Oomph! - 2010-05-31

Interview | Oomph! - 2010-05-31

Erick 24 juin 2010

A l'occasion de la sortie de son album best-of, le groupe OOMPH! est venu jouer au Trabendo de Paris, unique date française. Après un petit show case de Dero à l'extérieur de la salle durant les balances, retour au tour bus en compagnie du groupe pour le soumettre à nos questions quelques moments avant qu'ils aillent dîner.

Comment vous sentez-vous à l'approche du concert de ce soir ?
Dero : Génial, comme d'habitude. Il fait pas aussi froid qu'à Amsterdam, Prague ou encore en Allemagne. Alors c'est cool, et d'autant plus parce qu'il ne pleut pas. Mais c'est un peu "chaotique" parce qu'on est un peu au milieu de nulle part ici (Trabendo). La dernière fois, nous étions à la Loco (Paris) et l'Élysée Montmartre (Paris). On aimerait bien visiter là où le Tour Bus s'arrête, que ce soit moins ennuyant. Là, on est assis et on attend. On a vraiment hâte de retrouver nos fans sur scène.

Ils vous attendent depuis longtemps en plus. Après autant d'années de travail, de sorties d'album etc. Avez-vous toujours des rêves en tête ou objectifs à atteindre ?
Flux : Oui bien sûr ! On peut toujours avoir plus et mieux ; plus de succès, plus de villes à visiter pour y jouer. On a jamais été au Japon par exemple, ni en Asie en général, on a jamais été dans le sud de l'Amérique, au Midwest, etc donc il y a beaucoup de destinations encore inexplorées avec le groupe, avec notre musique. Il faut toujours se battre pour aller toujours plus loin. On a jamais "assez" de rien. Dero : Musicalement et lyriquement, on a aussi envie d'évoluer, de développer notre approche de la musique, nos sujets de chansons. Et c'est bon de voir par exemple notre nouveau disque, qui est le onzième, où on y a collecté 50 idées différentes, nos paroles sont plus... ironiques. Maintenant, on a envie de se moquer de nous-mêmes, d'avoir une approche plus fun, et c'est ce qu'on fait de mieux (rires).

Vous pensez être moins agressifs que 15 ans auparavant ?
Dero : On a changé, ça va de soit, on ne veut pas commencer à mentir et prétendre le contraire. Si tu reconnais être plus sage, que tu considères vouloir mieux catalyser tes émotions, alors ainsi soit-il, autrement tu commencerais à mentir à toi-même. Si tu te dis "allez, répétons-nous parce que ça marche, parce que les fans veulent entendre ça", tu deviens un menteur, un tricheur. Bien entendu, c'est une façon de se protéger, de se sécuriser par rapport à l'aspect commercial que de ne pas changer, beaucoup de groupes le font. Une fois connus, ils se répètent, ne changent pas parce qu'ils vendent bien comme ça. Nous, on ne veut pas de ça. On ne fait que ce que nous avons envie de faire. Si notre musique est devenue plus mélodique et mélancolique, c'est de notre propre chef. Si on veut revenir à un son plus brut, eh bien nous y retournerons, mais seulement si on en a envie. Si on veut faire un truc drôle, eh bien allons-y.

Alors comptez-vous explorer de nouveaux horizons artistiques ?
Dero : Oh ! euh... comme... le cirque ? (rires) Faire l'acteur ? (rires) Mister-S : Bah oui, pourquoi pas (rires). Dero : Oui, ça fonctionnerait avec notre nouvel album parce que d'une certaine manière on est devenu des sortes de clowns, alors pourquoi pas (rires). Le cirque est aussi une très bonne manière de s'exprimer. Et pour aller plus loin, je dirais même que l'industrie de la musique est un cirque en elle-même, il y a beaucoup de clowns qui rodent (rires). Produire d'autres groupes pourrait être une idée, faire des remixes pourrait être un bon divertissement, comme à la cour de récré.

Donc vous travaillez sur un nouvel album ?
Dero : Eh bien, nous venons de sortir mondialement notre album best-of mais c'était simplement pour ouvrir de nouvelles portes, pour exporter notre musique vers des pays dans lesquels nous n'avons pas sorti d'albums et encore jamais joué à cause du fait que nous utilisions la langue allemande. Il y a des pays qui sont carrément contre, qui trouvent ça trop dangereux de sortir de la musique allemande. Grâce à l'anglais, on peut toucher un plus grand nombre de gens. Si on nous laisse la chance de jouer là-bas, nous irons volontiers mais chanterons en allemand.

Oui, on se demandait pourquoi que des chansons en anglais sur ce best-of.
Dero : Comme on le sait tous, l'industrie du disque souffre, l'anglais est pour nous une clé avec laquelle nous allons ouvrir de nouvelles portes. Mais c'est vrai que les émotions les plus profondes viennent que lorsque je chante dans ma langue maternelle, l'allemand, ça fait partie de l'identité du groupe. Mais si ce best-of nous donne l'opportunité de tourner en Asie par exemple, eh bien nous jouerons et chanterons quand même en allemand bien sûr. Mais tu sais c'est aussi un bon moyen pour les fans européens d'apprendre les paroles et comprendre plus ou moins ce qu'on raconte. Ces adaptations sont très proches des originales.

Il y a deux jours j'ai vu un de vos clip chanté en Anglais et je dois reconnaitre que je n'ai pas reconnu tout de suite le morceau original
Flux : Mais ce n'est pas pour les gens qui nous connaissent bien, c'est plus pour toucher de nouvelles personnes, les faire entrer dans notre univers doucement. Pour ceux qui nous écoutent pour la première fois, ils n'auront pas de mal à les entendre, ça sonnera nouveau, tu vois ? Mister-S : Donc ce soir vous chantez en allemand ? Dero : Oui bien sûr.

Uniquement des chansons du best-of ?
Dero : Non ça sera un mix de nos 10 albums. On va faire aussi deux titres en acoustique pour une atmosphère plus posée, plus calme. C'est ridicule de revendiquer seulement le côté agressif de sa musique. Donc on va vous montrer qu'on peut aussi être plus doux... mais seulement pour deux titres (rires).

Comment avez-vous selectionné les chansons sur le best-of ?
Flux : Ce sont tout simplement les singles des trois derniers albums que nous avons réalisés, plus deux autres chansons que nous avions déjà enregistrées en anglais à l'époque.

Écoutez-vous des groupes français ?
Dero : Oui bien sûr ! On connait Collapse qui a joué avec nous déjà en 2006 à l'Elysée Montmartre et qui rejouent ce soir avec nous. Flux : Moi ma première approche française de la musique était en 1983... non en 1984, lorsque j'étais en vacances vers Arcachon, là on m'a fait connaître Indochine et je crois qu'ils sont toujours dans la musique. Je les aime beaucoup.

Allez-vous sortir un DVD ?
Dero : Oui on a collecté pas mal d'images lors de nos tournées, on sortira un DVD c'est sûr, un deuxième. A savoir quand ? Je ne sais pas.

Un message pour votre public de ce soir ?
"Merci les fans français pour l'amour, je t'aime" (en français).

Interview réalisée le 31 mai 2010 par