant de te laisser j'aimerais te poser une dernière question : Allons-nous vous revoir bientôt, nous ne vous voyons jamais chez nous ?
Shannon : Merci beaucoup de m'avoir reçu. Et, OUI ! Vous allez nous revoir, absolument. Nous reviendrons, c'est certain. GODSMACK viendra jouer en France, je vous le promets (il me prend la main). Ça se passera dans le courant de l'année prochaine. Allez, ne te mets pas en retard, go go ! A bientôt.

 

Interview réalisée le 10 juin 2015 par