[Littérature] Entre dark fantasy, épouvante cosmique et science-fiction : l'œuvre inquiétante de Clark Ashton Smith

[Littérature] Entre dark fantasy, épouvante cosmique et science-fiction : l'œuvre inquiétante de Clark Ashton Smith

Tanz Mitth'Laibach 4 août 2026

La revue américaine Weird Tales, qui sévit des années 1920 jusqu'au début des années 1950, est célèbre aujourd'hui encore pour avoir accueilli un bouillonnement de créativité qui allait bouleverser les littératures de l'imaginaire. On y associe immédiatement le nom d'Howard Phillips Lovecaft, qui fit émerger une nouvelle forme de littérature d'épouvante au croisement entre fantastique et science-fiction que l'on peut qualifier d'épouvante cosmique, comme nous l'expliquions dans l'article que nous lui avons consacré. C'est aussi là que son ami Robert E. Howard fit surgir le genre de l'heroic fantasy grâce aux aventures de son héros iconique Conan le Cimmérien. Un troisième écrivain de la revue, enfin, lui aussi ami de Lovecraft qui l'admirait, devait pareillement laisser une empreinte durable sur les littératures de l'imaginaire : Clark Ashton Smith.

Le nom de Clark Ashton Smith est aujourd'hui moins connu en France que celui de ses deux confrères, pourtant on peut le considérer comme le plus important pionnier du genre que l'on appelle aujourd'hui la dark fantasy : des histoires se déroulant dans des univers technologiquement arriérés et où existe la magie mais où le monde est dominé par le mal, ne laissant d'autre choix aux héros que de s'y adapter ou mourir – nous avons déjà abordé ce genre à propos du Dit de la Terre plate de Tanith Lee ou de La Cité diaphane d'Anouck Faure. L'œuvre de Smith est cependant plus vaste que cela : il arrive aussi que ses écrits se déroulent dans un futur technologiquement avancé où l'humanité se serait installée sur Mars et y cohabiterait avec son espèce native les Aihaï, ou même sur d'autres mondes n'ayant aucun rapport avec la Terre.

On peut aujourd'hui la redécouvrir en français grâce aux trois intégrales publiées par l'éditeur indépendant Mnémos : ZothiqueHyperborée et PoséïdonisAveroigne et Autres mondes, qui plus est munies des présentations de Scott Connors et de postfaces de Samuel T. Joshi. À travers tous ces mondes que traversent les histoires de Clark Ashton Smith apparaissent des traits communs qui font sa force et sa position singulière dans l'histoire de la littérature, que nous tenterons de présenter dans ce qui suit.

Romantisme et imaginaire : fuir la morne réalité contemporaine

Ce qui guide l'ensemble des nombreuses nouvelles et novelas de Clark Ashton Smith, qu'elles se déroulent dans un monde d'une incommensurable antiquité ou dans un futur où notre civilisation est oubliée, sur Terre, sur Mars, sur Saturne ou ailleurs, c'est la volonté de fuir par tous les moyens le monde de son époque. Décrire un monde, une faune et une flore tels que personne n'en a jamais vu est l'obsession de Smith, non seulement dans les univers où se déroulent ses histoires mais aussi dans ses descriptions soignées de tout ce que ses personnages trouveront sur leur chemin ; horrible ou merveilleux, tout doit impérativement être différent. La littérature telle que la conçoit Smith n'est pas faite pour décrire le réel, même métaphoriquement, mais pour apporter au lecteur quelque chose qui n'existe pas dans la réalité, qu'il n'aurait pas connu sans sa lecture et qui lui procure des émotions qu'il n'aurait pas pu vivre autrement ; comme il l'écrivit à George Sterling, cela n'était selon lui pas une évasion (terme qu'assumera plus tard son confrère John R. R. Tolkien) mais une extension.

C'est pourquoi la structure de ses histoires est la plupart du temps très simple : les personnages se trouvent fortuitement confrontés à quelque chose d'horrible qu'ils n'avaient pas imaginé, ils prennent la mesure de l'horreur, tentent de la fuir mais finissent d'une façon ou d'une autre par retomber dans ses griffes. Quelquefois, Smith nous offre à la fin des rebondissements inattendus, synonymes d'une délivrance pour ses personnages ou qui changent le sens de leur aventure. Dans tous les cas, l'intrigue est un prétexte : ce qui importe, c'est ce que Smith a à nous montrer.

Ce rejet du monde contemporain était ancré dans la trajectoire sociale de Smith et dans ses inspirations. À l'instar de Lovecraft qui admirait par-dessus tout le XVIIIème siècle américain, Smith se sentait un homme d'un autre temps ; en effet, à côté de ses écrits de fiction en prose, il était aussi et d'abord poète, auteur de plusieurs recueils dans un style jugé anachronique à son époque, toujours attaché aux mètres formels et en particulier au sonnet – dans la nouvelle Le Monstre de la prophétie, c'est un peu de lui-même qu'il représente dans l'aventure extraterrestre d'un poète incompris de ses contemporains. Comme Lovecraft également, l'histoire familiale de Smith était celle d'un déclassement, son père anglais ayant perdu la fortune de son grand-père industriel pour devenir propriétaire d'un petit ranch en Californie après avoir beaucoup voyagé. Bercé par les récits des voyages de son père, par l'inspiration d'Edgar Allan Poe et d'une multitude de poètes allant d'Omar Khayyam à George Sterling, Smith développe un refus de se conformer au désenchantement du monde qui le rapproche du romantisme, il a plusieurs fois exprimé dans sa correspondance son agacement à l'idée que l'écriture de fiction doive se conformer à la connaissance scientifique du monde plutôt que de proposer autre chose. Le réel, pour lui, était trop pauvre et trop étroit, avec une sensibilité qui rappelle ce que Lovecraft a exprimé dans certains de ses textes des Contrées du rêve (en particulier Celephaïs et La Clé d'argent) mais lui en a fait le cœur de ses aspirations en tant qu'écrivain.

Portrait de Smith par la peintre californienne Anne Bremer, 1923.

D'Hyperborée à Zothique, une répartition chronospatiale

C'est pourquoi Clark Ashton Smith n'a pas construit un seul univers imaginaire mais une multitude ! Mnémos a choisi de répartir ses histoires dans ses intégrales en fonction du lieu et de l'époque où elles se déroulent. Ceux de ses écrits qui sont situés dans le passé le plus lointain prennent place en Hyperborée, légendaire continent qui aurait existé au pôle nord à une époque où celui-ci aurait eu un climat chaud selon certaines spéculations de l'époque de Smith, avant l'apparition de toutes les civilisations connues de nous, jusqu'à ce que la civilisation hyperboréenne soit détruite par la glace et les monstres ; plus près de nous, ce sont les quelques nouvelles se déroulant à Poséidonis, partie demeurée un temps émergée de l'Atlantide, dans notre Antiquité ; Averoigne était quant à elle une province française imaginaire dans laquelle Smith a écrit des aventures se déroulant du début du Moyen-Âge jusqu'en 1789 ; une partie de ses quelques textes sur les autres mondes prend place sur Mars dans un futur pas trop éloigné de nous où l'humanité a pu voyager jusque-là, d'autres prennent place dans le présent mais sur des planètes lointaines ; enfin, de nombreux contes auront lieu en Zothique, le dernier continent qui sera, dans un futur tellement lointain que les civilisations industrielles auront disparu sans laisser de trace, où la joie se sera effacée des mémoires et où les humains vivront sous le joug de despotes, craignant des magiciens et des divinités cauchemardesques.

La boucle est ainsi bouclée : les textes d'Hyperborée et Poséidonis sont de la fantasy, sombre puisque sous la menace de divinités terrifiantes telles que Tsathoggua alias Zhothaqquah ; ceux d'Averoigne sont plutôt du fantastique puisque bien que l'Averoigne (dont le nom dérive visiblement de celui de l'Auvergne) n'existe pas, les personnages y considèrent la magie comme une chose anormale et effrayante, œuvre de sorciers et de vampires agissant dans l'ombre ; les Autres Mondes relèvent plutôt de la science-fiction, bien que Clark Ashton Smith ne décrive pas grand chose des technologies supérieures humaines ou extraterrestres ; et finalement, ceux de Zothique sont de nouveau de la dark fantasy, l'humanité étant retombée dans un état technique archaïque et sous la domination d'êtres effroyables tels que Thasaïdon.

L'insignifiance de l'être humain dans l'univers : épouvante cosmique et fantasy

On le voit, Smith et Lovecraft convergeaient dans leur refus de placer l'être humain au centre de l'univers, ou même quoi que ce soit qui raisonne comme un être humain. Chez les deux auteurs, il existe des forces supérieures à notre espèce que celle-ci ne peut même pas pleinement comprendre, qui lui apparaissent comme épouvantables mais qui ne se soucient pas d'elle. Ayant commencé leur correspondance en 1922, soit très tôt dans l'œuvre de l'un et de l'autre, les deux auteurs se sont influencés mutuellement, chacun faisant référence aux créations de l'autre – Lovecraft a fait une place de choix au Tsathoggua de Smith parmi les références effrayantes qui obsèdent ses personnages (Celui qui chuchotait dans le noirLes Montagnes de la folie) et a même fait une allusion transparente à Smith lui-même comme étant "le grand-prêtre atlante Klarkash-Ton", de même que les Français médiévaux d'Averoigne chez Smith invoquent parfois le Yog-Sothoth de Lovecraft (dont Smith francise le nom en Iog-Sotôt).

Leurs affinités étaient facilitées par le fait qu'ils partageaient de mêmes inspirations, à la fois Edgar Allan Poe et le pionnier de la fantasy Lord Dunsany, en particulier les contes mystérieux et effrayants de celui-ci dans Le Livre des merveilles. Lovecraft, qui était avec ses propres textes d'une dureté qu'il nous est bien difficile de comprendre de nos jours, félicitait Smith d'avoir su donner à ses récits cette "touche dunsanienne" que lui-même croyait chercher en vain dans ses propres nouvelles fantasy ; l'admiration était réciproque, Smith écrivit plus tard à Lovecraft à quel point il avait adoré Les Montagnes de la folie. En vérité, il ne semble pas exagéré de dire que les deux auteurs ont dépassé le Livre des merveilles de Dunsany dans leurs textes fantasy en créant des univers plus complets grâce à la multiplication des références qui dessinent un invisible fascinant ainsi qu'en donnant au monstrueux une ampleur jamais atteinte auparavant. 

Un magicien du style

Là où Smith est en revanche très particulier, c'est dans la méthode qu'il utilise pour faire ressentir au lecteur le merveilleux aussi bien que l'effroyable. Les techniques pour générer la peur dans l'écriture d'une scène ont varié dans l'histoire de la littérature fantastique : le roman gothique et ses dérivés comme la littérature vampirique ont souvent recouru au fait de projeter une anomalie inquiétante au milieu d'une scène qui jusque-là semblait normale ainsi qu'à des décors qui extraient le lecteur de son quotidien ; des auteurs d'épouvante contemporains comme Stephen King s'efforcent a contrario de décrire soigneusement des personnages et des environnements les plus proches possibles du lecteur pour déclencher un réflexe d'empathie grâce auquel leur peur va contaminer le lecteur ; d'autres fois, comme Lord Dunsany dans son Livre des merveilles, la peur repose précisément sur un refus de décrire ce qui a effrayé les personnages, et c'est cette technique dont Lovecraft a développé une variante sophistiquée bien que parfois lourde en donnant au lecteur une myriade d'éléments contradictoires tout en précisant que ce qu'il décrit échappe aux capacités de représentation humaines, dans le but de conduire le lecteur à penser que la chose est encore plus effrayante que tout ce qu'il pourrait imaginer.

Chez Smith, en revanche, tout repose sur un effet d'éblouissement généré par le style, aussi bien quand il veut décrire le terrifiant que le merveilleux. On sent ici que Clark Ashton Smith était poète avant d'être nouvelliste ; le rythme des phrases, leur longueur, le vocabulaire employé, l'étroite association des images étaient les instruments les plus évidents pour lui quand il cherchait à frapper l'imagination du lecteur. Au contraire de Lovecraft, Smith cherche à générer une image précise dans notre esprit mais une image si riche et inhabituelle que l'on s'y retrouve plongé sans défense, submergé. Pour cela, Smith recourt fréquemment aux accumulations en les garnissant d'un vocabulaire riche rompant avec l'ordinaire, notamment en évitant les mots d'origine anglo-saxonne pour leur préférer ceux ayant des racines latines, à de longues phrases aux rythmes ternaires pour nous tenir en haleine, à des adjectifs rares et à des comparaisons extraordinaires, de sorte que, surpris et fascinés, nous suivons ses descriptions de choses telles qu'on ne saurait les voir sur Terre. L'influence la plus évidente de Smith dans ces descriptions luxuriantes, que l'on retrouvera plus tard également chez Tanith Lee, ce sont les Mille et une nuits : si l'effet recherché est différent, la technique consistant à enchaîner les images mirifiques sur de longues phrases aux rythmes soigneusement construits est reconnaissable. C'est ce style qui fait de la lecture de Smith une expérience si singulière.

Un regard critique sur les personnages et les sociétés

La psychologie des personnages et leurs relations ne sont pas du tout au centre des récit de Smith, néanmoins elles n'en sont pas absentes non plus : il donne à ses personnages des buts qui préexistent à leur rencontre avec l'étrange, qui peuvent être une ambition, une conviction, un amour ou une cupidité. Les profils des personnages principaux, qui sont systématiquement des hommes (bien que les femmes soient beaucoup plus présentes et plus importantes que chez Lovecraft), varient entre quelques types récurrents : on trouve parmi eux des guerriers redoutables qui n'auraient pas dépareillé chez Robert E. Howard, des voleurs plus avides d'aventures que de richesses, des jeunes hommes amoureux prêts à tout et parfois à trop pour celles qu'ils aiment, des chercheurs avides de savoir, des moines dévoués, d'inquiétants magiciens, des princes et bien sûr des poètes peinant à se faire comprendre de leurs sociétés.

C'est qu'il ne faudrait pas croire que Smith était un rêveur déconnecté de ce qui se passe dans ce monde-ci : s'il tient avant tout à nous présenter des choses qui n'existent pas dans notre réalité, la plupart de ses nouvelles ont bien un sens pour nous humains de ce temps. Souvent, comme dans les Mille et une nuits, il est avant tout question de sagesse, de connaître ses limites pour ne pas se mettre en danger. Mais une autre idée hante les contes de Smith : les sociétés d'êtres pensants sont dangereuses par les tyrans qu'elles érigent, par les rites cruels qu'elles instaurent, et surtout par leur intolérance envers toutes celles et ceux qui ne se conforment pas à ce qu'elles estiment normal, par goût ou par incapacité – cela apparaît de manière particulièrement vive dans la nouvelle Le Monstre de la prophétie où un humain se voit projeté sur une autre planète où son apparence le fera considérer comme un monstre répugnant et effrayant.

Le romantisme de Smith ne débouche en effet jamais sur un passéisme naïf : ce qu'il regrette dans d'autres époques, c'est l'enchantement du monde, le fait de pouvoir le juger infini par la difficulté de le cerner alors que la science était moins avancée, mais il n'idéalise pas les sociétés anciennes ou l'humanité de ces époques. Au contraire, d'Hyperborée à Zothique en passant par Averoigne et même en allant sur Mars, la nature humaine semble à peu près constante chez lui, toujours encline à se vouer à de fausses richesses et à des divinités terrifiantes, produisant toujours également son lot de poètes en marge de la société. On notera également que contrairement à Lovecraft et Howard, le racisme est à peu près absent de son œuvre ; dans les rares cas où des personnages décrits comme noirs apparaissent dans ses histoires, rien n'indique qu'ils soient fondamentalement différents des autres.

Choisir son continent de départ

Par où aborder une telle œuvre ? Il va de soi que parmi la multitude de nouvelles publiées par Smith, toutes ne se valent pas. Leur rassemblement en trois intégrales par Mnémos limite heureusement les possibilités même si certains textes y ont échappé – on pense à la novella La Flamme chantante. Mais alors vaut-il mieux commencer son voyage en Hyperborée, en Averoigne ou en Zothique ?

Disons franchement qu'Averoigne n'est pas la partie la plus réussie de son œuvre : le surnaturel y prend des formes plus classiques et certaines bizarreries historiques peuvent nous faire hausser les sourcils – Lovecraft a ainsi reproché à Smith de faire parler à des Gaulois du Vème siècle "une forme obsolète du français d'Averoigne" dans Saint Azédarac... En dépit de ces défauts, le cycle d'Averoigne se démarque tout de même par un humour plus présent et il contient l'impressionnante nouvelle Le Colosse d'Ylourgne, qui pousse l'horreur à un niveau rarement atteint dans ce cadre médiéval. Plus étonnantes sont les trois nouvelles martiennes du recueil Averoigne & Autres mondes, avec leurs terreurs extraterrestres, l'enchaînement invincible de calamités qui s'abattent sur les personnages.

On conseillera donc tout de même de commencer soit par Hyperborée & Poséidonis, soit par ZothiqueHyperborée & Poséidonis parlera davantage aux lecteurs de Lovecraft : c'est là que l'épouvante cosmique est la plus présente, là aussi que l'on trouvera des références invoquées soit par Lovecraft lui-même, soit par les jeux de rôle dérivés de son œuvre, telles que le dieu-araignée Atlach-Nacha, le sorcier Eibon et bien sûr Tsathoggua ; on y trouve des chefs d'œuvres montrant l'irrésistible capitulation de l'humanité face à des puissance supérieures tels que Le Démon de glace ou L'Avènement du ver blanc. Toutefois, Zothique pris dans son ensemble est peut-être encore supérieur car c'est dans ce cycle que Smith a développé son univers le plus complet et le plus original : ce qui hante le plus Zothique, ce ne sont finalement pas tant des êtres étrangers à l'humanité que l'obsession de la nécromancie, qui pervertit tout au milieu même de splendeurs dignes des Mille et une nuits. D'un ton pessimiste encore plus radical que celui des textes hyperboréens et atlantes, Zothique présente au fil de ses nouvelles une étroite articulation entre les images de la beauté, de l'opulence et de la mort ; on en retient des textes horribles tels que L'Île des TortionnairesLe Sombre EidolonLe Jardin d'Adompha... Il y a là de quoi rêver de somptueuses nécropoles.

Sans surprise, les nouvelles de Smith ont connu peu de reconnaissance de son vivant. Il en a toutefois obtenu davantage que ses collègues de Weird Tales, sans doute parce que même les critiques les plus étroits d'esprit ne pouvaient nier son travail sur la forme, en dépit du mépris des élites américaines pour les littératures de l'imaginaire. Son ami et inspirateur George Sterling lui-même avertit Smith qu'il perdait son temps à écrire sur l'étrange car "Les pourceaux ne veulent pas de perles, mais de la bouillie, et il serait illusoire d'espérer changer leurs goûts". Refusant d'en démordre, Smith lui répondit la chose suivante : "Pour ma part, je refuse de me soumettre à l'esprit aride et terre-à-terre du temps ; je pense qu'il y aura tôt ou tard un retour du romantisme, une révolte contre la mécanisation et la sur-socialisation. Et si ce n'est pas le cas, j'espère bien que ma prochaine incarnation aura lieu sur une autre planète, plus heureuse et plus libre.". On ignore s'il a été exaucé dans ses vœux mais on lui est gré d'avoir tenu bon pour étendre notre réalité avec tant d'enchantements.

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Tanz Mitth'Laibach

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