Chronique | Stigmata - Dust, Nothingness and Light

Tanz Mitth'Laibach 04 décembre 2019

Dans l'esprit d'un amateur de musiques sombres, le nom de STIGMATA fait penser à (au moins) deux choses : au morceau de MINISTRY de 1987, géniale expérimentation qui annonçait le metal industriel, et à la regrettée formation gothique VIOLET STIGMATA. C'est pour rendre hommage au premier que le groupe français STIGMATA s'est choisi ce nom, néanmoins leur musique ne trompe pas : le groupe est aussi très proche de la scène gothique, on a déjà pu le voir mêler les deux sur son premier album autoproduit Dark One en 2018, s'inscrivant dans la lignée de la darkwave -bien qu'en réalité, le groupe ait commencé à travailler dans l'ombre une première fois entre 1989 et 1993, construit depuis le début autour de son chanteur David Aboucaya qui est aussi réalisateur. Dust, Nothingness and Light est son deuxième album, sorti cette année, qui ne peut manquer d'intéresser les amateurs de gothique et d'industriel.

On retrouve en effet sur Dust, Nothingness and Light cette combinaison des deux genres, mais sous une forme plus enjouée que sur Dark One, ce qui va finalement très bien au groupe. L'album bénéficie ainsi d'un puissant chant en voix de basse typique de la scène goth-rock, volontiers joueur pour ne pas dire démoniaque, accompagné comme de juste d'une basse implacablement mise en avant qui donne sa tonalité lugubre à l'album ; cependant, STIGMATA glisse également dans sa musique des guitares saturées qui ne dépareilleraient pas dans un disque de metal industriel, ainsi que, comme sur le premier album, de froides sonorités électroniques qui elles font penser à l'electro-indus de groupes comme FRONT LINE ASSEMBLY. L'ensemble est du plus bel effet, le goth-rock endiablé devenant glacial au contact des atmosphères industrielles. STIGMATA nous fournit ainsi un album plus dynamique et plus entêtant que le précédent sans perdre la qualité de ses atmosphères. On pense énormément à GIRLS UNDER GLASS, les pionniers de la darkwave, chez qui se trouvait déjà cette combinaison entre goth-rock et electro-indus ; STIGMATA nous en fournit sa version personnelle, moins lyrique et plus perverse.

On s'enthousiasme ainsi pour des morceaux bien rythmés tels que Erase ou Carnage, pour Winter for a Lifetime qui est une singularité au sein de l'album, à la fois doux et menaçant, ou pour le plus statique et pesant Write in my Brain qui rappelle les ambiances oppressantes du premier album. Il est vrai qu'il règne tout de même une certaine inégalité entre les morceaux et que la deuxième partie du disque est légèrement plus faible, mais STIGMATA s'en tire toujours avec les honneurs.

Dust, Nothingness and Light est donc une réussite, froid et mordant à la fois. De quoi égayer la fin d'année pour les amateurs de darkwave !