Chronique | Genitorturers - Blackheart Revolution

Pierre Sopor 03 novembre 2009

Après une pause d'une dizaine d'années, les Genitorturers ont fini par sortir leur quatrième album. S'étant fait un nom notamment grâce à des prestations live pas franchement tout public, le projet de David Vincent (Morbid Angel) et sa femme Gen jouait la carte d'un metal industriel dur, rentre-dedans et crasseux. Dès 'Revolution', on constate que 'Blackheart Revolution' est moins rugueux, plus pop, plus accessible, avec une production moins sale. On aurait presque envie de dire plus festif aussi ('Kabangin' All Night'). Plus electro aussi, on ne peut pas s'empêcher de penser à un croisement étrange entre KMFDM et KoRn. Ça dépote bien, autant qu'un Rob Zombie du temps du premier 'Hellbilly Deluxe'. Le titre 'Devil In A Bottle' y fait d'ailleurs particulièrement penser. On peut regretter des passages plus faibles, que ce soit les moments plus calmes comme 'Falling Star' ou la trop kitch 'Cum Junkie'. 'Blackheart Revolution', bien que très fun, parait rapidement trop léger. Le groupe semble avoir perdu de son mordant en sacrifiant à une production impeccable la rugosité et la lourdeur si jouissive de 'Sin City' ou '120 Days of Genitorture'. Moins vicieux, moins sales et moins sombres qu'avant, les Genitorturers marquent leur envie de sortir de l'ombre dans laquelle ils s'étaient presque faits oublier. 'Blackheart Revolution' est un album divertissant, qui contient son lot de très bons titres ('Confession of a Blackheart', pic de folie ou 'Devil In A Bottle' qui ravira nos instincts de pogoteur écervelé fan de 'Dragula'), mais s'essouffle par manque d'originalité. Et après une carrière pareille, on attendait peut être quelque chose d'un peu plus pimenté.