Cela fait déjà deux ans qu'Epoques, groupe de métalcore composé de cinq membres originaires d'Alsace et de Lorraine, apparaissait sur nos radars avec le single Greater than Gods. Depuis, le groupe a pris son temps, dévoilant ses morceaux au compte-gouttes dans une stratégie aussi patiente qu’efficace. Une attente qui n’a jamais émoussé notre intérêt pour le projet tant la qualité était à chaque fois au rendez-vous. Avec Décombres, son premier EP réunissant les morceaux dévoilés jusqu'ici ainsi qu'un inédit, Epoques passe un nouveau cap et confirme tout le potentiel entrevu depuis le début.
Dans un paysage metalcore presque saturé aujourd'hui, Epoque parvient à se démarquer grâce à des compositions qui naviguent avec aisance entre passages aériens et déferlements de violence, sans jamais perdre de vue leur dimension émotionnelle. On retrouve, avec un plaisir non dissimulé, la patte si caractéristique de Maxime Keller que l'on avait tant appréciée sur son précédent projet Boars. L'écriture conserve ce sens de la mélodie et des contrastes qui faisait sa force tout en empruntant ici des chemins plus personnels, ce qui se traduit indéniablement dans les paroles des chansons. Sa performance vocale est, comme toujours, irréprochable : aussi convaincant dans les screams que dans les passages en chant clair, son timbre immédiatement reconnaissable sublime des compositions déjà fortement percutantes. Les mélodies sont immédiatement accrocheuses et les refrains de Too Late for Begging et Die Alone, tout particulièrement, restent en tête des heures après écoute, les deux morceaux étant de véritables hits en puissance. Southland Tales et Botanist, plus posées, dévoilent une autre facette du groupe, laissant davantage de place aux nuances et mettant en avant l'ingéniosité de la composition. Quant au dernier single Ask the Flesh, au contours plus électronique, il installe progressivement une atmosphère pesante avant de monter en puissance avec une efficacité redoutable. Au-delà de la qualité de la composition, l'EP se distingue également par une écriture très personnelle où les textes abordent des thématiques profondes et introspectives comme la séparation, la haine de soi ou encore le deuil, renforçant encore l'impact émotionnel du projet. On y laisse ses tripes et une partie de son âme.
Avec Décombres, Epoques affirme déjà une identité forte et une maîtrise impressionnante pour un premier chapitre. Entre puissance, mélodie et émotion, les cinq titres témoignent d'un projet qui a clairement les épaules pour aller plus loin. Reste désormais à voir jusqu'où le groupe saura pousser cette formule, mais une chose est certaine : on suivra ça de très près.