Caliban + Bad Omens + Lionheart @ CCO Jean Pierre Lachaize - Villeurbanne (69) - 10 décembre 2018

Live Report | Caliban + Bad Omens + Lionheart @ CCO Jean Pierre Lachaize - Villeurbanne (69) - 10 décembre 2018

Manon Nadolny 11 décembre 2018 Laurence Prudhomme Manon Nadolny

Encore un lundi soir au CCO Jean-Pierre Lachaize de Villeurbanne à l'invitation de Sounds Like Hell Productions (en accord avec Alternative Live) pour une affiche metalcore des plus alléchantes ! Les américains BAD OMENS et LIONHEART accompagnent sur leur tournée européenne les allemands de CALIBAN et ce soir c'est l'étape dans la capitale des Gaules. Malheureusement, les concerts se bousculant sur Lyon en cette fin d'année, le CCO n'affichera pas complet pour cette soirée sous le signe des pogos, slams et circle pit en tout genre.

Bad Omens

Jeune groupe, par son antériorité, mais visiblement pas par sa notoriété à en juger par l'enthousiasme du public dès les premières notes. Le combo californien, emmené par le jeune Noah Sebastian s'est rapidement fait une place sur les scènes avec un son heavy metal classique, saupoudré de metalcore moderne. Un son à la fois fort et dansant qui oscille vers des groupes comme BRING ME THE HORIZON ou ASKING ALEXANDRIA, mais aux sonorités metal plus marquées. Exit Wounds arrive très vite, aux paroles puissantes et à la mélodie entêtante. Le set va être plutôt court, mais on verra le public accompagner de la voix le chanteur notamment sur The Worst In Me, Careful What You Wish For ou encore Malice. Le show est sobre, s'appuyant sur la personnalité du frontman qui assure tant sur les passages screamés que lors des moments plus mélodiques.

Le set n'aura duré que 30 minutes et c'est avec regret que nous les voyons quitter la scène pour laisser place à LIONHEART.

Lionheart

Sans vouloir être pessimistes pour la tête d'affiche de la soirée, on a bien l'impression que les Lyonnais ont fait le déplacement pour LIONHEART. Il faut dire que leur passage en France fait figure d'évènement et la soirée s'annonce très chaude ! Les plus accros sont là pour en découdre (dans la bonne humeur bien entendu) sur le hardcore énervé des Américains.

En 15 ans d'existence, le groupe a su progresser sans cesse pour offrir à son public des shows survoltés, avec des titres puissants et engagés. Après quatre albums, le groupe va se séparer en 2016, puis se reformer un an plus tard, encore plus déterminé. Alors depuis ils n'arrêtent pas de faire profiter au public de leur plaisir d'être sur scène et de jouer. Il n'y aura pas une minute de répit pendant les 3/4 d'heure que durera leur prestation. Les morceaux s'enchaînent à toute allure, et la complicité des musiciens, du chanteur bodybuildé Rob Watson et son guitariste Ricky Matthews notamment, va déteindre sur le public, emporté par l'énergie déployée sur scène. Lorsque les premiers kick moshing apparaissent dans notre dos, il est temps de nous replier sur les côtés de la scène, où les mouvements sont tout aussi enthousiastes mais moins violents. Quelques classiques: LHHC, Hail Mary ou encore Pure Anger vont mettre le public en transe, à la plus grande joie du groupe qui apprécie l'énergie des Lyonnais. Rob Watson arpente la scène et déverse dans le micro le flot qui semble ne jamais s'arrêter. Pourtant, à notre grande surprise, aucune violence revendicatrice ni dans les paroles, ni dans le comportement des musiciens, juste l'expression d'une volonté de survivre dans ce monde impitoyable qui emporte tout. On comprend que LIONHEART soit aussi populaire, avec ce son punk/metalcore très agressif, mais qui délivre un message toujours positif. Lorsqu'ils cèdent leur place à CALIBAN on sent bien que le public aurait prolongé la soirée avec eux.

Caliban

Du coup on pouvait craindre que l'énergie déployée par les Lyonnais pendant le set de LIONHEART ne fonde comme neige au soleil pour les Allemands de CALIBAN. Et de fait, le public est nettement moins nombreux devant la scène. C'est pourtant aux cris de « Caliban Caliban » que le groupe va faire son entrée sur scène. Les Allemands, qui tirent leur nom de l'esclave monstrueux dans La Tempête de William Shakespeare, distillent depuis 20 ans un metalcore rapide et redoutable d'efficacité.

Sur des paroles majoritairement en anglais, le chanteur Andreas Dörner change de registre avec une belle énergie. Sa palette vocale s'est considérablement élargie au cours des années, comme on peut s'en apercevoir en écoutant les anciens albums. Le son des guitares est hyper puissant comme d'habitude, les riffs envoient du lourd. Et comme le frontman réclame walls of death et circle pits, les Lyonnais réenchérissent par des slams qui finissent au milieu du groupe. La main tendue, parfois protectrice pour empêcher les plus téméraires de finir la tête contre la scène, il est dans son élément, et avoue que c'est l'un de ses meilleurs concerts. L'ambiance est à la fête, ceux qui ne sont pas restés doivent le regretter car l'osmose s'est immédiatement faite entre le groupe et le public. Andreas Dörner parle beaucoup, il a le contact facile et forcément les Lyonnais y sont sensibles. Côté musiciens, on voit bien que le patron c'est Mark Görtz. A la fois producteur, guitariste et compositeur, il donne le tempo et a su faire évoluer le groupe, intégrant de nouvelles idées et faisant intervenir de nombreux artistes sur chaque album. Mais leur terrain de jeu reste la scène, et Intoxicated (titre phare du dernier opus Elements sorti en mars dernier) y est particulièrement efficace. Les titres en allemand remportent comme toujours un franc succès. Nebel et Mein Schwarzes Herz mettent en valeur le parfait mariage entre la gutturale langue de Goethe et la force des accords de guitares.
Il est temps pour nous de prendre de la hauteur et du balcon, on prend mieux conscience de l'incroyable ambiance qui règne dans la salle ! Le public saute et danse, les crowd surfing s'enchaînent tandis que le groupe ne faiblit pas et fait hurler les décibels. Assis en tailleur sur scène, Andreas Dörner demande au public de l'imiter avant d'entamer les premières notes de Davy Jones où passages de chant clair et de growls s'alternent. Et lorsque tout le monde se relève, c'est la folie dans le public. Pas de doute, ces Allemands là savent parler aux Lyonnais !

La salle s'époumone lorsqu'ils font leurs adieux et ils reviennent encore pour deux titres, prolongeant le plaisir. Ils vont même inviter le public à monter sur scène pour un final délirant ! La générosité du groupe a conquis le public lyonnais : chapeau et respect Messieurs ! Ce fut encore une bien belle soirée grâce à l'association Sounds Like Hell, qui outre une affiche de folie, prend toujours soin de son public en leur proposant dans le hall de délicieuses gourmandises véganes, là encore un véritable succès.

Setlist:
01. Dein R3.ich
02. Walk Alone
03. Paralized
04. Intoxicated
05. We Are The Many
06. Nebel
07. Inferno
08. Mein schwarzes Herz
09. This Is War
10. Davy Jones
11. Ich Blüte Für Dich
12. Before Later Becomes Never
13. Memorial
14. Nothing Is Forever