DER ZIBET : groupe légendaire qui se prête volontier à la discussion et aux sujets houleux

Interview | DER ZIBET : groupe légendaire qui se prête volontier à la discussion et aux sujets houleux

Mandah 05 mars 2021 Mandah FRÉNOT Yoann CLOCHON

VerdamMnis a eu l’honneur de rencontrer le vocaliste ISSAY et le guitariste HIKARU dans un studio de répétition situé à Tokyo au mois de février 2021. C’est dans une ambiance amicale et décontractée que DER ZIBET est revenu sur de multiples sujets dont le mouvement goth au Japon, leur séparation, leurs retrouvailles, leur enfance, leur amour pour la musique française et COVID-19 entre autres.

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— DER ZIBET s'est formé en 1984 et a débuté en 1985. Le groupe est considéré pionnier dans le mouvement goth au Japon. Pourriez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?
ISSAY : Quand on a commencé à jouer ensemble, on n’avait pas dans l’idée de faire de la musique rock ou post-punk/gothique. Ce n’était absolument pas notre objectif. On était 5 jeunes garçons avec des goûts musicaux différents, très différents, les uns des autres. Le seul point commun qu’on avait était notre amour pour la musique de films. N’est-ce pas HIKARU, t’en penses quoi ?
HIKARU : Oui, exactement. Nos goûts musicaux étaient aux antipodes les uns des autres. On ne s'est pas réuni grâce à un amour commun pour la musique post-punk ou un autre type de rock. On a décidé de former un groupe parce qu'on pensait à l'époque qu'on était capable, avec ces 5 membres particulièrement, de créer une musique intéressante. En ce qui me concerne, j’aimais et j’aime toujours la musique populaire française et les musiques de films. Notre point convergent était la musique de films.
ISSAY : Mais tu sais, j'aime beaucoup de groupes issus du mouvement gothique. J’adore SIOUXSIE AND THE BANSHEES, JOY DIVISION et évidemment BAUHAUS. BAUHAUS a sans doute été une source d’inspiration pour moi à l’époque. J’aimais beaucoup leur style. La scène gothique est une scène très intéressante mais ce n’était pas le but recherché quand nous avons démarré DER ZIBET. Puis, au début des années 80, le mouvement gothique n’était pas vraiment présent au Japon. Du moins le terme n’existait pas encore. On appelait cela le « mouvement alternatif ». Des groupes extrêmement variés étaient regroupés sous l’appellation « alternatif ». Il n’y avait aucun mouvement gothique à proprement parlé au Japon.

— Je comprends.
Qu'est-ce que cela vous fait d'entendre que vous êtes les pionniers de la scène goth au Japon ?
ISSAY : Pour être tout-à-fait honnête, je ne suis pas vraiment étonné d'entendre cela. Au fond de moi, je comprends pourquoi les gens pensent que DER ZIBET appartient à cette scène musicale. Bien que je n’irai pas jusqu’à dire que nous sommes pionniers d’un genre musical, cela me fait très plaisir de l’entendre. C'est certain ! Qui ne le serait pas à notre place ? (sourit)

— Quel était votre but lorsque vous avez démarré ?
ISSAY : Euh… Quel était-il ? (rires)
HIKARU : Je crois que nous n’en avions pas. (rires)
ISSAY : En fait, je me rappelle simplement du fait qu’au départ nous avons fait tout notre possible pour nous faire remarquer par une grosse maison de disques, une major. Nous voulions nous faire remarquer. C'était notre objectif. On s’est dit : « allez les gars, faisons déjà de bonnes compositions, créons des titres intéressants, et l’étape suivante ce sera de faire nos débuts dans une maison de disques connues ». C'est ce à quoi nous avons réfléchi et décidé ensemble. Tu sais, si un groupe réussit à passer d'un label indépendant à une grosse maison de disques, la probabilité d'avoir du succès grandit.

— Je vois.
Après 37 ans de carrière, quel est devenu votre but ?

ISSAY : Hum... Je pense que notre but actuel est de faire et créer des choses qu’on trouve soit amusantes soit intéressantes, que ce soit au niveau créatif ou non. Maintenant que nous ne sommes plus affiliés à une maison de disques major, nous voulons faire les choses comme bon nous semble. Dorénavant, nous ne voulons plus nous imposer des restrictions créatives. À une époque, on se souciait trop des qu’en dira-t-on. On se préoccupait de la façon dont notre musique allait être reçue. Cela n’est plus du tout le cas aujourd’hui. C'est à prendre ou à laisser.

— Et toi, HIKARU, es-tu d'accord ?
HIKARU : Oui , je le suis (rires). Ce que j’aime le plus en ce qui concerne le groupe tel qu'il est actuellement, c’est le fait de continuer à écrire et composer de la musique avec les autres membres, dans une atmosphère agréable. J’aime ce que le groupe est devenu. Tout le processus créatif est amusant. Je trouve cela vraiment incroyable de pouvoir continuer à sortir des albums intéressants ensemble et d'autant plus qu’on s’entend tous bien.

— Comment votre relation a-t-elle évoluée après avoir passé 3 décennies ensemble ? 
HIKARU : Nous avons fait une pause d’environ 10 ans avec le groupe. Je trouve que cela nous a rapproché. On a réussi à se rabibocher et tout se passe très bien maintenant.
ISSAY : Oui, c’est vrai. Notre relation est bien meilleure maintenant qu’elle ne l’était avant l’interruption des activités du groupe en 1996.

— Pourquoi avoir décidé de vous séparer et vous réformer 10 ans après ?
ISSAY : Pour être honnête, les choses commençaient vraiment à devenir insupportables les années précédant notre pause. J'étais en désaccord avec HIKARU. Nous étions toujours en opposition. Nos états d'esprit étaient en contradiction et par conséquent, nous avons décidé de nous séparer.
HIKARU : Nous nous sommes réconciliés et de nouveau réunis grâce à notre bassiste HAL. Il a eu un gros accident, si sérieux qu'on pensait qu'il ne s'en sortirait pas. il a dû suivre un long programme de réhabilitation.
ISSAY : Et quand il s’est remis sur pieds, il nous a appelés. En vérité, il a appelé tous les musiciens avec lesquels il voulait jouer et au final, toutes les personnes qui ont répondu à l'appel et étaient prêtes à affronter ce challenge, étaient les membres de DER ZIBET (rires). Quand on a fait nos premières improvisations, on a senti que les choses faisaient sens. On s'est senti à notre place. J'ai clairement compris que créer de la musique avec ces mecs était la seule chose dont j'avais besoin.
HIKARU : On ne s’est pas du tout vu pendant la période 1996-2004. HAL a eu un accident et quand il a pu rejouer de la basse, nous avons fait des essais tous ensemble pendant deux années, à peu près. On a donné nos premiers concerts et repris notre activité par la suite et nous voilà aujourd'hui.

— Est-ce que vous vous voyez en dehors du travail ?
HIKARU : Oui, on se voit en dehors de nos responsabilité de travail mais plus pour boire de l’alcool car j’ai arrêté. Je n’ai jamais rien eu de grave, je n'ai jamais souffert de maladie et c'est la raison pour laquelle je me suis dit qu'il était grand temps d'arrêter. J’estime avoir épuisé mon quota, j’ai beaucoup trop bu par le passé (rires).
ISSAY : Et c’est la raison pour laquelle te voir est devenu ennuyeux (rires).

— C’est courageux quand même (rires).
Votre processus créatif a-t-il changé depuis votre reformation ?

ISSAY : Oui. J'avais l'habitude de fredonner des mélodies aux musiciens pour qu’ils les reproduisent avec leurs instruments respectifs. HIKARU est devenu leur principal compositeur. Il compose les musiques seul, de son côté. Dans un premier temps, il écrit des chansons qui collent facilement à mon timbre de voix et qui sont donc simples pour moi de chanter. Dans un second temps, tous les membres du groupe vont en studio de répétition pour faire des essais. C'est le moment où j’apporte ma propre contribution. On improvise et s'exerce jusqu’à l’obtention d’un résultat qui nous convient à tous.

— Les albums de DER ZIBET sont tous conceptuels. A quel moment, vous mettez-vous d’accord sur le concept central d’un album ?
ISSAY : Cela dépend de la situation. Mais généralement, le groupe a bien un mode de fonctionnement créatif qui est le suivant : on se rejoint dans un bar, on boit et discute de la manière dont l’album devrait sonner. C’est de cette manière dont le dernier album a été créé, on est tombé sur le terme 不条理 (fujouri) qu'on a pris comme point de départ. C’est aussi de cette manière que le mot 別世界 (bessekai) a fait son chemin de nos têtes pour l'avant-dernier album. De manière générale, nous avons ce genre de discussions au tout début du processus créatif de l’album. C’est à ce moment là que naît le concept de l’album. Mais comme dit précédemment, ce n'est pas toujours le cas. L'inverse est déjà arrivé. Il nous est déjà arrivé de composer tous les morceaux d’un album et de décider ensuite le concept qu’il en émane. Nous avons deux manières de procéder.
HIKARU : Les morceaux, en revanche, sont composés de manière spontanée. Nous nous inspirons sur le moment, nous nous inspirons de ce qui nous entoure. L’aspect créatif d’un morceau est toujours spontané.

— Durant votre carrière, vous avez signé des contrats avec une grosse maison de disques et des labels indépendants. Est-ce que cela a eu un impact sur vos compositions ?
HIKARU : Je pense pas que les labels avec lesquels nous avons travaillé, qu'ils soient petits ou gros, aient eu un impact majeur sur notre musique. Ceci étant dit, les gros labels ont considérablement plus d'argent et ainsi, ont les moyens de faire la promotion et distribuer ses produits. Ils ont davantage de pouvoir et ont la possibilité d'accroître les chances du succès d'un groupe. On a eu l'opportunité, grâce à cela, d'enregistrer un album à l'étranger. Mais voilà, je ne pense pas que cela a influencé notre musique. Il y avait aussi beaucoup de deadlines. Des tonnes de deadlines ! On avait un emploi du temps très serré. On est bien plus libre aujourd'hui, on peut travailler à notre rythme. Les gros labels et les indépendants ne sont plus si différents aujourd'hui cela dit.
ISSAY : Hum, je trouve que le fait que notre maison de disques nous ait demandé de rendre notre musique plus compréhensible, et quelques fois plus accessible, a dû avoir un impact sur nos compositions. C'est un fait très connu, les labels indépendants tendent à être plus libre créativement-parlant. Mais à part cela, je suis d'accord avec toi. Les différences entre major et indé étaient considérables avant. Quand on a signé avec une grosse maison de disques, dans les années 90, les différences étaient très marquées.

— ISSAY, comment te classifierais-tu comme chanteur ?
ISSAY : Mon Dieu, quelle est dure cette question (froncement de sourcils) ! Comment est-ce que je me classifie ? Eh bien, j'aime le cabaret. Le chant de cabaret est l'art d'exécuter une performance vocale dans des salles intimistes. J'aime à croire que je suis un chanteur de cabaret rock. J’ai déjà pris des cours de chant par le passé mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je ne prends pas non plus particulièrement soins de ma voix pour être honnête. Je fais juste attention à ne pas boire de l’alcool fort le jour d’un concert. Mais c'est tout (rires).

— En tant que chanteur, tu as deux missions : bien chanter et écrire des paroles. Est-ce que l’un est plus important que l’autre ?
ISSAY : Les deux sont importants pour moi. Chanter sur scène est la chose qui me procure le plus de plaisir et de satisfaction personnelle. La scène est l’endroit où je me sens heureux. Et afin de pouvoir m’exprimer correctement, des paroles bien écrites sont d'une extrême importance. Si par malheur, cette partie était bâclée, il me serait impossible de chanter correctement. Tel un rejet physique, j’aurais l’impression de ne pas avoir assez de souffle pour chanter. Les deux parties sont primordiales, très sincèrement.

— HIKARU, comment as-tu découvert la musique ?
HIKARU : J’ai commencé à m’intéresser à la musique grâce à la guitare folk-acoustique. J’ai pris des cours pendant à peu près 1 an. Je me suis beaucoup entraîné, je reprenais les chansons des BEATLES. À l'époque, je ne pensais pas encore à monter un groupe. J’aimais jouer de la guitare seul, pour mon plaisir. J’avais à peu près 13 ans. Mon intérêt pour cette instrument a grandi au fur et à mesure, mon guitariste préféré est devenu Jimmy PAGE (LED ZEPPELIN). Mon guitariste préféré actuellement est David GILMOUR (PINK FLOYD).

— Tu aimes également la pop française, n'est-ce pas ? Est-ce que cela a une quelconque influence sur le son de DER ZIBET ?
HIKARU : Si mes souvenirs sont bons, j’ai commencé à écouter de la musique populaire française vers 10 ans. J’ai vu Gilbert BÉCAUD à la télé, j’ai tellement adoré que j’ai acheté son single, qui était le tout premier achat musical de ma vie. J’adore l’arrangement musical de la pop française. Plus récemment, je me suis mis à écouter ZAZIE et LES RITA MITSOUKO que j'ai découvert grâce aux propositions d’Apple Music. Je lance une playlist appelée « French List » et écoute ce qu’il passe. Peut-être qu'inconsciemment mon attirance pour la musique française se ressent dans mes compositions. Je ne sais pas vraiment ce que j’apporte aux autres membres du groupe mais ce que eux m’apportent en tout cas, c’est leur univers musical. On a tous des genres de prédilection très différents et grâce à cela, j’ai pu apprécier David BOWIE et BAUHAUS. Avant, je n’aimais pas spécialement leurs musiques (rires).

— Si je comprends bien, vous vous influencez mutuellement. 
HIKARU : Oui et non. Quand je compose, j’ai toujours une vision globale de ce que pourrait devenir la chanson finale. Mais une fois qu'ISSAY chante ledit morceau et y met son essence, le résultat est toujours très différent de l’idée que j’avais en tête et je trouve cela extrêmement fascinant et intéressant. C’est cela qu’apporte ISSAY au groupe : son univers, sa touche personnelle. Quand je lui envoie un morceau, je ne lui dis jamais rien. Je ne veux pas l'influencer. J’attends toujours avec impatience de voir ce qu’il fera du morceau. C’est toujours avec hâte que j’attends son retour. Je suis toujours agréablement surpris et satisfait du résultat.
ISSAY : C’est exactement pareil pour moi en fait. J'ai toujours hâte de recevoir un titre composé par HIKARU dans ma boîte e-mail. Je suis toujours agréablement surpris. Je chérie vraiment ces moments-là, ces moments de découverte. C’est en écoutant le titre et grâce à l’atmosphère qu’il dégage, que je comprends où l’amener et quoi en faire. J’ai toujours une idée plus ou moins exact du produit final.

— Que voudriez-vous que les gens retirent de votre musique ?
ISSAY : Il n’y a pas de réel message. Ce que je souhaite que les gens retirent de notre musique, c'est de l'aide. La musique soigne les cœurs. Si nos chansons aident les gens à aller mieux, si elles les aident d’une quelconque manière, je m'en satisferais. Mais il n'y a pas der réel message... J’espère néanmoins que les mots que je chante touchent le cœur des gens. Ce n'est pas ma place de dire aux gens ce qu’ils doivent retirer d’une pièce artistique. C'est important de laisser place à l’interprétation et l’appropriation. Cela étant dit, ce qui est personnellement intéressant, c’est quand le public essaye de comprendre l’état émotionnel dans lequel était l’artiste au moment de la création d’une œuvre. Quand les gens admirent une œuvre picturale, ils essayent de comprendre l'état émotionnel de l'artiste. Ils peuvent ressentir des émotions différentes. Il peuvent ressentir des émotions aux antipodes probablement, mais là n'est pas l'important. J'aime simplement cette possibilité de pouvoir faire ressentir la même émotion. Cette possibilité est excitante !

— ISSAY, je sais que tu as eu une relation assez difficile avec ton père qui était très violent et « masculin ». Tu sembles être le parfait opposé : tu joues avec les stéréotypes du genre et aimes te présenter de manière « féminine ». Quel est ton point de vue sur le sujet ?
ISSAY : Je ne me suis jamais forcé à devenir l’exact opposé de cet homme. Je n'ai jamais essayé de devenir son contraire de manière consciente. Mais il est vrai qu’il représente tout ce que je ne voulais pas être. Je me suis déjà dit que « ça là, nan ! je ne veux pas être comme ça » (rires). La nuance est fine mais elle reste importante. Je veux dire que je ne me suis pas imposé une personnalité. En revanche, en prenant de l’âge, j'ai été amené à comprendre certaines choses, ou plutôt les accepter. De manière générale, je suis ravi de ne pas ressembler à cet homme. En ce qui concerne ma mère, qui est la femme qui s’est remariée avec mon père après son divorce avec ma mère biologique, elle est incroyable. Je la respecte humblement. Car tu vois, bien que je ne sois pas son enfant biologique, elle m’a élevé comme l'un, avec un amour inconditionnel et soutien sans faille (incline la tête).

— Merci d'avoir partagé ce sujet intime.
HIKARU, quel genre d'enfance as-tu eu ?

HIKARU : J'ai eu une enfance tout à fait normale. J’ai eu une relation relativement conflictuelle avec mes parents pendant mon adolescence. Mais n'est-ce pas normal (rires) ? Du moins, je n’ai jamais rien eu de sérieux. Si je compare ce qu'a vécu ISSAY, je m’en sors plutôt bien.

— Vos parents comprennent-ils votre choix professionnel ? Sont-il fiers de vous ?
HIKARU : Je ne crois pas que mes parents soient particulièrement fiers de moi (rires). Peut-être considèrent-ils que ma vie n'ait pas eu autant de succès qu'ils auraient espéré (rires). J’ai le souvenir d’avoir demandé une fois à mes parents ce qu’ils pensaient de ma musique mais je n’ai
absolument aucun souvenir de la réponse qu'il m'ont donnée. Une réponse qui ne marque pas. Je crois qu’ils ne comprenaient pas trop ce qu’on faisait avec le groupe.
ISSAY : Peut-être auraient-ils espéré qu’on eut plus de succès avec le groupe (rires). Néanmoins, je me rappelle que ma mère m’ait dit une fois : « Ouah, tu te donnes à fond dans quelque chose de si cher à ton cœur. Je ne comprends pas bien ce que tu fais — ton choix de vie, ta musique — mais je vois que tu y donnes tout ce que tu as et c'est incroyablement remarquable ». Je m’en satisfais amplement.

— Ouais, c'est plutôt génial. Ta mère a effectivement l'air d'être au top !
En parlant de votre enfance, HIKARU, tu as gagné le prix du Young Film Festival plus jeune. Pourquoi avoir finalement choisi la musique au détriment du cinéma ?

HIKARU : En réalité, j’ai d’abord commencé à jouer de la musique. La musique est mon premier amour. À mesure que je vieillissais, mon intérêt pour les films grandissait aussi. J’ai donc essayé de m’y mettre un peu et finalement j’ai eu ce prix par la NHK (sourit). J’ai vraiment apprécié faire cela mais j'ai senti au fond que ce n’était pas pour moi. J’ai trouvé cela beaucoup trop difficile, particulièrement l'écriture. L'histoire racontée doit être créative et intéressante et ensuite, il faut la concrétiser à l’image. Puis, le montage est vraiment épuisant. Il est bien plus simple pour moi de créer de la musique.

— Plus jeunes, vous avez enregistré un album à l'étranger. Qui a eu l'idée d'enregistrer Garden en Angleterre ?
HIKARU : Ce fut une belle expérience. C’était la première fois qu’on partait tous ensemble en voyage à l’étranger. Ce fut une aventure intéressante semée d’embûches (rires). Ce n’était pas mon premier voyage à l’étranger, personnellement. J’étais déjà allé à Hawaï avant cela. En ce qui concerne l'enregistrement, c’était plus ou moins pareil qu’au Japon. Comme je m'intéresse à la musique française, j’aimerais beaucoup pouvoir enregistrer là-bas un jour.
ISSAY : Ouais, on ne peut pas vraiment dire que ce fut un voyage reposant (rires). Mais c’était complètement surréaliste de partir là-bas enregistrer un album, aussi jeunes. Tout était nouveau et exotique. En ce qui concerne l’enregistrement, la dynamique sonore était différente. L’acoustique de la pièce étant assez mauvaise, on a dû retirer le tapis du sol (rires). Cela n'arriverait jamais au Japon. Le son de la batterie était vraiment trop plat à mon avis.

— Mince...
Y a-t-il des artistes étrangers avec lesquels vous aimeriez collaborer ?

ISSAY : Tous les artistes avec lesquels j’aurais aimé collaborer sont tous décédés malheureusement... (rires). Tu sais quoi, récemment j’ai fait un rêve, qui est un peu gênant à raconter. Le monde ne faisait plus qu'un. Les frontières avaient disparues. Tous les pays du monde s'unifiaient pour devenir un seul et même pays. Pour célébrer cette union, un hymne devait être créé. Pour une raison que j’ignore, David BOWIE et moi avons été choisis pour faire en duo cet hymne. N'est-ce pas fou (sourit) ?!

— Énorme (rires) !
Finissons sur une note actuelle. Comment est-ce que COVID-19 a changé vos vies ?

ISSAY : Les concerts ! Depuis l’an dernier, on a dû annuler à peu près 5 dates. En ce qui concerne ma vie personnelle, COVID-19 n'a pas eu tant d'impact. Avant que l'état d'urgence soit déclarée, je ne sortais déjà pas beaucoup. Maintenant, je ne sors carrément plus (rires). J'aime ma maison, j’aime rester à la maison de toute façon. Mes seules sorties sont les répétitions avec le groupe.
HIKARU : Cette année sera pire. On ne peut plus rien organiser à l'avance. On ne sait pas de quoi demain sera fait. On ne peut pas anticiper. Il faut juste s'armer de patience... Et c'est assez ennuyeux. Mais au fait, on a vraiment hâte de partager la scène avec le groupe dieS’ en tant qu'invités spéciaux pour leur concert sans public qui sera diffusé en live sur le Net. Enfin un peu d'action.

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