Gothika  - 2008-10-14

Gothika - 2008-10-14

Mandah 03 novembre 2008

Depuis notre dernière entrevue il y a deux ans, beaucoup de choses ont changé. Le groupe se nommait alors Euthanasie et était composé de trois membres. Il était totalement inconnu dans le milieu en Europe mais commence aujourd'hui à se faire un nom. Vous avez changé de line-up, tourné plusieurs fois en Europe, ouvert pour Das Ich.

Pouvez-vous expliquer les raisons de ce changement de nom?
Andro : Quand on est arrivé en Europe à l'occasion de notre tournée, beaucoup de promoteurs et le public nous ont fait savoir qu'il serait extrêmement difficile, quasi-impossible, d'être programmés à cause du nom Euthanasie qui détenait une très forte connotation négative relative à la Seconde Guerre mondiale et l'histoire de l'Allemagne. D'un commun-accord on a décidé de changer le nom du groupe. C'est Yoshiki qui nous a proposé Gothika, je tiens d'ailleurs à dire que cela ne veut absolument pas dire que nous faisons de la musique Gothique proprement dite, nous considérons que le fossé entre le nom léger du groupe et notre musique actuelle est intéressant. Gothika qui joue de la musique gothique, ça serait ennuyant non ?

Pourquoi Nao a quitté le groupe aussi soudainement ?
Andro : Nao a décidé de son propre chef de s'éloigner du groupe pour des raisons très personnelles qui n'ont rien à voir avec la tournure musicale qu'on voulait prendre. Nous sommes encore très bons amis et nous le resterons. Avec du recul, on peut dire que son départ a favorisé un changement, Yoshiki et moi faisons de la musique électronique pure et dure. Et, nous continuerons à évoluer !

Parle-nous de la signature avec Danse Macabre.
Andro : Je suis fan de Das Ich depuis des années ; quand je les ai approchés musicalement parlant, j'ai été immédiatement touché par leur univers, ils m'ont réellement influencé, ils sont uniques en leur genre. J'ai alors pris le risque d'envoyer une copie de notre album à Bruno, de fil en aiguille nous nous sommes retrouvés sur la même scène lors d'une tournée en Russie et à Balerus. J'ai été impressionné par leur performance. Voilà comment nous avons approché le label.

Penses-tu qu'ils éditerons vos précédents travaux ?
Andro : Probablement notre dernier EP 'Queer Chronicle'. Au préalable, nous aimerions retravailler toutes les chansons qui figurent dessus avant de penser à une quelconque réédition. Mais il est vrai que notre son a vraiment changé, ça pourrait être intéressant.

Le titre de votre nouvel album fait référence au livre du Maquis de Sade du même nom. Vous a-t-il influencé ?
Andro : En fait, les paroles de notre album traitent de sujets graves tels que la perversion, dans ce sens il y a bien sûr un lien. Nous voulons aborder tous les tabous, les sujets de société que les gens occultent. Les paroles sont écrites et chantées en japonais mais les traductions en anglais figurent dans le livret du disque ainsi tout le monde pourra faire l'effort de comprendre. Ressentez-y toute l'étrangeté du monde !

Plusieurs titres font allusion à la Bible aussi.
Andro : La chanson Nazareth a été créée en collaboration avec Kenji Siratori après qu'il m'ait contacté. Il avait écrit une chronique sur 'Queer Chronicle' qui nous a bien plu, les mots qu'il a utilisés nous a interpelés, ils étaient étranges et séduisants à la fois. On s'est promis de collaborer. Le titre vient de l'une des conversations qu'on a tenue ensemble tout simplement. J'espère qu'on retravaillera avec lui bientôt.

Après la sortie de l'album, suivra une tournée.
Andro : On aimerait venir rejouer en France, c'est pourquoi on a contacté nos promoteurs Européens, en vain. C'est dommage... J'espère que c'est qu'une question de temps et qu'on aura la possibilité de donner quelques concerts au Français dans le futur.

Yoshiki, tu as habité Londres un moment. En gardes-tu de bons souvenirs ?
Yoshiki : Bien sûr que j'en garde un souvenir incroyable. Ma vie Londonienne m'a permis de me familiariser avec la langue anglaise. Ça m'a beaucoup aidé, j'en avais grandement besoin. J'ai pris goût à la vie nocturne, Londres sait y faire dans l'organisation d'événements. C'était fantastique. Je pense que ça m'a influencé dans la manière d'approcher la musique en terme de technique.

Quels sont vos projets pour le futur ?
Andro : On va continuer à évoluer musicalement, les gens pourront découvrir tout cela lors de la sortie de notre prochain album-studio dans le courant de l'été prochain. Continuez à nous suivre.

Interview réalisée le 14 octobre 2008 par