Powerwolf + Amaranthe + Kissin' Dynamite @ Transbordeur - Lyon (28 janvier 2019)

Live Report | Powerwolf + Amaranthe + Kissin' Dynamite @ Transbordeur - Lyon (28 janvier 2019)

Manon Nadolny 29 janvier 2019 Laurence Prudhomme Manon Nadolny

Sold-out depuis plusieurs semaines déjà, ce lundi soir, c'est POWERWOLF à Lyon !

Il n'est que 18h00, mais malgré l'horaire un peu inhabituel, la file d'attente serpente tout autour du Transbordeur… Heureusement que la météo est plutôt clémente ! Le groupe de metal allemand, en tournée européenne, fait étape dans une des salles mythiques lyonnaises pour cette soirée inratable organisée par Him Media et La SAS Concerts en accord avec Live Nation. POWERWOLF emmène dans ses valises leurs compatriotes de KISSIN' DYNAMITE et les Suédois d'AMARANTHE. Un mélange de metal qui devrait être explosif sur scène et satisfaire tous les amateurs.

Kissin' Dynamite

Beaucoup de fans ayant fait un détour ; pour les uns aux vestiaires, pour d'autres au food truck ou encore au bar, la salle se trouve un peu clairsemée lorsque les Allemands de KISSIN' DYNAMITE font leur entrée sur scène. On voit tout de suite qu'ils sont là pour s'éclater et faire bouger le Transbo. En 6 albums (dont le dernier Ecstacy s'est hissé au 7e rang des charts allemands), ils ont su imposer leur glam rock énergique et festif, avec des titres rythmés et des refrains entêtants.

Crinière blonde laquée, chemise blanche et pantalon en cuir, le leader Hannes Braun ne ferait pas tache dans un revival des années 80, mais le son est bien actuel, mélangeant metal, pop et rock qui ne tarde pas à attirer le public dans la salle. Les vrais fans de POWERWOLF ont l'air encore un peu septiques, mais l'ambiance monte vite et les Allemands font le show, chauffant la foule qui danse et les accompagne de la voix. Après deux titres du dernier opus sorti en juillet 2018, dont le très fédérateur Somebody's Gotta Do It avec les "DO IT" repris en choeur par la salle, à la plus grande joie du groupe.

Love Me, Hate Me nous replonge dans le passé pas si ancien du groupe. N'hésitant pas à interagir avec le public, souvent dans un très bon français d'ailleurs, le frontman communique son énergie et sa bonne humeur tout au long du set. Sa voix, à la signature bien reconnaissable, offre une jolie palette dans les tonalités graves comme lorsqu'il la pousse dans les aïgus. Si les mélodies peuvent paraître un peu simples, elles sont terriblement efficaces, signe d'un sacré boulot de composition. Le line-up est le même depuis leurs débuts, et le plaisir des musiciens sur scène n'est pas surjoué.
You're Not Alone arrive à point pour mettre une petite pointe de nostalgie dans la salle. Sur le titre I Will Be King, le frontman n'hésite pas à se munir d'une cape rouge et d'un sceptre, avant que le set ne s'achève sur Flying Colours dans un déferlement de lumières. La salle est désormais bien remplie et les Lyonnais font une ovation aux Allemands qui auront remarquablement bien lancé la soirée.

Pour notre part un petit Hashtag Your Life n'aurait pas été de refus ; 8 titres c'est un peu court, mais on surveillera le prochain passage dans la région des KISSIN' DYNAMITE car ils font partie des groupes auxquels le public s'attache spontanément.

Setlist:
01. I've Got The Fire
02. Somebody's Gotta Do It
03. Sex Is War
04. Love Me, Hate Me
05. Waging War
06. You're Not Alone
07. I Will Be King
08. Flying Colours

Amaranthe

Comment le dire sans vexer personne... ? Il est des groupes par contre avec lesquels on n'accroche pas vraiment.

Ce n'est ni une histoire de talent, ni de qualité, c'est juste que non… ça ne passe pas. Pourtant le groupe suivant était fort attendu par les fans. AMARANTHE est l'un des groupes phare du metal suédois, avec la très belle Elize Ryd au chant. Accompagnée par le scream de Henrik Englund et le chant clair de Nils Molin (ex-DYNAZTY et dernier arrivé dans la bande), la chanteuse va mener d'un train d'enfer le set des Suédois, pour qui le Transbordeur est quasiment au taquet. Leur metal symphonique, quoique plus moderne sur leur dernier album Helix (qui louche parfois vers la pop-electro) a une puissance mélodique indéniable.

Le groupe attaque le set par Maximalize sur lequel les trois voix semblent se renvoyer la balle. Les refrains sont plutôt réussis et voir l'enthousiasme du public est particulièrement réjouissant. Le set ne comportera que trois titres du dernier album, aux critiques un peu tièdes, le groupe préférant probablement se concentrer sur les morceaux plus anciens qui ont fait leurs preuves. On se perd un peu dans ce maelstrom de sons tantôt très metal, tantôt carrément pop.

Depuis leurs débuts le groupe a mélangé les sonorités et les références, mais on frise vite l'overdose d'envolées mélodiques et même la sympathie des Suédois sur scène ne suffira pas à retenir notre attention.

Setlist:
01. Maximize
02. Digital World
03. Helix
04. 1 000 000 Lightyears
05. Hunger
06. Amaranthine
07. GG6
08. 365
09. Drop Dead Cynical
10. Call Out My Name
11. The Nexus

Powerwolf

"POWERWOLF ! POWERWOLF ! POWERWOLF !"

L'immense rideau aux armes du groupe cache la scène où s'affairent les équipes techniques depuis un bon moment déjà. Le public lyonnais scande en rythme le nom de ses héros, et lorsque sur les premiers mots de Lupus Daemonis se révèle le décor, laissant entrer sur scène les musiciens, c'est le délire !

A l'invitation de leur leader et chanteur Attila Dorn, le bien nommé avec sa carrure impressionnante et son maquillage de loup, les fidèles lyonnais se déclarent prêts à assister à la "grande messe du heavy metal". Notons d'emblée le remarquable effort du chanteur qui assurera la quasi-totalité du show dans un français impeccable, servi par sa voix profonde et grave.
Le ton est donné avec le puissant Fire And Forgive, tiré du dernier album The Sacrament Of Sin, premier des charts allemands dès sa sortie. Cet album est déjà un énorme succès pour le groupe, avec des morceaux comme Demons Are A Girl's Best Friend, Fire And Forgive ou encore Killers With The Cross, dont les clips dévoilés les uns après les autres montrent que les Allemands restent fidèles à ce qui a fait leur succès : un heavy metal mélodique et rapide. Des rythmes soutenus avec des thèmes religieux, rien de nouveau sous le soleil. Mais c'est la force du groupe de proposer, avec des paroles parfois en latin, des refrains accrocheurs et des mélodies toutes en puissance.

Attila occupe la scène et harangue le public, arpentant la scène d'un pas martial et décidé. Le son est lourd, rapide, empli de chœurs et parfois d'orgues qui font plonger la salle dans une ambiance quasi-mystique. La ferveur est à son comble et le Transbordeur tremble sous les trépignements du public qui semble apprécier les nouveaux comme les anciens morceaux. Armata Strigoi devient le prétexte à un échange particulièrement savoureux entre le frontman et le public, qui anticipe les vocalises que celui-ci veut lui faire répéter. Et lorsque ce dernier fait mine de se fâcher, malgré sa voix grondante et son accent menaçant, il ne provoque que les rires, tant le public est impatient d'entendre ce titre culte. De quoi briser le mythe !

Quelques minutes plus tard, c'est pourtant bien volontier que Lyon accepte de "pécher" avec le groupe comme le demande le chanteur, en sautant et brandissant les poings sur Demons Are A Girl's Best Friend. Encore un titre particulièrement entraînant, qui fait danser et sauter dans la salle. Resurrection By Erectio est comme toujours un des moments forts du concert, repris en chœur par tout le public, fans et moins fans, tant le morceau est fédérateur, ponctué d' "Alléluia" particulièrement appréciés. Puis une immense croix s'allume sur les premières paroles en latin de Stossgebet, titre également chanté en allemand, bien parti pour devenir le futur hymne des fidèles.

La voix d'Attila Dorn y est particulièrement mise en valeur, toujours aussi puissante mais plus nuancée. On pourrait d'ailleurs croire qu'il est seul en scène, sa présence est imposante mais autour de lui guitariste et surtout keyboarder font aussi le show. Ce dernier n'hésite d'ailleurs pas à venir aux côtés du chanteur, tel un feu follet qui arrive et repart aussitôt. Portables allumés au bout des bras, le public lyonnais communie avec le groupe sous un déluge de neige.

Hélas le temps passe vite en compagnie des loups, et bientôt le signal du départ est lancé, non sans un chaleureux rappel de la part du public lyonnais. Les Allemands ont l'air contents de leur soirée, et vu les décibels dégagés par le public il y a fort à parier que ce concert restera dans les mémoires de tous les amateurs. Et des autres aussi d'ailleurs ! Le spectacle offert est d'une très grande qualité avec de très belles lumières, des décors changeants, et une sacrée présence du groupe. Après on peut regretter le côté répétitif des thèmes et des musiques mais cette patte ou plutôt griffe a forgé le succès de POWERWOLF, alors pourquoi en changer ?

Setlist:
01. Fire And Forgive
02. Army Of The Night
03. Incense And Iron
04. Amen And Attack
05. Let There Be Night
06. Demons Are A Girl's Best Friend
07. Killers With The Cross
08. Armata Strigoi
09. Blessed And Possessed
10. Where The Wild Wolves Have Gone
11. Resurrection By Erection
12. Stossgebet
13. All We Need Is Blood
14. We Drink Your Blood
15. Lupus Dei
16. Sanctified By Dynamite
17. Coleus Sanctus
18. Werewolves Of Armenia