En septembre dernier, Dark Minimal Project sortait son troisième album Pleasure is a Sin (chronique). Fidèle à son rythme soutenu, le duo lillois est déjà de retour avec And Sometimes, un EP qui en prolonge les plaisirs mais en y apportant un twist inédit : dBoy, la voix de JE T'AIME, est invité sur ces nouveaux morceaux.
Au-delà de la curiosité que provoquent toujours les collaborations entre artistes, cette rencontre permet un mélange d'esthétiques et d'univers. Dark Minimal Project avait durci le ton sur son dernier album, s'approchant d'un mélange darkwave / EBM / dark electro qui donnait à leur mélancolie un ton plus incisif. Cette fois, dès And Sometimes, on constate que si cette électronique mordante vient évidemment toujours donner envie de remuer (après tout, JE T'AIME a aussi la danse facile), les émotions se prêtent aussi plus aux de pluie. des touches cold wave mais aussi le chant expressif et théâtral de dBoy dont les lamentations toujours aussi écorchées insufflent une forme de chaleur à un univers sonore d'habitude plus froid.
Les contrastes sont marqués, on apprécie également les nuances, la tension qui nait dans cette alchimie avec le chant plus austère de Guillaume Vanderosieren. Les garçons ne pleurent pas, chantait Robert Smith, "elle" ne pleurera pas non plus nous dit She Won't Cry. Vous, si vous voulez, vous pouvez en revanche. Il faut bien quelques larmes. Le chagrin est contenu puis explose sur cette nouvelle incitation à danser hantée par une nostalgie contemplative. D'ailleurs, les remixes par People Theatre et Resilience accentuent cette approche rythmique en boostant l'intensité des morceaux... tout le contraire de la nouvelle version de So Far Away, un titre de Pleasure is a Sin et seul morceau de l'EP sans dBoy, dont l'aspect introspectif est ici renforcé par des nappes de synthés fragiles et poétiques. Le chaud, le froid, la ferveur passionné et l'abandon désillusionné : DMP jongle avec tout ça et nous fait passer de l'un à l'autre, voire mélange tout avec habileté.
Cet EP intrigue et séduit à plus d'un titre. Il y a bien sûr toujours ce savoir-faire, cette façon de faire claquer des rythmiques accrocheuses et de les associer à un vague à l'âme communicatif. Mais on y entrevoit aussi des pistes, des envies et des directions possibles pour ce projet qui y prouve non seulement son envie d'essayer de nouvelles choses et de ne pas stagner mais aussi sa capacité à exister de manière harmonieuse avec d'autres personnalités artistiques fortes... On s'autorise alors à rêver, à l'avenir, d'autres collaborations et expériences similaires ! Qu'elles aient lieu ou non, Dark Minimal Project n'a certainement pas dit son dernier mot et leur avenir s'annonce passionnant.