Hellfest 2020
PORN + Chemical Sweet Kid + Kamera Obscura @ Le Gibus - Paris (17 mars 2017)

Live Report | PORN + Chemical Sweet Kid + Kamera Obscura @ Le Gibus - Paris (17 mars 2017)

Pierre Sopor 18 mars 2017 Pierre Sopor

Chemical Sweet Kid

La soirée promettait d'être belle au Gibus, avec les CHEMICAL SWEET KID, KAMERA OBSCURA et PORN. Et c'est donc aux CSK que revenait l'honneur d'ouvrir les hostilités. Alors qu'en studio le groupe semble encore se chercher, enchaînant des albums qui mériteraient d'être un poil plus canalisé et condensé, sur scène c'est une toute autre affaire. Ou peut-être que toute l'énergie et l'agressivité de CHEMICAL SWEET KID ne peut réellement s'exprimer qu'en live. En tout cas, le trio était en forme et semblait ravi d'être là. Forcément, c'est communicatif et le public pas encore très dense (la soirée ne fait que commencer) s'est laissé gagner petit à petit par la pêche du groupe. Il faut dire qu'en entrant sur Once Again, la tuerie qui ouvrait The Speed of Time, et en enchaînant les morceaux fédérateurs avec enthousiasme (la reprise de Paint It Black envoie bien et a mis tout le monde d'accord), le CSK avait tout pour se mettre le public dans la poche. On a eu droit à des titres de toute la discographie de CHEMICAL SWEET KID, de Tears of Blood aux petites nouvelles Never Enough et l'énorme Fuck the Rest, ce qui nous a permis d'apprécier le plus apporté par une guitare bien présente aux beats assassins des différents morceaux. Le charisme scénique du trio était d'ailleurs probablement la meilleure surprise de la soirée pour les parisiens, qui découvraient peut-être enfin le groupe. Maintenant, on attend au tournant Addicted to Addiction, prévu pour le mois prochain !

Kamera Obscura

Avec un nom comme KAMERA OBSCURA, forcément, on peut se douter que le cinéma doit avoir un rôle à jouer à un moment ou à un autre dans le projet. Mais en fait, c'est encore mieux que ça : le projet entier puise son inspiration dans des classiques de l'horreur et du fantastique ! Oh, et ai-je mentionné qu'ils jouaient devant un écran, histoire qu'on profite d'extraits d'oeuvres aussi cultes que Phantasm, Evil Dead, They Live, Mad Max, Massacre à la Tronçonneuse, Hurlements et bien d'autres ?
Bref, quand KAMERA OBSCURA monte sur scène, le public répond présent. Il faut dire qu'ils ont organisé cette soirée, et ce n'est que justesse de voir l'accueil qui leur est réservé. Démarrant le concert sur Phantasm, hommage au chef d'oeuvre de Don Coscarelli, le groupe se met à jouer alors que des sphères diaboliques et l'inquiétant Tall Man envahissent l'écran. Cécile MN, la chanteuse du groupe, reste cachée derrière un voile noir conférant à ce début de show un aspect de rite funéraire. D'ailleurs, les morts seront parmi nous toute la soirée, puisqu'à l'écran défilent bon nombre d'icônes disparues ces derniers temps : Angus Scrimm, Gunnar Hansen, Roddy Piper... et même Peter Steele, le temps d'une reprise de Christian Woman de TYPE O NEGATIVE. Leur rock industriel possède d'entrée un public friand de l'univers référentiel du groupe (des "Allons-y !" très David Tennant-esque fusent entre les morceaux). Quand Cécile MN tombe le voile, un jeu de lumière la colore d'un rouge profond (pardon, les initiés comprendront) que ne renieraient ni les maîtres Argento, Bava et Fulci, ni leurs récents disciples français Romain Basset, Hélène Cattet et Bruno Forzani.
KAMERA OBSCURA se présentait donc au Gibus avec un nouveau show, un nouveau set, et c'était top. 

Porn

En conclusion de la soirée organisée par Chambre Noire, avec CHEMICAL SWEET KID et KAMERA OBSCURA, PORN investissait la scène du Gibus. Changement d'ambiance radical par rapport aux deux groupes précédents : exit les lumières agressives du CSK ou l'écran de KAMERA OBSCURA, PORN baisse les lumières de la salle pour créer une ambiance plus intimiste (ce qui ne facilite en rien la tâche des photographes, hein, dites-donc, ben oui ma bonne dame !). Le show est très carré, et d'une sobriété surprenante pour un groupe dont le nom évoque plus la démesure ! 
Le groupe déroule son rock industriel dans cette atmosphère de proximité, en y casant quelques reprises qui marchent bien (Call Me, Eleanor Rigby) pour enflammer la salle, ce qui aura été un point commun entre les trois groupes de la soirée. Le Gibus aura eu droit à une chouette soirée, avec trois groupes de la scène industrielle française à suivre depuis quelques années, et qu'on espère revoir très bientôt !